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La Malmaison

 
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LaTsarine
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MessagePosté le: Mer 23 Juin - 14:11 (2010)    Sujet du message: La Malmaison Répondre en citant

La Malmaison
 

 
Selon la légende, Malmaison tirerait son nom de mala mansio, mauvaise maison. Ancien fief de l’abbaye de Saint-Denis au 13ème siècle, elle fut une sorte de sanatorium, maladrerie ou léproserie nous apprend Jean Bourguignon, ancien conservateur des musées nationaux. Talleyrand, dans sa Confession prétend que « le château fut habité par le bourreau du cardinal de Richelieu. Ce séjour, de superstitieuse mémoire, lui valut le nom de Maison du diable, Maison maudite, Mala Domus, Maison du mal, dont on a fait Malmaison 
Ce n'est pourtant pas cette mauvaise réputation qui empêcha Madame Bonaparte, d'acheter pour le compte de son mari, alors en Egypte, cette demeure qui allait, quinze années durant, voir défiler, tout ce que Paris et l'Europe comptait de personnalités influentes dans les domaines les plus divers.
C'est par une lettre écrite à son frère Joseph, que le général Bonaparte exprima son vœu :
«Je pense être en France dans deux mois; fais en sorte que j'aie une campagne à mon arrivée, soit près de Paris ou en Bourgogne.»  Déjà, avant, il avait sollicité Bourrienne : «Cherche un petit bien dans ta belle vallée de l'Yonne; je l'achèterai dès que j'aurai de l'argent; mais n'oublie pas que je ne veux pas de bien national.»  C'est finalement Joséphine qui concrétisera son souhait le 21 avril 1799, en signant devant maître Raguideau, notaire à Paris, l'acte d'achat du château aux époux Le Couteulx du Molay pour la somme de 250 000 Francs à valoir sur la demeure meublée et son domaine. Dans un premier temps, elle ne régla que le mobilier; encore dut-elle emprunter pour ce faire. Le retour précipité d'Egypte du général Bonaparte fin 1799 et son ascension fulgurante après le dix-huit brumaire, permirent de mener à bien cette acquisition. Ce modeste château et son domaine bénéficia alors de travaux d'embellissement et d'agrandissement sous la direction de sa nouvelle châtelaine qui dépensa sans compter, afin de lui donner l'allure que nous lui connaissons encore aujourd'hui, même si le domaine a été bien morcelé depuis. 
 
 
Les meilleurs architectes, (dont Percier et Fontaine), ainsi que les meilleurs jardiniers-paysagistes du temps (Howatson, Morel, Berthault), furent appelés par Joséphine pour transformer la demeure et son parc selon ses goûts. En 1802, on y construisit même un petit théâtre à l'extrémité est de la galerie pour satisfaire à la demande d'Hortense, fille de Joséphine et future reine de Hollande. Quant aux acteurs, ils étaient tout simplement choisis dans la famille et le cercle d'amis des Bonaparte.
C'est qu'en effet, voir et entendre Louis et Jérôme (frères de Napoléon), Bourrienne, le peintre Isabey, Junot, Eugène, etc... donner la réplique à Mmes Murat, Savary, Ney, Hortense, etc... devait être un délicieux moment de détente. Isabey, en plus de jouer la comédie, était décorateur et metteur en scène. Le grand Talma lui-même, conseillait la troupe. Bonaparte fixait le répertoire quand il ne distribuait pas les rôles lui-même. Le Mariage de Figaro et le Barbier de Séville comptèrent parmi ses pièces préférées. Chacun devait tenir son rôle avec le plus grand sérieux. Et gare à celui qui omettait une réplique ! A l'issue des représentations, le Premier consul savait aussi s'octroyer le titre de critique théâtral ! 

Lorsque la douceur des beaux jours le permettait, les parties de colin-maillard transformaient le parc verdoyant du château en cour de récréation. Et le Premier consul n’hésitait pas à prendre part à ces jeux enfantins. Laissons la parole à Laure Junot, future duchesse d’Abrantès : « Quand il était de bonne humeur, que le temps était beau et qu’il avait à sa disposition quelques minutes dérobées à ce travail constant qui le tuait alors, il jouait aux barres avec nous. Il trichait comme au reversi, par exemple. Il faisait tomber, il arrivait sur nous sans crier : Barre ! Enfin c’étaient des tricheries qui provoquaient des rires de bienheureux. Dans ces occasions-là, Napoléon mettait habit bas et courait comme un lièvre, ou plutôt comme la gazelle à qui il faisait manger tout le tabac de sa tabatière, en lui disant de courir sur nous, et la maudite bête nous déchirait nos robes et bien souvent les jambes. » 
 
