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COMBAT DES MATHES

 
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Marie
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MessagePosté le: Ven 17 Déc - 10:17 (2010)    Sujet du message: COMBAT DES MATHES Répondre en citant

COMBAT DES MATHES
MORT DE LOUIS DE LA ROCHEJAQUELEIN (4 Juin 1815) 
 
 
La Rochejaquelein et son frère Auguste, surnommé le Balafré, avec les maraîchins commandés par Robert des Chataigners, qui la veille avait atteint Saint-Jean-de-Monts, attendirent la colonne ennemie. Les soldats du général Estève sont trois fois repoussés et contraints de reculer jusque dans l'ancienne île de Riez, qui n'est plus qu'une plaine sablonneuse de peu d'étendue ; ils se trouvent pourtant dans une meilleure situation pour combattre : derrière eux ils ont la ferme des Mathes qui va donner son nom à cette célèbre journée, et devant eux, entre la route et la plaine, les deux La Rochejaquelein. Mais Estève feint de battre en retraite afin d'attirer l'ennemi en terrain découvert. Les paysans, électrisés, abandonnent leurs abris et se jettent en avant dans la direction de la ferme des Mathes, mais ils s'arrêtent bientôt à la vue de l'infanterie, qui ayant fait volte-face, les attendait rangés en bon ordre. Une charge à la baïonnette les balaie. Le combat est acharné, mais un officier vendéen est tué et ses hommes se replient en désordre dans le Marais. Ce mouvement entraîne les autres paysans ; c'est le commencement de la déroute.
Louis de La Rochejaquelein, pour les rallier, accomplit des prodiges de valeur. Sa taille athlétique, sa capote bleue et son chapeau à panaches de plumes blanches le font reconnaître de loin exaspéré de voir que son chef d'état-major Canuel n'a pu ramener les fuyards, fou de douleur, pour se mieux placer en face de l'ennemi, il monte sur un tertre ou bouchée de sable, d'où, comme du haut d'un piédestal, il semble attendre la mort.
L'ennemi le reconnaît : du milieu de ses rangs on entend crier : « Tirez à la capote bleue ! » et le brave de La Rochejaquelein tombe percé de vingt balles, entre les bras d'un paysan nommé Crochet (1), qui reçoit son dernier soupir.
Pendant ce temps, Auguste de La Rochejaquelein est lui-même dangereusement blessé et jeté à bas de son cheval ; des hommes l'emportent loin du champ de bataille, pendant que le gros des maraîchins, outrés de colère, repoussent le général Estève, lui tuent quatre cents hommes et le poursuivent jusqu'au pont, de la Bardonnerie.
Ce double malheur anéantit les dernières espérances des royalistes. On ensevelit à la hâte Louis de La Rochejaquelein à l'endroit même où il était tombé. Le lendemain, Melle de La Rochejaquelein, sa sœur, allait venir à son aide avec quatre mille hommes qu'elle avait, avec une énergie virile, rassemblés à grand'peine. En véritable héroïne, elle allait se mettre à la tête de ses troupes, lorsqu'elle apprit la fatale nouvelle.
Par ses soins, une pierre surmontée d'une croix fut élevée à la place où avait été déposé provisoirement, le corps du général vendéen. Melle de La Rochejaqnelein y fit graver cette inscription que l'on y voit encore :

Sous ce tertre fut ici  
Couvert de terre  
Louis de la Rochejaquelein.  
Derrière, à quelques pas plus loin, une pierre surmontée d'une fleur de lys marque l'endroit où il fut, loin de Suzannet, de Sapinaud et d'Autichamps, blessé à mort et soutenu par le vieux Crochet, dont il convient ici de dire quelques mots.
Crochet, après la défaite, regagna son foyer : ce fut un des derniers témoins, au Marais, de ces temps troublés. Sa femme, du même âge que lui, était morte onze jours plus tôt ; ils avaient cinquante-neuf ans de mariage. Tous deux, sentant leur fin prochaine, reçurent en même temps les derniers sacrements ; mais la femme, moins robuste, devait partir la première. Ce fut pour le mourant un coup terrible, qui cependant n'abattit pas son courage. Avec une incroyable liberté d'esprit, il dicta ses dernières volontés à ceux qui l'entouraient. Il fit apporter son cercueil et ordonna qu'on mit avec lui son fusil, sa poire à poudre et ses halles. Puis il attendit la Mort, et sa vie s'exhala dans ce dernier cri :

Y va-t-au bon Dieu ! 
Vive le Roi ! 
Avec le vieux chouan s'éteignit la vieille Vendée, fidèle jusqu'à la mort (2).
Sur la colonne quadrangulaire qui surmonte la tombe du vieux vendéen et que nous avons visitée au mois d'août 1896, on lit ;

François Crochet, 9 décembre 1880, âgé de 85 ans.  
 
