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Zouave
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paulina
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MessagePosté le: Mer 10 Nov - 15:04 (2010)    Sujet du message: Zouave Répondre en citant

Faire le Zouave



Les zouaves étaient des unités d’infanterie appartenant à l'armée d'Afrique qui dépendait de l’armée de terre française. Le terme zouave vient du berbère zwava qui est le nom d'une tribu kabyle. Ceux-ci fournissaient des soldats aux Turcs sous la régence d'Alger et, après la prise d'Alger par les français (1830), ils entrent au service de la France.



La guerre de Crimée (1853-1856) est la première campagne des zouaves en dehors de l'Algérie. En Crimée (située au sud du territoire ukrainien), à la bataille de l'Alma, le 3e régiment de zouaves prend par surprise les Russes en gravissant des escarpements rocheux, en s'emparant de leur artillerie puis en la retournant contre eux. Cette action participa grandement à faire tourner la bataille en faveur des alliés. C'est en hommage à cette victoire qu'est réalisé le zouave du pont de l'Alma, sur la Seine, à Paris.

Les zouaves se distinguent pendant la campagne d'Italie, participent à l'expédition du Mexique entre 1862 et 1867 ainsi qu'à la guerre franco-allemande de 1870. Des éléments zouaves sont envoyés lutter contre les Pavillons noirs au Tonkin (1883). Ils s'illustrent particulièrement lors de la Première Guerre mondiale et seront avec les Tirailleurs nord-africains parmi les régiments les plus décorés. Un site porte leur nom (la vallée des Zouaves) en souvenir des durs combats qu'ils menèrent à Souchez en 1915.Avec l'indépendance de l'Algérie et le rapatriement des européens en juillet 1962, le corps des zouaves est dissous.


L'origine de l'expression "Faire le zouave" est militaire. Elle signifiait "crâner" ou "montrer sa bravoure avec orgueil". Puis, l'expression a évolué en "faire le clown". Cette dernière signification vient probablement du fait qu’en 1857, à l’occasion d’une fête organisée pour une visite de Napoléon III au camp de Chalons, les zouaves, ivres, se mirent à danser nus devant leurs officiers.



D'autres pays ont également créé des corps de Zouaves sur le modèle des troupes de zouaves de l'armée française comme l'empire ottoman, les États pontificaux et les États-Unis lors de la Guerre de Sécession.

expressio.fr
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MessagePosté le: Mer 10 Nov - 15:04 (2010)    Sujet du message: Publicité

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général Mellinet
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MessagePosté le: Lun 29 Nov - 17:00 (2010)    Sujet du message: Zouave Répondre en citant

paulina a écrit:
D'autres pays ont également créé des corps de Zouaves sur le modèle des troupes de zouaves de l'armée française comme l'empire ottoman, les États pontificaux et les États-Unis lors de la Guerre de Sécession.expressio.fr
imagegoogle













Bonjour, Shocked


Je rebondis sur cette conclusion pour poster quelques images d'uniformes de zouaves ayant existé à l'étranger (en ce qui concerne leur taille respective, on ne pourra rien me reprocher ce coup-ci...  ) :

1) "Zouaves de Bahia" (Brésil) :

Appelés "Zouavos de Bahia" et faisant partie du "Cuerpo de los Voluntarios de la Patria" durant la sanglante guerre dite de la "Triple-Alliance" (1864-1870), certains d'entre eux pratiquaient déjà cet art martial bien connu de nos jours, à savoir la "capoiera" :




2) Zouaves carlistes (Espagne) :

Ce corps d'élite exista durant la "Tercera Guerra Carlista" (1872-1876). Il fut créé par Don Carlos Alfonso avec des vétérans espagnols de la sixième compagnie du 2ème bataillon de zouaves pontificaux (pour information, Don Carlos fit lui-même un séjour dans ce corps d'élite du Pontificat Souverain de Rome au cours de la décennie précédente et obtint même son grade de lieutenant pour bravoure au combat...). Les zouaves carlistes servirent essentiellement au sein de l'armée dite de "Catalogne et de Maestrazgo" (dans laquelle ils furent sélectionnés d'après leurs aptitudes...) et formèrent une unité de choc, réputée très agressive. Ils constituèrent dans les faits une sorte de garde d'honneur qui accompagnait Don carlos et son épouse Maria de la Nieves de Bragance lors de leurs déplacements. De la sorte, ils suscitèrent quelques jalousies de la part des autres bataillons d'infanterie carlistes servant en Catalogne et en Navarre :