Il lui arrivait aussi, hélas, depuis une fenêtre du château et après s'être armé d'un fusil, de tirer quelques cygnes qui évoluaient sur les pièces d'eau. Aux premiers coups de feu, Joséphine se précipitait sur le coupable qui se laissait désarmer en éclatant de rire. Joséphine aimait trop les animaux pour souffrir de semblables actes. D'ailleurs, elle fit construire plusieurs enclos et volières dans le parc pour y accueillir, gazelles, kangourous, chamois, antilope, oiseaux exotiques, cigognes et même un phoque ! Elle fit également l'acquisition de 500 moutons mérinos qu'elle fit venir d'Espagne ainsi qu'un troupeau de vaches suisses dont elle confia la garde et les soins à un paysan suisse pour lequel elle fit construire un chalet près de l'étang de Saint-Cucufa, non loin. 
Le Premier consul créa une Salle du conseil dans une des pièces du rez-de-chaussée du château qui devint pendant les trois premières années du Consulat, le second siège du gouvernement. C’est ici qu’il délibéra en compagnie des plus hauts dignitaires du régime : Talleyrand, Fouché, Cambacérès, etc… Code civil et Légion d’Honneur furent ici évoqués, ainsi que de nombreuses autres questions touchant au gouvernement de la France. 
Tout comme la véranda à l’entrée du château, la Salle du conseil à l’allure d’une tente, comme celles qu’il occupait sur les champs de bataille d’Italie et d’Egypte. Même revêtu de l’habit de Premier consul, toutes les personnes qui avaient le privilège d’être reçues dans cette pièce pour y travailler aux destinées de la France, ne devaient pas perdre de vue que Napoléon Bonaparte était avant tout un chef de guerre. La décoration des murs devait donc restituer la gloire dont il s’était déjà auréolé depuis le siège de Toulon. 
La Salle du conseil
 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ce goût de la mise en scène était inné chez lui. Plus tard, en 1814, lors de son premier exil à l'île d'Elbe, il créa une salle égyptienne dans la plus grande des pièces de sa résidence d'été de San Martino. A proximité de la Salle du conseil, il fit également aménager une magnifique bibliothèque. 
 
 
 
 
 
 


 
En 1802, à la suite de la proclamation du Consulat à vie, le couple s'éloigna de Malmaison, pour s'installer au proche château de Saint-Cloud. Joséphine continua néanmoins à venir régulièrement à Malmaison, poussé en cela par sa passion des fleurs et de la botanique en général. Elle avait en effet fait aménager une grande serre chaude, pour laquelle elle fit venir des quatre coins du monde, les plantes les plus rares et sut s'entourer pour la circonstance, des plus éminents spécialistes. De cette passion, naîtront deux ouvrages remarquables : Jardin de la Malmaison sous la direction de Ventenat, illustré par Redouté et Description de Plantes rares cultivées à la Malmaison et à Navarre sous celle de Bonpland, intendant du domaine en 1809. 
A table, et au moment du dessert, il n’était pas rare que les invités se vissent proposer par la maîtresse des lieux, toute triomphante, bananes, ananas et autres fruits exotiques qui provenaient de la serre chaude de Malmaison. N’y pouvait-on voir là, plus belle récompense aux efforts consentis ? N’était-ce pas en souvenir de sa Martinique natale qu’elle avait jadis quitté à l’âge de seize ans, qu’elle régalait ainsi ceux qui l’entouraient ? 
Son petit-fils, Louis-Napoléon, fils d’Hortense et futur Napoléon III, se souviendra dans son exil anglais, des bontés de sa grand-mère : « Mon frère et moi étions maîtres de tout faire, y compris de couper les cannes à sucre de la serre pour les sucer ». 
C’est assurément à Malmaison que Joséphine, en compagnie de son époux et de ses deux enfants, Eugène et Hortense, passa les plus beaux moments de sa vie. Mais ce bonheur dut bientôt être sacrifié sur l’autel de la raison d’Etat. A la fin de l’année 1809, ne pouvant donner d’héritier à l’Empire, Joséphine fut écartée au profit d’une jeune archiduchesse autrichienne de dix-huit ans et quatre mois : Marie-Louise de Habsbourg-Lorraine (1791-1847), fille de l’empereur François Ier d’Autriche, roi de Bohême et de Hongrie, et de Marie-Thérèse de Naples. Napoléon l’épousa le 2 avril 1810. 
Le 15 décembre 1809, le divorce fut prononcé. Elle quitta alors, dans la plus grande dignité, le château des Tuileries pour s'engouffrer dans un carrosse qui l'emmena, tous rideaux baissés, vers Malmaison. Ce fut réfugier parmi ses fleurs et ses animaux qu'elle consomma un chagrin trop sincère pour être dissimulé. Napoléon pourvut à son aisance matérielle. Non seulement elle garda son rang et son titre d'Impératrice-Reine, mais surtout le château de la Malmaison lui fut maintenu :

"J'ai accordé 100.000 francs pour 1810 pour l'extraordinaire de la Malmaison. Tu peux donc planter tout ce que tu voudras; tu distribueras cette somme comme tu l'entendras. J'ai chargé Estève [trésorier général de la Couronne] de te remettre 200,000 francs, aussitôt que le contrat de la maison Julien (château de Bois-Préau à proximité) sera fait. J'ai ordonné que l'on paierait ta parure de rubis, laquelle sera évaluée par l'intendance, car je ne veux pas de volerie de bijoutiers. Ainsi voilà 400,000 francs que cela me coûte. J'ai ordonné que l'on tint le million que la liste civile te doit, pour 1810, à la disposition de ton homme d'affaires pour payer tes dettes. Tu dois trouver dans l'armoire de Malmaison 5 ou 600,000 francs ; tu peux les prendre pour faire ton argenterie et ton linge. J'ai ordonné qu'on te fit un beau service de porcelaine à Sèvres; l'on prendra tes ordres pour qu'il soit très-beau."
 