Au combat des Mathes, le 4 juin 1815, il releva son général Louis de La Rochejaquelein, frappé mortellement (3).  
Ses amis de la Vendée ont élevé ce monument à sa mémoire et à celle de ses compagnons d'armes.
« La mort de La Rochejaquelein acheva de désorganiser l'insurrection. Les gars du Marais et les paysans des environs de Bressuire, qui venaient de combattre sous les ordres immédiats du marquis, brûlaient de le venger, mais les Vendéens ne demandaient pour la plupart qu'à rentrer chez eux. Cette guerre les laissait indifférents (4), car ils ne confondaient pas avec la sanglante dictature de la Convention le gouvernement impérial, qui avait rétabli le culte catholique et qui, pendant douze ans, leur avait donné la paix intérieure. Ils s'étaient levés, entraînés par les paroles, les menaces, les promesses des nobles, les uns pour obéir à une sorte de point d'honneur, les autres dans la crainte d'être chassés des fermes, ou dans l'espoir d'une haute solde et du pillage. Or ils n'avaient reçu ni solde ni vivres ; les armes mêmes et les munitions promises manquaient ; on les fatiguait par des marches et des contre-marches inexplicables ; dans presque toutes les rencontres ils avaient été battus. Ils étaient découragés.
Les chefs ne l'étaient guère moins, bien qu'ils s'efforçassent de cacher leurs sentiments (5). »

---------------------------

1) Il fut tué, dit-on, suries indications du lieutenant Lupin, des gendarmes de Paris, qui le reconnut et dirigea sur lui le feu de ses hommes. Quand ils eurent vu tomber La Rochejaquelein, les gendarmes s'avancèrend, prirent les papiers qui étaient sur lui et l'enterrèrent. - Le lendemain, Canuel retrouva le cadavre d'après les indications d'un paysan, et le fit inhumer dans le cimetière du Périer, (H. Houssaye, p. 577).
(2) Profils Vendéens, par Sylvanecte, page 232.
(3) Au-dessous de cette inscription, un bas-relief représente les derniers instants de La Rochejaquelein, qui eut le temps de s'agenouiller et, de faire le signe de la croix avant de retomber la face contre terre (Henry Houssaye, 1815, page 577).
(4) Nous estimons qu'Henry Houssaye, à qui nous empruntons ces lignes, exagère un peu en disant que cette guerre laissait les Vendéens indifférents. Pour quelques-uns l'affirmation est juste, mais elle ne saurait s'étendre à la généralité.
(5) Henry Houssaye, 1815, page 378.
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MessagePosté le: Ven 17 Déc - 10:17 (2010)    Sujet du message: Publicité

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Drouet Cyril
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MessagePosté le: Dim 19 Déc - 15:16 (2010)    Sujet du message: COMBAT DES MATHES Répondre en citant

3 juin 1815, Saint-Gilles, Vendée.
De part et d’autre du petit fleuve côtier du doux nom de Vie, les hommes se déchirent. Frêle barrière à une haine sans nom.
Dominant le tumulte, à la lucarne du vieux clocher, le général de brigade Pierre-André Grosbon, lunette à l’œil, scrute l’horizon : face à lui le petit bourg de Croix-de-Vie où s’accroche une poignée de Brigands ; à sa gauche, l’océan où de perfides voiles narguent la côte. Satanés Goddams !

Ancien du régiment de Penthièvre, Grosbon connaît bien ces contrées où, maintes fois, il a bataillé. 1793… Vingt-deux ans déjà… Cela n’en finira donc jamais ?
Le temps a certes marqué de son empreinte ce brave breton et ses nouvelles épaulettes, acquises au commencement de l’année 1814, ont plus d’allure que celles qu’il arborait quand il n’était encore qu’un jeune capitaine au 3e bataillon d’Ille-et-Vilaine, mais, ici, en ces lieux tant de fois ravagés, l’Histoire semble avoir le hoquet.