3) "Zouaves de la Mort" (Pologne) :




Deux ouvrages intéressants retraçant l'histoire de ces zouaves recrutés en pologne par le célèbre colonel français François Rochebrune (consultables en ligne) :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6125644s.r=Kabylie.langEN

http://www.reenactor.ru/ARH/PDF/Rutkiewicz.pdf


4) Zouaves pontificaux :






5) Zouaves (volontaires de la milice) de la Guerre de Sécession américaine :






























6) Zouaves turcs (garde du sultan) :




Amitiés bonapartistes ! Shocked
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Dernière édition par général Mellinet le Lun 29 Nov - 17:06 (2010); édité 3 fois
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général Mellinet
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MessagePosté le: Lun 29 Nov - 17:59 (2010)    Sujet du message: Zouave Répondre en citant

Pour les images de zouaves américains postées précédemment, il s'agit (dans l'ordre) :

1) Des "Tiger Zouaves" de Louisiane;
2) DU 69the de Pennsylvanie;
3) Du 155th de Pennsylvanie;
4) Du 11th de New-york ("Fire Zouaves");
5) De la "Corcoran's Irish Legion";
6) Des "Charleston's Zouaves" de Géorgie;
7) Des "Wheat's Tiger Zouaves" de Louisiane;
8) Du 5th de New-York (City of New-York);
9) Du 114th de New-York ("Collis Zouaves");
10) Du 9th et du 55th de New-York ("Hawkin's Zouaves" et "Lafayette Guard");
11) Du 14th Brooklyn (84th de New-York);
12) Du 12th New-York State Militia;
13) Du 4th du Michigan et du 11th de l'Indiana;
14) Du 165th de New-York et du 18rd du Massachusetts;

Il existait encore une multitude d'unités de zouaves au début de la "Civil War" ("Wilson's Zouaves" de New-York, "Salem Zouaves" du Massachusetts, "Coppen's Zouaves" de Louisiane, "Piatt's Zouaves" de l'Ohio, "Keystone Zouaves" de Pennsylvanie, "D'Epineuil Zouaves" de New-York, "Anderson Zouaves" de New-York, "Gosline Zouaves" de Pennsylvanie, "Baxter's Fire Zouaves" de Pennsylvanie, "33rd New-Jersey Zouaves", "Ellsworth Avengers" de New-York, "Maryland's Zouaves", "MacClellan's Zouaves", "Chichester Zouaves" et "Charleston Zouaves Cadets" de Caroline du Sud, etc, etc...). Toutes issues des milices volontaires des états, lesquelles pululaient à l'époque ! 
J'ai en ma possession une collection assez fournie de ces uniformes aux couleurs chamarées. Je peux en "dealer" par MP à qui le souhaiterait...


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Dernière édition par général Mellinet le Lun 29 Nov - 18:21 (2010); édité 1 fois
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Drouet Cyril
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MessagePosté le: Lun 29 Nov - 18:01 (2010)    Sujet du message: Zouave Répondre en citant

Merci Général Mellinet.
Très intéressant.

Un Zouave :
http://www.military-photos.com/CHARETTE5.jpg

Une graine de Géants.
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paulina
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MessagePosté le: Lun 29 Nov - 18:27 (2010)    Sujet du message: Zouave Répondre en citant

Bonsoir général Shocked

Ravie de vous revoir


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Drouet Cyril
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MessagePosté le: Lun 20 Déc - 14:40 (2010)    Sujet du message: Zouave Répondre en citant

Petit retour sur la photographie présentée plus haut et sur cette graine de Géants chers à Napoléon 1er.
Il s’agit d’Athanase-Charles-Marie de Charette, baron de la Contrie.
Un lien sur le bonhomme :
http://www.military-photos.com/charette.htm


Il avait de quoi tenir…
Il était le fils le Athanase-Marin-Charles de Charette. Ce dernier avait vu son père Louis-Marin mourir au combat des Brouzil le 2 mars 1796, sous le commandement de son frère, le Roi de la Vendée : François-Athanase ; puis son frère, Ludovic-Athanase-Urbain, au combat d’Aizenay, le 21 mai 1815.
Athanase-Marin-Charles combattit en 1815, puis lors de l’ultime guerre de Vendée, en 1832.