Dès lors, le château devient la demeure principale de Joséphine, qui, après la répudiation va y mener une vie désœuvrée sans Bonaparte. Elle y recevra le Tsar Alexandre Ier de Russie en 1814, la veille de sa mort le 29 mai 1814. 
Son fils prince Eugène en hérite, et sa veuve le vend au banquier Jonas Hagermann en 1828. En 1842, la reine Christine d’Espagne (femme de Ferdinand VII) l'acquiert et en fait sa résidence, et revend le domaine en  1861à Napoléon III. Après la guerre de 1870, où l'armée prussienne saccagea l'intérieur, une caserne est installée dans le château. En 1877, l'État vend le domaine à un marchand de biens qui lotit la majeure partie du parc. Ce dernier le revend en 1896 à un riche mécène Daniel Iffla(dit Osiris), achète le château et son parc réduit à 6 hectares. L'intention d'Osiris est de rendre à la Malmaison sa splendeur, le château ayant souffert notamment de son occupation par l'armée prussienne. Il choisit pour cela l'architecte, Pierre Humbert, célèbre dans toute l'Europe pour ses brillantes restaurations de châteaux. Ce dernier parvient au terme de longs travaux à rendre à la demeure son aspect d'origine. Trois ans avant sa mort, en 1904, Osiris lègue la Malmaison avec sa « collection napoléonienne » qu'il a constituée à l'État français. 
Le château de Malmaison est aujourd'hui un musée de la Réunion des musée nationaux , qui présente le château en son état restitué sous le Consulat et le Premier Empire . C'est un des rares lieux en France à présenter un ensemble mobilier homogène du Consulat. À voir en particulier la salle du Conseil, en forme de tente militaire, et la bibliothèque. Le domaine de la Malmaison, comprenant le château de la Malmaison avec son parc ainsi que toutes les autres constructions qu'il renferme et sa grille d'entrée, parc du château de Bois-Préau et jardin de la villa des Œillets, fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 20 décembre 1991. 
À la mort de Joséphine, le parc fait 726 hectares et fut surveillé par l’Etienne Soulange-Bodin qui était très proche des Beauharnais.  
Le domaine de la Malmaison est labellisé « Jardin remarquable». 
 

 
Gourde utilisée par Napoléon, pendant la première campagne d'Italie
 
 

 
Service de table de Sèvre
 
 

 
 

 
Chambre d'amparat de Joséphine
 
 

 
 
 

 
 

 
Chambre de Joséphine
 
 

 
Petit salon, boudoir
 
 

 
Salle à manger
 
 

 
Salle de billard
 
 
 

 
Calèche
 
 

 
Jardin, la roserais 
 
 
 

 
Le Parc
 

 

 
 
http://napoleon1er.perso.neuf.fr/ChateauMalmaison.html 
 
 
 

 

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"Ce fut la femme que j'ai le plus aimée" Napoléon parlant de Joséphine de Beauharnais.


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MessagePosté le: Mer 23 Juin - 14:11 (2010)    Sujet du message: Publicité

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Grenadier
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Inscrit le: 18 Juin 2010
Messages: 93

MessagePosté le: Mer 23 Juin - 19:57 (2010)    Sujet du message: La Malmaison Répondre en citant

J'ai eu l'occasion de faire une prise d'armes à la Malmaison. Les photos ci-dessus me rappellent ce souvenir qui fut pour moi un grand moment.
_________________


Ma Vieille Garde...a fait plus qu'on ne peut attendre des hommes...


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LaTsarine
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Inscrit le: 22 Juin 2010
Messages: 67
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MessagePosté le: Mer 23 Juin - 23:39 (2010)    Sujet du message: La Malmaison Répondre en citant

Ca devait être un moment impressionnant et très émouvant !

La plus part de ces photos datent de ce week-end, j'y suis allé samedi pour la première fois, et ont sens quand on se promène que les lieux son chargé d'histoire, c'est très émouvant enfin je l'ai ressenti comme ça.
Je revenais de Versaille et ça ma de suite calmé, ce domaine est reposant et le parc magnifique !
_________________
"Ce fut la femme que j'ai le plus aimée" Napoléon parlant de Joséphine de Beauharnais.


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Joséphine
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Inscrit le: 02 Sep 2013
Messages: 69
Localisation: Alsace
Féminin

MessagePosté le: Lun 1 Sep - 14:21 (2014)    Sujet du message: La Malmaison Répondre en citant

Merci pour ces renseignements sur ce superbe château !
Peut-être que certains seront intéressés par mon article sur Malmaison ?
http://souvenirsdutemps.vraiforum.com/t4385-Malmaison.htm#p84162
_________________
Joséphine avait donné le bonheur à son mari, et s'était constamment montrée son amie la plus tendre...
[Napoléon]


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