Nouvelle guerre ; la quatrième. Et dire que ce sinistre spectacle n’est rien face aux chocs de titans qui se préparent aux frontières de l’Est. Triste présent, sombre avenir…


A Croix-de-Vie, Debry, le fusil pointé vers le clocher de Saint-Gilles, ajuste son arme, retient son souffle. Le coup part. La silhouette qui a attiré son regard s’écroule. Grosbon frappé en plein visage gît dans son sang. Il respire encore. Plus pour longtemps.
Une antichambre de la mort au bord de la Vie ; pathétique facétie du destin.


A quelques pas d’ici, à Saint-Jean-de-Monts, le dos aux marais, face aux flots, le généralissime Louis du Vergier de La Rochejaquelein ne tardera pas à apprendre l’heureuse nouvelle.
Mais elle n’est rien face au danger qui se dessine, à cette nasse qui se resserre sur ces vertes terres. Les quatre cents hommes de Grosbon ne sont qu’une partie du dispositif d’encerclement imaginé par Travot, heureux général à qui les portes du Marais breton sont étrangement ouvertes.
Rien ne s’oppose à la marche de ses colonnes. Ruse de guerre ? Point ; les vieux démons de la Vendée, comme aux temps jadis, besognent encore, et c’est peu de le dire.

Le 31 mai, en effet, les officiers supérieurs des corps d’armée de la Basse-Vendée, du Centre et de l’Anjou, tiraillés par les dissensions, abandonnés par une partie de leurs troupes, rongés de pessimisme, avaient fait savoir au généralissime (mais mérite-t-il encore ce titre ?) qu’ils abandonnaient l’arrière-pays et retraitaient, dans l’espérance de jours meilleurs, vers les Mauges et les collines embocagées de la Haute-Vendée. Les mille cinq cent Hauts-Poitevins du quatrième corps qui tenaient la côte étaient désormais bien seuls.
« On a juré ma perte, eh bien, je périrai, mais je sauverai l’honneur de la Vendée. » s’était écrié Louis, plein de rage et d’amertume.

Alors que le drapeau fleurdelisé, de nouveau, brûlait, les Anglais, imperturbables face à ces déchirements auxquels ils ne comprendront décidément jamais rien, débarquaient deux obusiers, deux pièces de campagne, deux mille fusils, autant de sabres, des pistolets et forte quantité de poudre et d’équipement divers.

Il ne reste plus pour les insurgés qu’à marcher, à présent, droit vers l’est. Mais il est bien tard…

Le 4 juin, au matin, le piège est refermé. Le général de brigade Jean-Baptiste Estève, à la tête de mille cinq cents hommes vient d’achever son mouvement tournant et tient position autour de la ferme des Mathes, à moins de deux lieues de Saint-Jean-de-Monts.
On conseille désespérément au marquis de la Rochejaquelain d’éviter le combat et de marcher vers le nord. Cinglante réponse :
« Nos soldats du quatrième corps se sont battus vaillamment sur le bord de la Vie, ils se battront bien encore sur le bord de la mer ; ne faisons rien qui puisse les décourager. Les Maraîchins, du reste, vont incessamment nous arriver, et avec leur aide nous éviterons d’aller mendier le secours de compagnons d’armes qui ont eût la lâcheté de nous abandonner. »

Les Vendéens, dans cette plaine sablonneuse entrecoupée de dunes et de larges fossés, s’élancent.
Les « Vive le Roi » et les « Vive l’Empereur » s’entrechoquent dans un bruit de tonnerre. Furie humaine sur cette terre gorgée déjà de tant de sang. Trop de sang.

La fusillade s’éternise. Voilà deux heures qu’on s’étripe à distance, les étiers aidant, sans résultat. La gauche blanche semble pourtant se mouvoir.
Estève, pensant qu’un tel mouvement annonce l’arrivée prochaine de renforts ennemis, prend conscience du danger que court son aile droite, fint la retraite puis dévoile ses intentions à pleins poumons :
« Ouvrons-nous un passage les armes à la main ! A la baïonnette ! »

« Furia francese » en terre de France. L’assaut par trois fois est repoussé. La quatrième, la ligne royaliste vacille. Louis de La Rochejaquelein, son chapeau à la pointe de l’épée, accourre, ameute son monde :
« En avant ! Vive le roi ! »
On croirait entendre son regretté aîné.