A l’heure du trépas, les Charette ne perdirent point de leur verve : -François-Athanase : « Monsieur l’abbé, j’ai bravé cent fois la mort. J’y vais pour la dernière fois sans la braver, sans la craindre. »
-Ludovic-Athanase-Urbain (blessé mortellement à ceux qui voulaient l’arracher au combat) : « Non, non, tant qu’il coulera une goutte de sang dans mes veines et que mes paysans auront de la poudre à tirer, je commanderai le feu !… Vengez-moi ! »
-Athanase-Charles-Marie : « Mes zouaves ! j’entends mes soldats qui m’appellent ! »





Charette à un Bleu lui disant qu’il combattait pour une cause perdue lui répondit : « Rien ne se perd ». Il ne croyait pas si bien dire.

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Drouet Cyril
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MessagePosté le: Mar 21 Déc - 00:29 (2010)    Sujet du message: Zouave Répondre en citant

Les frères charrette :

 

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De gauche à droite : Louis (1834-1919), maréchal des logis de dragons pontificaux ; Ferdinand (1837-1917), simple zouave, ancien officier d’artillerie au royaume de Naples (il sera blessé à Loigny) ; Athanase (1832-1911), major des zouaves et Alain (1841-1916), sous-lieutenant.
Ne manque qu’Armand (1843-1909) qui rejoindra ses quatre frères par la suite dans la défense des états pontificaux.
 

Charette chargeant à Loigny :
http://www.military-photos.com/LOIGNY.jpg
http://www.loire1870.fr/im_vi/mlamp1870_vi_mos_0023.jpg
http://www.angloboerwarmuseum.com/images/boer/people_bw/charette_w2.jpg
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général Mellinet
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MessagePosté le: Mar 21 Déc - 16:59 (2010)    Sujet du message: Zouave Répondre en citant

Bonjour à toi citoyen, Shocked


Te voici un texte de ce brave Henri Ortholan (saint-syrien, colonel du génie et docteur en histoire...) qui résumé assez bien, je pense, la célèbre charge des zouaves du colonel de Charette le 2 décembre 1870 à Loigny (avec un ch'tit "topo" sur les opérations préliminaires et sur les suite qui en résultèrent...). Bonne lecture :

Dès que leur projet de sortie par Champigny fut arrêté, les généraux Trochu et Ducrot en informèrent la commission gouvernementale installée à Tours. Cette dernière réceptionna la dépêche parisienne le 30 novembre 1870. L'armée de la Loire (commandée par le général d'Aurelle de Paladines) reçut alors aussitôt l'ordre de prendre l'offensive en direction de la capitale. Celle-ci était restée sur ses positions depuis les combats victorieux de Coulmiers. Cette armée constituait une masse de 160 000 hommes d'origines très variées et qui manquaient parfois de cohésion. Il était prévu qu'elle opérasse sa jonction avec les troupes du camp retranché de Paris dans la région de Fontainebleau. Faute de temps, les opérations qui commençèrent dès le 1er décembre furent marquées du sceau de l'improvisation. Les quatre corps d'armée qui attaquèrent vers Pithiviers furent engagées en ordre dispersé, les uns après les autres et sans réelle conception d'ensemble de la bataille...




