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COMBAT DE ROCHESERVIERE

 
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Marie
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Inscrit le: 25 Mar 2010
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MessagePosté le: Ven 17 Déc - 10:20 (2010)    Sujet du message: COMBAT DE ROCHESERVIERE Répondre en citant

COMBAT DE ROCHESERVIERE
MORT DE SUZANNET (21 Juin 1815)
CAPITULATION DE THOUARS (21 Juin)
PAIX DE LA TESSOUALLE (21 Juin 1815) 
Le 21 juin, les deux partis engagent un combat décisif. Suzannet, toujours poursuivi par le souvenir de la mort de Louis de La Rochejaquelein, s'élance bravement au plus fort de la mêlée, comme un homme qui cherche la mort. Au moment où il monte un second cheval pour remplacer le sien qui venait d'être tué sous lui, il est renversé d'un coup de feu et transporté à la ferme de la Haute Rivière, où il mourût (1).

 
De Suzannet 
Lamarque, profitant du trouble que cette mort a causé parmi les royalistes, avance toujours et attaque enfin le bourg de Rocheservière. La Bretesche et Lhuillier défendent avec énergie le pont de la Boulogne, et bientôt d'Autichamps arrive de Vieillevigne avec son corps d'armée pour les soutenir. Le combat devient plus acharné à la tête du pont. Là périssent Dureau, de Cambourg, Poirier du Lavoir, de Villiers ; et L'Huillier est frappé d'une balle ; mais les Vendéens ne reculent pas ; et Lamarque était sur le point d'abandonner l'entreprise lorsque l'idée lui vint de faire passer la rivière par deux de ses colonnes, de chaque côté de Rocheservière. Malheureusement pour les Vendéens, les gués n'étaient pas gardés et son plan lui réussit. Les royalistes tournés, battent en retraite, protégés par la division de La Bretesche et de L'Huillier, et se retirent du côté de Clisson.
Le jour même de ce combat, Auguste de La Rochejaquelein, qui n'avait pas été prévenu à temps pour s'y trouver, occupait par capitulation la ville de Thouars ; mais cerné pendant la nuit par le général Delaage avec plus de 5.000 hommes, il fut obligé de se faire jour, l'épée à la main, à la tête des paroisses de Trémentines et de Courlay, et de rentrer dans le Bocage malgré lui la paix était signée à la Tessoualle, près de Cholet, le 24 juin 1815.
Le lendemain de la prise de la Tessoualle, la Vendée apprenait le désastre de Waterloo et la nouvelle chute de Napoléon. Elle avait désespéré vingt-quatre heures trop tôt ! Mais la Bretagne était toujours en armes et mieux organisée que jamais...
Les Chouans eussent détrôné l'Empereur si l'Europe leur en eut donné le temps. A Auray, le jour même de la bataille de Rocheserviére, Sol de Grisolles, Francheville, LeThies, etc., avaient si rudement mené le général Bigarré, qu'on leur avait proposé de dicter les conditions de la paix. Leur cri unanime fut : « Le roi ou la mort ! »
Quinze jours après, Fouché avait trahi Napoléon, et Louis XVIII rentrait à Paris... avec les étrangers !

-----------------------------

(1) Il fut enterré provisoirement dans un petit bois, voisin de la ferme où il avait été transporté mourant. Ses restes reposent maintenant sous un mausolée, élevé dans l'église de Moisdon par les soins de ses compagnons d'armes. - Son oraison funèbre fut prononcé par M. le curé de Saint-Pierre de Nantes.
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MessagePosté le: Ven 17 Déc - 10:20 (2010)    Sujet du message: Publicité

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scots greys
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Inscrit le: 05 Sep 2010
Messages: 537
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MessagePosté le: Dim 19 Déc - 09:43 (2010)    Sujet du message: COMBAT DE ROCHESERVIERE Répondre en citant

Bonjour à tous et à toutes,

On parle enfin d'Histoire sur ce forum et c'est tant mieux car ces temps ci les rubriques n'ayant rien à voir avec le sujet du forum ont tendance à prendre trop de place et c'est dommage au point d'en décourager certain. Je vais essayer quand même de continuer mais j'avoue que c'est de plus en plus compliqué, en tous cas merci Marie pour avoir amorcer des posts sur les guerres de Vendée après la malheureuse et lamentable disparition des posts de Drouet Cyril sur le sujet.