Temps anciens, temps glorieux diront certains, où les officiers, emplumés qu’ils étaient, défiant la mort, se plaisaient à servir de cible.
Le lieutenant Lupin, des gendarmes de Paris, ne s’y trompe guère et ordonne d’ajuster le tir sur ce cavalier aux couleurs trop vives.

La douleur est insupportable. Louis, la poitrine ensanglantée, s’abat dans les bras du paysan Crochet. Son regard se perd au milieu de ces ombres qui fuient. Danse macabre. Le regard se brouille. Il prie. Il meurt.

Autour, la Faucheuse moissonne. Plus pour longtemps. Encore quelques instants, quelques cris, quelques larmes, quelques râles et la bataille s’achèvera. Gagnée pour les uns, perdue pour les autres ; mais la Mort, elle, s’en moque.

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MessagePosté le: Jeu 17 Fév - 11:30 (2011)    Sujet du message: COMBAT DES MATHES Répondre en citant

Comme apparemment, on va m'en faire un procès : je m'empresse Laughing  d'apporter une précision : les La Rochejaquelein possédaient sous l'Ancien Régime une plantation et de nombreux esclaves à Saint-Domingue.
J'avais posté un long post sur cette histoire (et sur les opérations militaires auxquels ils participèrent pour reprendre pied sur l'île et y remettre l'ère des chaînes à l'ordre du jour), mais ceci a été censuré. Je vais essayer de remettre la main dessus, mais je ne peux rien promettre.




Vous me direz que tout cela n'a pas grand chose à voir avec la quatrième guerre de Vendée et le combat des Mathes, mais, il parait que cette parenthèse est obligatoire...


Comprenne qui pourra...
"Et dis moi tout, marioooooooonnettiiiiiiiste" Laughing
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MessagePosté le: Jeu 17 Fév - 23:40 (2011)    Sujet du message: COMBAT DES MATHES Répondre en citant

C’est en 1769, le 17 octobre, que Lucie-Bonne-Constance de Caumont d’Ade épousa Henri-Louis-Auguste du Vergier, marquis de La Rochejaquelein (le père d’Henri, de Louis, d’Auguste et de Lucie, pour ne citer que les enfants déjà évoqués sur le forum).La jeune femme (elle a 20 ans à cette époque) reçut à cette occasion de son grand-père, le vice-amiral Gaspard de Gousse de la Roche-Allart, deux tiers de la propriété du Baconnois, à Saint-Domingue ; plantation située entre Port-au-Prince et Jérémie, à l’Anse à Veaux, où travaillaient près de 250 esclaves. Elle mesurait 3/4 de lieue sur 1/2 lieue.
L’ensemble de la plantation revint à la famille La Rochejaquelein quand le marquis fit l’acquisition du dernier tiers à un certain Collier de Longpré, moyennant la somme de 100 000 livres environ.

Le 14 décembre 1792, le marquis, après avoir bataillé dans l’armée des Emigrés (et defendu auparavant l'état esclavagiste mené dans les colonies), son épouse et Louis (futur généralissime de 1815 ; 15 ans) quittaient la Grande-Bretagne pour Saint-Domingue. Constance-Henriette-Louise était alors en émigration au côté de son mari Jacques-Louis-Marie Guerry de Beauregard et Henri (le futur généralissime des armées catholiques et royales de Vendée), alors âgé de 20 ans, restait en France. Les quatre autres enfants, Anne (18 ans), Louise (13 ans), Lucie (4 ans) et Auguste (futur commandant de corps en 1815 ; 8 ans) demeuraient en Angleterre, mis en pension à Richmond.
Le couple débarqua à la Jamaïque 18 janvier suivant. Le lendemain, Lucie-Bonne-Constance écrivait à Anne :
« Je suis impatiente d’être rendue à Saint-Domingue pour savoir notre sort qui est bien inquiétant, cependant on dit que l’on y est assez tranquille. On croit très fort ici à la guerre avec la France. »

