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MÉSINTELLIGENCE ENTRE LES CHEFS

 
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Marie
Queen
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MessagePosté le: Ven 17 Déc - 10:16 (2010)    Sujet du message: MÉSINTELLIGENCE ENTRE LES CHEFS Répondre en citant

Le 29 mai, toutes les forces de la Vendée militaire sont convoquées à Soullans, mais le corps d'armée de Sapinaud et d'Auguste de La Rochejaquelein sont les seuls qui s'y trouvent. Suzannet, en marche pour le rejoindre, s'était arrêté à la Mothe-Foucrant avec les quatre mille hommes qu'il commandait. Au même moment d'Autichamps, qui bivouaquait à Tiffauges, acceptait en principe l'armistice que venaient lui offrir les envoyés de Fouché : de Malartic, de Flavigny de la Béraudière, et les autres chefs, hésitants, étaient restés à Falleron.
La Rochejaquelein, irrité de ce qu'il appelle la mollesse des populations, s'emporte contre tout le monde, et part pour Saint-Jean-de-Monts, d'où il envoie Robert de Chataigniers en mission à bord de la flotte anglaise ; puis sans attendre que les autres chefs l'aient rejoint, il se dirige sur Croix-de-Vie avec douze cents hommes et veut seul protéger un second débarquement des Anglais.
La vérité, c'est que les Vendéens hésitaient encore à ouvrir les portes de la France à l'étranger. Ils étaient prêts à donner leur vie pour le roi, mais ils se rappelaient le noble exemple de Bonchamps et de d'Elbée.
Le 2 juin au. matin, La Rochejaquelein surveillait à bord du vaisseau anglais le « Superbe » le débarquement des fusils, des munitions et de six pièces de campagnes, quand il reçut un arrêté de ses trois lieutenants, daté de Falleron, 31 mai. Cet arrêté portait que vu le découragement des paysans et la prochaine arrivée de renforts aux troupes impériales, ils renonçaient au mouvement concerté et « engageaient M. le marquis de La Rochejaquelein à revenir dans son pays pour y attendre que le commencement des hostilités sur les frontières permit de déployer toutes les forces de la Vendée ». A cette pièce officielle était jointe une tres longue lettre de Suzannet, où il multipliait les raisons et les excuses, et qu'il terminait en ces termes : « Sont arrivés Malartic et la Béraudière. Ils sont chargés comme tu l'as lu par leurs lettres, de faire connaître que 1e gouvernement désire traiter avec nous. Nous avons répondu que nous ne voulions traiter qu'avec tout le monde ; qu'il fallait traiter ensemble ou périr ensemble. Mais tous les officiers auraient envie d'accepter un accommodement... Adieu, mon cher Louis. Tout le monde est d'avis de faire une suspension d'armes qui n'engage à rien et qui pourrait être utile par la suite pou s'organiser et marcher (1) ».
On ne pouvait parler plus clairement. Sans doute, comme l'écrivait Suzannet, lui et les autres généraux vendéens ne voulaient traiter que d'un commun accord, mais cet accord existait entre eux. Il n'y manquait que le consentement de La Rochejaquelein. En n'exécutant pas les ordres du général en chef et en s'abstenant de le seconder, on se flattait de lui forcer la main. De là, L'arrêté de Falleron (2) »
« Indigné, La Rochejaquelein y répondit par un ordre du jour relevant de leur commandement Sapinaud, Suzannet et d'Autichamps, « pour avoir ajouté à l'infamie de la désobéissance celle de la plus noire trahison, en prêtant l'oreille à un accommodement avec le tyran dévastateur de la France (3). » Puis, bien que sa situation fut devenue très périlleuse, il résolut de rester à Croix-de-Vie jusqu'à l'achèvement du débarquement. Comme il l'avait prévu, il ne tarda pas à être attaqué. La colonne de Travot était passée au travers de l'armée royale en retraite, et le comte de Suzannet avait négligé de la combattre, ou même, assure le général vendéen Du Chaffault, s'y était refusé (4).
Le 2 juin, à trois heures de l'après-midi, l'avant-garde, commandée par le général Grosbon, prit position à Saint-Gilles et commença à. fusiller avec les paysans établis sur la rive droite du Ligneron pour protéger le débarquement.
Le lendemain, le combat des tirailleurs reprit au lever du jour. Le général Grosbon s'était posté dans le clocher de Saint-Gilles, d'où avec une longue-vue, il surveillait les mouvements des royalistes. Un paysan rebelle, Debry, de Châtillon-sur-Sèvre, le voit et parie avec son voisin qu'il va l'abattre d'un coup de sa canardière. « Tiens, gars, dit-il, tu vois bien c'te lunette là-bas, eh bien je te parie une bouteille de vin que je la f... à bas d'un coup de fusil. »
Le pari est tenu, et au même instant le coup part. L'infortuné général tombe baigné dans son sang, et promené de village en village, il expire dans le trajet de Saint-Gilles aux Sables d'Olonne, où reposent ses restes (5).
Le 4 juin au matin, on apprit que le général Estève, à la tête de quinze cents hommes venant de Riez, s'avançait sur les ordres de Travot, vers le Périer.
D'Autichamps, avec sa division, avait dû remonter vers Tiffauges, tandis que Suzanne était, ainsi que nous l'avons déjà dit, retenu à la Mothe-Foucrant. Fouché se surpassait en intrigues souterraines, et les deux généraux avaient peine à maintenir leurs soldats, plus désireux en ce moment de rentrer chez eux que de reprendre les hostilités.

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1) Arrêté Falleron, 31 mai. Lettre de Suzannet, Falleron, 1er juin, cit. par Canuel, 125-132. - Henry Houssaye, 1815, pages 574-575.
(2) Suzannet (Relations, Arch. Guerre) et d'Autichamps (Campagne de 1815 dans la Vendée), nient que les ouvertures de Fouché aient eu la moindre influence sur leurs décisions. (Henry Houssaye déjà cité, page 575).
(3) Ordre du 2 juin, cité par Canuel (346-349). Relation de Suzannet (Archives Guerre, Armée de l'Ouest).
(4) Du Chaffault. - Relation des événements (11-13). Lettre de Suzannet à d'Autichamps, citée par d'Autichamps, 88-89, et Rapport de Lamarque à Davout (Nantes, 9 juin). Archives Guerre, Armée de l'Ouest. - Lamarque dit que Travot perça à Légé le centre de l'armée vendéenne. C'était une illusion de Travot. (Henry Houssaye, page 576).
(5) Une chanson encore populaire parmi les Maraîchins, célèbre ce coup d'adresse extraordinaire et les enfants la chantent encore sans paraître comprendre tout ce qu'il y a de féroce dans cette complainte, publiée par Sylvanecte, dans ses Profils Vendéens, pages 228-229.
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MessagePosté le: Ven 17 Déc - 10:16 (2010)    Sujet du message: Publicité

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