"Très forte est la situation des royalistes; Suzannet occupe la hauteur imprenable de Rocheservière; entre lui et la route de Legé, la Boulogne, rivière, en cet endroit, profonde et encaisseé. Plus haut, à droite, d'Autichamp s'est arrêté à Vieillevigne. Encore plus à droite, mais plus bas, à la hauteur de Rocheservière, Saint-Hubert occupe le bourg de Saint-André-Treize-Voies. L'armée royaliste forme ainsi un triangle dont les côtés varient de cinq à neuf kilomètres et dont la pointe ouest coupe la route de Nantes aux Sables-d'Olonnes, sur laquelle, en deux étapes, Legé et Palluau, se trouve l'armée impériale.
Il eût été difficile à Lamarque et à Travot d'aborder de front ce redoutable triangle. Or, le triangle de lui-même se disloque; Suzannet abandonne l'aire élevée, inabordable de Rocheservière; il recule sur Mormaison. Pourquoi ? il serait difficile de le dire. Travot ne perd pas une minute, il lance ses chasseurs au galop sur le village de la Grolle, il se heurte à la division de m. Coqueray, commandée par MM. de la Sorinière et du Doré, qui se croyaient couverts par Suzannet, qui parviennent à repousser Travot. Le mauvais temps les empêche de poursuivre plus loin les impériaux. Au bruit de la fusillade, Suzannet avait quitté Mormaison, remontant à gauche vers la Grolle,. Quand il arriva, la bataille était terminée. Si, dans cette occurrence, toute l'armée chouanne avait donné, il ne serait pas resté un soldat de Travot vivant.
Le lendemain, 20 juin, Suzannet, navré d'avoir, en laissant Rocheservière, manqué l'occasion d'une victoire complète, brûle de se rencontrer avec l'armée impériale; il réclame du renfort à d'Autichamp, celui-ci refuse, disant qu'il ne comprend rien au mouvement projeté. Quel désarroi ! D'Autichamp, on s'en souvient, est généralissime, et c'est lui qu'on commande. Il refuse d'obéir! Quoi de plus juste hiérarchiquement; mais quoi de plus stupide dans la circonstance ? Suzannet et Saint-hubert, ayant mis en branle leurs corps d'armée, s'avancent, en deux échelons très éloignés, et franchissent la Boulogne.
Lamarque et Travot marchent, toutes forces réunies, à la rencontre des vendéens. Le choc se produit, dans la lande du Grand-Collet, contre la troupe de Saint-Hubert. Les tirailleurs de Saint-Hubert, bien abrités, ouvrent un feu meurtrier; mais un mouvement tournant, dessiné par les chasseurs de la Vendée, fait craindre aux paysans un enveloppement. Ils se débandent. C'est vraiment une habitude prise par les généraux royalistes de n'arriver au secours de leurs collègues qu'après que ceux-+ci ont été défaits: les troupes de Saint-Hubert en fuite. Suzannet débouche sur le champ de bataille. Il engage le combat. C'est un coup de désespoir, déclare Canuel. Peut-être avait-il devant les yeux l'image tragique de Louis de la Rochejaquelein, tombant aux Mathes, pour n'avoir pas été secouru? Vaillamment, il lutte au premier rang, l'épée au poing, exhortant ses soldats. Une balle l'étend, blessé à mort, et son armée, dispersée par la cavalerie impériale, fond en un clin d'oeil.
Dans cette affaire sanglante, les vendéens eurent cinq cents morts ou blessés, les impériaux beaucoup moins, dix morts et soixante blessés; ils firent de nombreux prisonniers. Le résultat de la victoire de Rocheservière fut immense; trois des armées vendéennes avaient cessé d'exister; les paysans regagnèrent définitivement leurs chaumières."

Source : "Napoléon et la Vendée" d'Emile Gabory

Vive l'Histoire quand même.
_________________
<<Je ne dis pas que les français ne pourront pas nous envahir, je dis seulement qu'ils ne pourront pas le faire par la mer>>.