La guerre ne tarda pas à arriver et l’on vit combattre le marquis et son jeune fils à la tête de troupes constituées de noirs, aux côtés des Anglais, afin de voir régner à nouveau l’ordre ancien. Suite aux défaites britanniques sur l’île, marquis de la Rochejaquelein rejoignit la Jamaïque (Louis continua de servir dans les rangs d’Albion (et ce, jusqu’à la paix d’Amiens) ; Auguste, lui, s’engagea dans la marine anglaise comme midshipman. On le retrouvera au sein du cocon familial à la Jamaïque). A ce sujet, on peut citer ce passage de la lettre écrite par Mme de la Rochejaquelein à sa fille Anne (9 août 1795), peu de temps avant le retour à Saint-Domingue :
« Les gazettes nous parlent toujours de la perte que nous avons faite de notre cher Henri [ce dernier était tombé en pleine campagne des Colonnes infernales à Nuaillé, le 28 janvier 1794]. Les apparences sont toutes que ce n’est que trop vrai. Ah ! mon Dieu ! je n’aurai la satisfaction de lui témoigner combien sa conduite avait été précieuse pour moi. »
Henri-Louis-Auguste du Vergier revint en effet à Saint-Domingue et y devint agriculteur dans une petite ferme non loin de Jérémie. Il retourna cependant en novembre 1798 à Kingston ; son épouse repartant au Baconnois pour empêcher que le domaine ne soit mise sous séquestre. C’est là qu’elle mourut le 4 décembre de la même année.

Auparavant, Anne et Louise, toujours en Angleterre, avaient quitté Albion pour rejoindre leurs parents (Lucie, la benjamine, avait été confiée à une famille de Français ayant rejoint la métropole). Elles débarquèrent à Kingston en décembre 1799 et y retrouvèrent leur père. Anne pratiqua le commerce et fonda durant l’année 1801 un pensionnat de jeunes filles.
De son côté, le marquis de la Rochejaquelein ne resta pas veuf bien longtemps et se remaria avec une créole propriétaire à la Jamaïque : Mme Espent, veuve d’un riche négociant anglais. Demeurant sur les terres de sa femme, il n’avait pas perdu l’espoir de réccupérer ses domaines de Saint-Domingue. C’est au cours d’ailleurs d’un voyage en direction de l’île que son bateau fut attaqué par un corsaire espagnol. Grièvement blessé, il fut conduit à Cuba. De là, il gagna Saint-Domingue et la plantation familiale qu’il ne récupéra pas comme propriétaire mais comme fermier.
Les armées consulaires ayant repris le contrôle de l’île, il écrivait à Anne :
« Les forces françaises sont telles que cette ville jouit de la plus grande sécurité, ton frère [Auguste], toi et ta sœur avez le plus grand intérêt à venir me rejoindre.
[…]
L’habitation roule et fait de beaux sucres […] Le Baconnois est un paradis terrestre : beau chemin, toutes sortes de légules, du sucre, du coton, du bois de campêche, du rhum. Pour faire de l’argent tous les jours, une prairie couverte de bœufs et de vaches superbes, de chevaux de la plus grande bonté, des chèvres, des moutons, des dindes, canards sauvages et privés, comme à la Durbellière [château de Saint-Aubin de Baubigné d’où Monsieur Henri était parti en guerre ; à cette heure, plus qu’une misérable ruine depuis que Westermann avait ordonné son incendie], des poules qui vous donnent des œufs plus qu’on ne peut en consommer, des écrevisses, des tortues et du cresson d’eau dans la rivière qu’abreuve un étang qu’improprement on appelle une mare. Enfin, je crois que si tu as une fois séjourné au Baconnois tu le quitterais difficilement… Vous ne manquerez pas de domestiques, il y a au Baconnois 26 négresses et 29 petits noirs. »

Sa santé cependant déclina. Ses deux filles quittèrent alors la Jamaïque et gagnèrent le domaine le 30 juillet 1802. Un mois plus tard, le marquis s’éteignait.
Anne et Louise s’occupèrent de la gestion de la plantation. La révolte les poussa finalement hors de l’île qu’elle quittèrent définitivement fin janvier 1803, munies d’un passeport de Rochambeau (et accompagnées d’un jeune noir : Adon). Elles débarquèrent à Nantes le 15 avril, avant de prendre le chemin de Saint-Aubin de Baubigné.
Mais c’est une autre histoire…

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MessagePosté le: Ven 18 Fév - 13:32 (2011)    Sujet du message: COMBAT DES MATHES Répondre en citant

Drouet Cyril a écrit:
La guerre ne tarda pas à arriver et l’on vit combattre le marquis et son jeune fils à la tête de troupes constituées de noirs, aux côtés des Anglais, afin de voir régner à nouveau l’ordre ancien.