L'histoire a retenu davantage le souvenir de Loigny, un nom de défaite, que celui de Coulmiers, qui fut celui d'une victoire.
Cette défaite, certes glorieuse, mais défaite tout de même, est transcendée par le sacrifice des volontaires de l'Ouest qui firent hésiter quelques instants le sort de la bataille en reprenant aux Prussiens le village de Loigny, le soir du 2 décembre 1870.
Le cadre géographique est à peu près le même que celui de Coulmiers : plaine à perte de vue, reliefs à peine soulignés, le tout dominé davantage par les clochers et les solides fermes de la Beauce que par les mouvements de terrain.
En l'emportant à Coulmiers, l'armée de la Loire avait repris l'initiative et il paraissait possible de marcher sur Paris pour soulager la ville de l'étreinte du siège ennemi. Mais d'Aurelle de Paladines assura d'abord la défense d'Orléans plutôt que de se mettre en mouvement immédiatement avec ses deux seuls corps d'armée (les 15ème et 16ème). Pendant ce temps, la délégation de Tours s'employa à le renforcer par la mise sur pied de quatre nouveaux corps, savoir le 17ème puis le 21ème à l'aile gauche, et les 18ème et 20ème à l'aile droite. Quant à l'ennemi, tirant les leçons de sa défaite de Coulmiers, il se renforça aussi à partir des unités libérées par la chute de la forteresse de Metz un mois plus tôt (28 octobre 1870).
Plutôt donc que d'agir au plus vite, d'Aurelle tergiversa pendant treize jours et Freycinet (chargé de la conduite de la guerre au sein de la délégation de Tours) définît mal les subordinations au général en chef de l'armée de la Loire. Pendant que le 20ème corps du général Crouzat monta en ligne, le 18ème du général Billot reçut directement ses ordres de Tours. Se substituant ainsi au commandant en chef de l'armée de la Loire, Freycinet leur fixa comme objectif la petite ville de Beaune-la-Rolande. Les hommes, des « moblots » (gardes nationaux mobiles) essentiellement, abordèrent la bourgade beauceronne et se battirent avec courage, manquant même de l'emporter carrément. Il aurait suffi que Billot, qui dirigea la bataille, fasse preuve d'un peu plus d'esprit et de décision pour que les troupes françaises remportassent le combat. Mais ce fut, hélàs, un échec.
Tours en rendra responsable le général Crouzat, et l'histoire se souviendra, injustement d'ailleurs, que le général d'Aurelle de Paladines fut battu à Beaune-la-Rolande le 27 novembre 1870.
L'échec était sans conséquence malgré tout, car l'armée de la Loire se rétablît rapidement et conserva l'initiative (les Prussiens étant de leur côté assez mal en point et épuisés).
La défense d'Orléans s'organisa alors, mais Tours rappela à d'Aurelle que l'armée de la Loire avait pour seul but de délivrer Paris. Or, rien ne bougeait encore, et pendant ces journées pluvieuses de novembre, la troupe s'enlisa dans la boue et la maladie. A la fin du mois, la température descendit et le sol gela en assainissant les bivouacs.
Enfin, l'occasion de repartir en avant se présenta à nouveau quelques jours plus tard. L'on apprît en effet la sortie de l'armée de Paris sous les ordres du général Ducrot. Le 30 novembre, l'on se battait au sud-est de la capitale, à Champigny, et l'adversaire mesurait la combativité des assiégés. Freycinet pressa encore d'Aurelle de Paladines d'agir rapidement : il fallait voler au secours de « l'héroïque Ducrot ». Cette fois, l'armée de la Loire se mit en mouvement. Mais avant de remonter vers le nord, son aile gauche dût effectuer une conversion pour se mettre sur une ligne de départ.
Le mouvement commença avec le 16ème corps d'armée, celui du général Chanzy. L'armée se déploya une nouvelle fois dans la plaine de la Beauce. Le 1er décembre, les mobiles marchèrent sur le château de Villepion et, menés par l'amiral Jauréguiberry, ils l'emportèrent de haute lutte. Les Prussiens durent reculer sur une positions plus en arrière. Chanzy et ses troupes, bivouaquant sur le terrain conquis, s'apprêtaient à repartir le lendemain matin.
Les adversaires passèrent la nuit par un froid glacial. Les Prussiens, eux, se réchauffèrent autour de leurs feux de bivouac, alors que les Français durent se contenter de leurs capotes.
Le lendemain, 2 décembre 1870, jour anniversaire de la bataille d'Austerlitz, le ciel était splendide. Le froid était toujours présent mais le sol gelé facilita les mouvements de l'artillerie. Là aussi, comme la veille, le 16ème corps reprit sa progression. Le 17ème corps du général de Sonis le rejoignit à quelques heures de marche.
Face au général Chanzy se présenta à gauche la ferme de Morâle, au centre le village de Loigny (appuyé par le solide château de Goury) et à droite les villages de Neuvilliers et de Lumeau (ce dernier un peu plus en arrière que le premier). Comme à Coulmiers, l'ennemi (Bavarois et Prussiens placés sous les ordres du prince de Mecklembourg-Schwerin) prît position dans les bâtisses.