Dernière édition par scots greys le Dim 19 Déc - 15:17 (2010); édité 1 fois
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Drouet Cyril
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Inscrit le: 09 Juil 2010
Messages: 1 207

MessagePosté le: Dim 19 Déc - 15:11 (2010)    Sujet du message: COMBAT DE ROCHESERVIERE Répondre en citant

Afin de faciliter le suivi du récit, la carte Cassini du secteur :
http://img88.imageshack.us/img88/9536/sanstitre3q.png
 

Jeudi 22 juin 1815, palais de l’Elysée.
Par la plume de Lucien, l’Empereur scelle son destin : « Je m’offre en sacrifice à la haine des ennemis de la France : puissent-ils être sincères dans leurs déclarations, et n’en avoir voulu réellement qu’à ma personne ! Ma vie politique est terminée, et je proclame mon fils sous le titre de Napoléon II, Empereur des Français. ».

Au même moment, sous les frondaisons d’un petit bois vendéen, bien loin des dorures élyséennes au milieu desquelles cette dictée célèbre s’achève, le général Constant-Pierre-Jean-Baptiste de Suzannet est porté en terre. A la perte d’un brave, à celle d’un officier supérieur de valeur, s’ajoute l’amertume et le désespoir : chaque motte qui vient recouvrir le linceul du défunt rappelle aux derniers compagnons du comte que la bataille de la Rocheservière a porté un coup fatal à l’insurrection.
Au cœur du bocage, à cette date, Waterloo n’est encore qu’un mot aux consonances bien lointaines et sans signification aucune.



Tout a commencé trois jour plus tôt. Nous étions le 19 juin.


A l’heure où la Grande Armée bat en retraite, le général Jean-Pierre Travot à la tête de près de 1 000 hommes, avant-garde de l’armée de Lamarque, marche gaillardement à l’ennemi, qui, au nombre de 8 000 hommes, est, selon toute vraisemblance, campé à la Rocheservière, gros bourg dominant la vallée encaissée de la Boulogne.
A deux pas, aux hameaux de la Grolle et de Malabri, les Angevins des divisions de Caqueray et de la Sorinière (armée d’Anjou), alignant près de 1 500 hommes, passent le temps. Le ciel lourd et l’assurance que Suzannet et son 3e corps, dit de la Basse-Vendée, tient le pont de la Rocheservière portent à la nonchalance. Plus pour bien longtemps…
Des balles pleuvent, des habits bleus surgissent de nulle part en brayant le cri honni de Vive l’Empereur ! La journée va être belle pour Travot. Ce pont dont le franchissement était, et ce, à juste titre, redouté, n’était point gardé. La Rocheservière rapidement traversée, la dispersion de ces deux postes royalistes ne peut être qu’assurée. Illusions vite balayées.

Les Blancs se ressaisissent. La division de du Doré installée à la Gorsonnière, à un jet de pierre de la Grolle, vient d’intervenir ; pire, dans la direction de Vieillevigne, les collines se couvrent d’hommes. Charles d’Autichamp, au bruit de la fusillade, a fait sonner le branle-bas de combat et élance ses troupes au secours de l’avant-garde de son corps d’armée.

Travot, malgré toute sa bonne volonté, est contraint à la retraite. Il échappera aux fantassins de d’Autichamp mais point aux cavaliers de Siochan de Kersabiec qui achèvent, à grands coups de sabres, de semer le désordre chez les impériaux. Sous une pluie d’orage torrentielle, Travot repasse la Boulogne, laissant à l’ennemi trente-cinq morts et quinze prisonniers.

Triste journée.
Mais Travot, dans son malheur, a échappé tout de même à la destruction complète de sa colonne. Quelques temps après le combat, Suzannet arrivait en effet à la Grolle. Informé que le village de Mormaison était menacé, il avait, avec bien de légèreté il est vrai, abandonné la Rocheservière, et comptait faire oublier sa faute en tombant sur les flancs de l’ennemi. Travot ne lui en a point laissé le temps.