Précision que vous n'aviez pas cru bon de citer sur "Napoléon.1er" au passage ( Wink )... Mais que le méchant Vélite, lui, avait bien su relever à l'époque... C'est bien à partir de là que vous êtes parti en "vrille" contre lui, non ?
Merci, donc, pour cette correction "à rebours" citoyen... Shocked  
Apparemment, nos duels ont alors servi à quelques chose il faut croire : moi, je mets désormais des guillemets en pompant dans mes sources et vous n'avez plus la mémoire sélective et "l'oeil qui glisse" en reprenant les vôtres...

Avez-vous fait de même concernant vos deus malheureux tronquages "volontaires" dans la fameuse lettre d'avril 1802 (un bel exemple de manipulation ayant pour but, dois-je vous le rappeler, de ne pas faire apparaître les extraits "positifs" contenus dans les annexes de celle-ci..) ???


Amitiés bonapartistes ! Shocked
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Drouet Cyril
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MessagePosté le: Sam 19 Fév - 08:47 (2011)    Sujet du message: COMBAT DES MATHES Répondre en citant

Citation:
Précision que vous n'aviez pas cru bon de citer sur "Napoléon.1er" au passage






Je vois mal ce que cette précision aurait bien pu faire dans un texte racontant un combat de la quatrième guerre de Vendée de 1815...



Citation:
C'est bien à partir de là que vous êtes parti en "vrille" contre lui, non ?




Non, pas vraiment.
Le grotesque de son intervention, tout comme la vôtre (puisque depuis quelques semaines vous ne nous servez uniquement les poubelles réchauffées de votre copain de clavier) noyautant un sujet montre bien qu'il s'était lancé, pieds dans la boue, dans son programme : salir et exclure.

Non, donc, le départ en vrille date d'un fil où Vélite, fidèle à ses habitudes, persuadé de détenir la vérité et désirant le claironner haut et fort, noyautait les échanges en annonçant que ce qui s'y disait le faisait bien marrer.
N'étant pas concerné par ses moqueries assez pueriles et mesquines, mais néanmoins agacé, je l'avais pris à son propre jeu en me marrant de ses propres rires.
Qu'avais-je fait ???? Tout vexé qu'il fut, il me lança à l'époque un pathétique et bidonnant :


Citation:
 si vous devenez trop rigolard (c'est un forum sérieux ici, que diable !), je vous énumère la liste des bouquins avec lesquels j'ai appris à rire, et pas avec l'oeil qui "glisse". Et ça va vous prendre des jours, pour lire la liste...



Et là, il ne rigolait plus du tout. Laughing Laughing Laughing Laughing

J'ai lu des tas trucs énormes sur le Net, mais là, Vélite, tout bouffi d'ego et assis sur sa grosse liste de bouquins, dépassait toutes les limites. Laughing Laughing Laughing Laughing
Le rire de Vélite se transforma alors en rire jaune et grinçant.
On connait la suite...

Citation:
Merci, donc



Gardez donc vos remerciements. Pas plus que Vélite, le combat des Mathes ou le passé esclavagiste des La Rochejaquelein ne vous intéressent ; et comme Vélite, vous n'avez rien à dire sur ces deux points ; votre seule évocation de ce fil était toujours dans la même droite ligne.
Et là encore, c'est du réchauffé...

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Marie
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MessagePosté le: Ven 1 Avr - 18:36 (2011)    Sujet du message: COMBAT DES MATHES Répondre en citant

Citation:
et pas avec l'oeil qui "glisse". Et ça va vous prendre des jours, pour lire la liste...




Et voilà, les mêmes insultes qui vous avez utiliser à mon autre forum envers un autre membre , qui plus est ...est un boulet tout comme vous
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