Les deux camps en vinrent aux prises très vite. L'élan des mobiles sembla d'abord tout emporter car, au centre, Loigny tomba sans coup férir. Mais c'était sans compter avec la solidité des positions ennemies : bien retranchés, les Bavarois attendaient et la 2ème division d'infanterie du général Barry (15ème corps) se cassa les dents sur le château de Goury. A cet endroit, les Français ne prirent possession que des jardins mais ne purent aller au-delà. Des renforts prussiens accoururent rapidement pour stopper l'avance de cette division. A droite, la 3ème division du 15ème corps (commandée par le général Maurandy) enleva le village de Neuvilliers et arriva aux premières maisons de Lumeau dans lequel elle ne put malheureusement pas entrer. La 17ème division d'infanterie prussienne la repoussa puis porta son effort sur Goury d'où elle délogea le général Barry.
Chanzy chercha alors à tourner Loigny par le nord. Les Bavarois contre-attaquèrent et la 1ère division de Jauréguiberry fut contrainte de se retrancher dans la ferme de Morâle. Deux mitrailleuses "de Reffye", deux seulement, arrêtèrent net une charge de la cavalerie prussienne et sauvèrent les rescapés du 33ème régiment de mobiles : "l'effet produit par cette décharge fut prodigieux", racontera plus tard l'un d'eux.
Cependant, l'artillerie de campagne ennemie ne restait pas inactive et elle anéantît les deux canons à balles français. Et puis, en cet instant où le destin hésita, les mobiles se comportèrent inégalement. Certains, comme ceux du 33ème de Gironde tinrent bon, telles de vieilles troupes aguerries. D'autres, en revanche, furent moins solides et succombèrent à la panique.
Le général Chanzy dût céder mais voulut reprendre Loigny auparavant. Il demanda le soutien du 17ème corps dans ce but. C'est alors que de Sonis marcha au canon et accourut avec les troupes qui lui restait sous la main : des mobiles des Côtes-du-Nord, des francs-tireurs de Tours et de Blida, ainsi que les volontaires de l'Ouest (anciens zouaves pontificaux ayant repris du service après l'invasion de la France par les armées allemandes).
Ces volontaires de l'ouest partirent en avant avec à leur tête leur chef, le colonel de charrette. Ce n'était pas cependant derrière le drapeau de la République qu'ils s'élancèrent, mais menés par la bannière du Sacré-Coeur (avec l'inscription suivante : "Coeur de Jésus : sauvez la France").
On sonna le clairon et les ex-zouaves pontificaux chargèrent ! Ils atteignirent d'abord la ferme de Villours et en délogèrent l'ennemi à l'arme blanche, sans avoir tiré une seule cartouche ! Il restait environ mille mètre à parcourir à découvert avant d'atteindre Loigny. Toujours sans faire usage de leurs fusils, ils coururent sous le feu de l'ennemi. Touché à la cuisse, le général de Sonis s'effondra. La bannière du Sacré-Coeur changea de mains quatre fois (successivement par les sergents de Verthamon, de Bouillé [père et fils], de Cazenoves de Pradines et de Traversay, les trois premiers ayant été tués sur le coup et le quatrième grièvement blessé...).
Enfin, les volontaires de l'Ouest enlevèrent le bois de Bourgeon, situé aux abord de Loigny et dans lequel ils entrèrent à la tombée de la nuit. Evitant le combat à la baïonnette, les Prussiens se dérobèrent et reculèrent la peur au ventre. Un officier français blessé lors des combats du matin et prisonnier dans une des maisons du village de Loigny espérait la délivrance :
"C'était une charge à la baïonnette : parmi tous les bruits du champ de bataille, il n'en est pas un qui puisse se comparer à celui-là. Un immense espoir nous envahit. Tous haletants nous écoutions cette charge splendide, héroïque, qui s'avançait toujours, dominant de ses cris enthousiastes le bruit de la fusillade et du canon. Les notes hardies d'un clairon français sonnant la charge vibraient jusque dans nos coeurs. C'étaient les zouaves pontificaux !"
Mais personne ne suivit pour exploiter ce succès inattendu.
"[…] Bientôt les cris diminuèrent, les derniers vinrent s'éteindre tout près de nous; les feux de salves réguliers des Prussiens continuèrent quelques temps puis se turent. Au loin, le clairon sonnait la retraite."
Après s'être ressaisis, les Prussiens contre-attaquèrent et reprirent Loigny. Quelques zouaves firent le coup de feu dans deux maisons et se firent tuer sur place pour retenir l'ennemi et permettre à leurs compagnons de reculer en bon ordre. A son tour, le colonel de charrette fut blessé. C'en était alors fini et l'assaut ultime sur Loigny était définitivement brisé...
Le dernier coup de fusil fut tiré à la nuit tombée dans le cimetière du village. Battu, Chanzy replia ses forces épuisées de manière aussi méthodique que possible.
Grièvement blessé, le général de Sonis passa la nuit sur le champ de bataille, dans le froid et étendu sur le dos. Il sera relevé le lendemain, puis amputé de la jambe gauche.