Pour Suzannet, la partie n’est que remise.
Dès le soir du 19, il ordonne à son corps de franchir la Boulogne et de bivouaquer dans la forêt de Rocheservière, et appelle à son aide le 2e corps, dit du Centre, sous le commandement de Bertrand de Saint-Hubert. Ce dernier quitte son poste de Saint-André-Treize-Voies et vient s’installer au bois du Coin, au nord de la dite forêt. Autour les feux de bivouac, tout porte à croire que la journée du lendemain sera fête.


Dans la nuit, au cœur d’un épais bocage, les hommes de la division de L’Aubépin, avant-garde de Saint-Hubert, avancent sans grande prudence. Mal leur en prend : un feu bien dirigé couche les premiers rangs.
Larmarque peut être satisfait, ses espions ont bien besogné. Réuni à Travot, se trouvant à la tête de 6 000 hommes, il compte bien faire payer cher à ses ennemis leurs aventureuses manœuvres ; et peu importe la supériorité numérique de ces derniers.
Les Vendéens, tournés, se débandent. Suzannet surgit. Rein n’y fait, les troupes de Saint-Hubert se mêlent aux siennes et y sèment la terreur.

Goulaine, conscient qu’un recul derrière la Boulogne, où l’on pourrait attendre les renfort de d’Autichamp resté à Vieillevigne, serait préférable, accourt auprès de Suzannet et appelle à la retraite. Ce dernier lui répond laconiquement :
« Vous avez raison, mais que voulez-vous ! J’entends des murmures dans l’armée. Nous nous battrons ou nous serons battus. »
Le combat se ravive de plus belle. La ligne blanche est rétablie. Sous la bannière fleurdelisée, l’espoir renaît.

Suzannet, se rendant compte de l’importance du moment, réunit autour de lui 400 braves et charge impétueusement. Sous une mitraille infernale, son cheval s’abat. Le chevalier de la Barre lui supplie de ne pas s’exposer autant.
« Nous sommes tous ici pour vaincre ou mourir » lui crie Suzannet.
Le sabre désignant une fois encore les troupes ennemies, une douleur indescriptible le paralyse soudain, son regard se brouille ; il tombe.
Son aide de camp, Charles de La Roche-Saint-André, qui a vu la funeste balle lui briser la hanche, se précipite.
« Mon cher Charles, c’est fini. »

Autour du général meurtri, les rangs vendéens, privés de leur chef, sont incapables de tenir. La cavalerie de Lamarque précipite la déroute.

La curée se poursuit jusqu’à la Rocheservière. Là, les impériaux sont accueillis par une fusillade nourrie. Si les Vendéens ont failli, les Angevins comptent bien sauver la journée.
D’Autichamp considérant le mouvement de Suzannet au-delà de la Boulogne comme une ineptie et préférant attendre, avant de passer à l’offensive, le 4e corps d’Auguste de la Rochejaquelein, n’avait point suivi et n’avait quitté son camp de Vieillevigne qu’à contre-cœur.
Mais l’heure n’est plus aux regrets.

De part et d’autre du pont, les prodiges de valeur se multiplient. Alors que les impériaux s’acharnent à franchir la Boulogne sous la mitraille des hommes de la division de La Bretesche, le marquis de Beauveau s’en va planter son drapeau au sommet des ruines d’une tour dominant la position, s’offre par son geste aux balles adverses et tombe frappé par trois fois.

Lamarque, conscient de l’impossibilité de s’emparer du pont, ordonne alors de franchir la rivière sur des chaussées de moulin. Le choix est le bon. Ses soldats atteignent la rive opposée, gravissent la pente et se jettent sur les flancs et les derrières des Blancs.
Tenir la Rocheservière n’est plus possible. D’Autichamp ordonne la retraite. Tandis qu’au fond de la vallée, tombent les derniers résistants, la route de Montaigu se couvre de fuyards.

Les royalistes ont perdu six cents hommes contre trois à quatre cents impériaux.


Sur les chemins de Château-Thébaud, une petit troupe escorte Suzannet. Le général est mourrant, le voyage ne peut se poursuivre. On s’arrête à la Haute-Rivière.
Au seuil de la ferme, Suzannet voit-il, dans son délire, ce petit bois ? Dans deux jours, il y trouvera sa dernière demeure.


_________________
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)


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