La moitié de ses hommes restèrent sur le carreau. Des 300 zouaves pontificaux engagés, seulement le tiers put se retirer. Tous les autres furent tués, blessés ou faits prisonniers. En moins d'une heure, ces braves volontaires de l'Ouest venaient d'écrire la page de gloire de l'armée de la Loire, même si la bataille de Loigny fut perdue.
Le nombre les submergea, mais leur fait d'armes transcenda la défaite et l'inscrivit dans la mémoire collective comme une manifestation exemplaire du courage du soldat français.
Au centre, cependant, le 15ème corps d'armée du général d'Aurelle de Paladines, venant d'Artenay, s'était engagé dans le village de Poupry. Si sa 3ème division d'infanterie était montée en ligne plus rapidement, vers la droite du général Chanzy, nul doute qu'elle aurait pris les Prussiens entre deux feux et les hommes du colonel de Charrette auraient vu leur charge à la baïonnette couronnée de succès. Ce sont les Prussiens qui auraient alors reculé, et Chanzy aurait réussi à s'emparer du village de Loigny. Le manque de coordination et ce retard fatal au 16ème corps le devint désormais pour le 15ème. Après avoir battu Chanzy, les Allemands se retournèrent alors vers le sud, contre les troupes de d'Aurelle qui durent se replier à leur tour, même si sa 2ème division d'infanterie mena une belle défense dans le village de Poupry. Là aussi, la situation fut provisoirement rétablie avec des mitrailleuses "qui produisirent de grands ravages dans les rangs ennemis; en moins de trois quarts d'heure, les pièces prussiennes furent réduites au silence."
mais les jeux étaient faits désormais. La nuit mit un terme au combat de Poupry et d'Aurelle se replia sur Artenay. La poussée de l'ennemi empêcha tout rétablissement français, les ouvrages du camp retranché d'Orléans ne pouvant d'ailleurs même pas l'arrêter. Dès lors, dans le repli général, l'armée de la Loire se scinda involontairement en deux parties afin d'éviter d'être anéantie.
Le prince de Mecklembourg-Schwerin et l'armée du prince Frédéric-Charles de Hohenzollern, cette dernière arrivant de Metz, marcheront résolument sur Orléans dès le lendemain de la bataille de Loigny. D'Aurelle, lui, évacua Artenay ce même jour. A l'aile gauche, les 16ème et 17ème corps d'armée se replièrent avec le général Chanzy vers la Loire, puis sur Blois après avoir traversé le champ de bataille de Coulmiers où l'armée française avait vaincu un mois auparavant :
"Cette grande plaine nue et désolée, où nous avions déjà laissé tant des nôtres, faisait une impression de froid au coeur", se souviendra notre garde national mobile du 33ème régiment.
Au centre de l'armée, malgré une résistance heureuse à Chevilly (au nord d'Orléans), le général d'Aurelle dut encore reculer. La troupe commençait à se débander, et l'on évacua la ville le 4 décembre. Ce fut cependnat en bon ordre que le 15ème corps traversa le grand fleuve français et prit la direction de Vierzon. A droite, les 18ème et 20ème corps d'armée passèrent la Loire à Gien et à Jargeau. D'Aurelle fit déclarer Orléans "ville ouverte" pour lui épargner les combats et la destruction et, le soir même, musique en tête, l'ennemi entrait dans la cité. Ce fut le début d'uen occupation de plusieurs mois caractérisée par les exactions du vainqueur, par un traitement indigne des prisonniers français et par le rançonnement de la population locale.
Le 6 décembre 1870, le 15ème corps se retrouva à Salbris, quitté deux mois plus tôt. L'armée de la Loire était défaite et avait perdu un important matériel de guerre. Les pertes des Prussiens étaient bien moindres. Face à près de 170 000 Français, les Allemands n'en avaient opposé que la moitié environ, mais largement mieux instruits, équipés et armés. Pendant ce temps, après trois jours de combats acharnés, la sortie parisienne de Ducrot tournait court à Champigny. Les deux armées françaises, qui devaient marcher l'une au-devant de l'autre, avaient été sévèrement battues séparément. Le siège de Paris était donc toujours fermement en place et il durera encore plus de deux mois.
Sans surprise, le général d'Aurelle de Paladines sera relevé de son commandement. Après Loigny, l'armée de la Loire perdra définitivement l'initiative des opérations, même si la guerre durera encore jusqu'au 28 janvier 1871. La délégation de Tours l'organisera en deux nouvelles formations : elle confiera les 15ème, 18ème et 20ème corps au général Bourbaki (l'ancien commandant en chef de la Garde impériale de Napoléon III), lesquels constitueront alors la 1ère Armée de la Loire, puis quelques semaines plus tard l'Armée de l'Est lorsqu'ils seront menés jusqu'aux portes de la citadelle de Belfort.
Quant aux 16ème, 17ème et 21ème corps d'armée, ils donneront naissance à la 2ème Armée de la Loire, placée sous les ordres de Chanzy, et mèneront leurs opérations au nord du grand fleuve (vers Beaugency et la forêt de Marchenoir d'abord, puis sur Vendôme et la vallée du Loir, enfin vers celle de la Sarthe et le Mans...).




Amitiés bonapartistes ! Shocked


Pour le plaisir des yeux, je te mets cette oeuvre de Lionel Royer :

Les volontaires de l'Ouest à Auvours autour du général Gougeard :


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MessagePosté le: Mar 21 Déc - 17:58 (2010)    Sujet du message: Zouave Répondre en citant

D'autres grands noms de zouaves pontificaux ayant participé à la "Neuvième Croisade" durant la décennie 1860 :



Henry de Cathelineau
(petit-fils du "Saint de l'Anjou"
et chef de corps des
"Croisés de Cathelineau") :



Christophe Louis Léon Juchault de Lamoricière :



Louis-Aimé de Becdelièvre (16/02/1826 - 27/02/1871) :





Joseph Eugène Allet :

Né le 18/2/1814 en Suisse. Il entre en 1832 au régiment étranger de l'armée pontificale. Ileffectue toute sa carrière dans cette armée, et était lieutenant colonel du 1er régiment etranger en 1860 avec lequel il participa à la bataille de Castelfidaro. En mars 1861, il prend la tête des zouaves pontificaux et devient colonel en 1866, quand le bataillon devient régiment. Il commande le régiment à Mentana et quitte ses fonctions en 1870. Décédé en 1878. Décrit comme "débonnaire, colosse lent d'esprit et de mouvements, pieux et juste, trop bon parfois, de belle figure militaire, avec des cheveux déjà blancs, une large moustache grise et un sourire paternel"





Hypolyte de Moncuit de Boiscuille :

Premier caporal des tirailleurs franco-belges. Capitaine, amputé d'un bras à Castelfidaro. Commande une compagnie à Mentana. Commande le 2e bn des volontaires de l'Ouest à Loigny où il est blessé.





Adéodat Dufournel :




De Troussures :

Officier français, nommé adjudant-major en 1861. "Pieux, austère, excellent instructeur, mais redouté."
Se distingue à Mentana.
Organise les Volontaires de l'Ouest dont il devient lieutenant-colonel. Tué à Loigny.






De Saint-Marcq :




D'Albiousse :

Sergent major des tirailleurs franco-belges.
Capitaine aux Zouaves, s'y distingue à Mentana. Devient Major. Réforme les volontaires de l'Ouest après Loigny.






Alfred Kervadec

Jeune Nantais, né dans une famille de la petite bourgeoisie catholique et royaliste. En 1867, à l'âge de 16 ans, il part défendre les Etats pontificaux.




De Saisy :



Les frères Heffner :



Lieutenant de Kermel :



Sous-Lieutenant Furey :



Penterghem :




Quelques photographies de zouaves canadiens à présent :

Le zouave E.C Roulleau à Rome vers 1868 :



Les zouaves pontificaux Murray, M.G.A. Prendergast , Hénault et Désilets
vers 1867 :



Le bataillon de zouaves pontificaux escortant le Saint Sacrement dans les rues de Montréal :



Photographie prise lors de la convention des zouaves pontificaux tenue à Trois-Rivières les 11, 12 et 13 juillet 1931 :







Corps cadet des Zouaves pontificaux canadiens, paroisse Sacré-Cœur, Chicoutimi, en 1924




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MessagePosté le: Mar 21 Déc - 23:37 (2010)    Sujet du message: Zouave Répondre en citant

général Mellinet a écrit:
D'autres grands noms de zouaves pontificaux ayant participé à la "Neuvième Croisade" durant la décennie 1860 : Henri de Cathelineau (petit-fils du "Saint de l'Anjou"
et chef de corps des
"Croisés de Cathelineau") :















Henry de Cathelineau fonda en effet la petite troupe de volontaires des Croisés de Cathelineau ou Croisés de Saint-Pierre. Ce corps fut ensuite versé au sein du bataillon des tirailleurs franco-belges, futurs zouaves pontificaux.Henry de Cathelineau était, comme vous le dites, le petit-fils de Jacques Cathelineau, premier généralissime de la Grande Armée catholique et royale. Il avait fait ses premières armes en 1832 dans la division de Chemillé au sein du corps que son père, Jacques-Joseph, devait commander s’il n’avait été tué par un gendarme peu de temps avant le soulèvement cher à la duchesse de Berry. Comme Charette, Henry revint en France en 1870 et y fonda le corps des Volontaires de la Vendée (pendant que Charette fondait celui des Volontaires de l’Ouest). On lui doit ce vibrant appel aux descendants des glorieux soldats de son grand-père : « Nos pères ont combattu pour leur foi, ils furent des héros ; ils sont morts, mais ils furent victorieux, car leur foi fut sauvée, et leurs noms glorieux survivront d’âge en âge. Vous, leurs dignes enfants, levez-vous ! La France éprouvée a tourné vers vous ses regards, elle vous appelle, elle vous attend pour sauver son honneur. Que notre cri à nous soit : « Dieu et la France ! » et nous serons victorieux. »





Les services rendus à la patrie lui vaudront en 1871 le grade de général de brigade.




Une parenthèse :
Au chapitre des descendants du Saint de l'Anjou, on peut citer également le capitaine Gérard de Cathelineau (c’était l’arrière petit-fils d’Henry de Cathelineau), héros de la Résistance, tombé au champ d'honneur en Algérie et parrain d'une promotion à Saint-Cyr:

http://lebibs.free.fr/cathelineau.htm



La mort du capitaine Gérard de Cathelineau rapportée par le commandant Berthod (commandant du 2ème bataillon du 121e RI) : « D’accord avec moi, le Capitaine de Cathelineau devait se rendre le vendredi 12 juillet [1957] au village de Tamagoucht [Haute Kabylie] pour y découvrir des abris souterrains occupés par les rebelles.Une affaire analogue avait été montée la veille dans ce même village et avait brillamment réussi sans la moindre perte pour la compagnie. C’était donc sans appréhension que je laissais partir cette compagnie [la 6e] et son chef. Vers les 5 heures, un abri était découvert. Le Capitaine achevait de donner quelques ordres pour le réduire, lorsque le rebelle l’occupant, trompant la surveillance, réussit à abattre un sergent qui était dans la même pièce que lui, puis avec la mitraillette de ce sergent, s’avança dans une petite cour et déchargea son arme sur un groupe comprenant le Capitaine, un sous-lieutenant, un adjudant de gendarmerie.Le Capitaine de Cathelineau eut à peine le temps de faire un geste et de crier de tirer sur le rebelle, en même temps il garait derrière lui l’adjudant de gendarmerie.Il fut touché à la gorge, à la poitrine et aux jambes. C’est la première atteinte qui lui fut mortelle. Il tomba sur le corps du gendarme qu’il préserva ainsi de son corps et il décéda presque aussitôt…Ses deux voisins furent blessés seulement. Le rebelle fut immédiatement abattu ; mais hélas ! le mal était fait. Le médecin arriva sans tarder mais ne put que constater le décès. Alerté également je me rendis sur les lieux, me refusant de croire à l’horrible vérité. Des mains pieuses avaient déjà fermé les yeux des morts… Nous les avons ramenés à Beni-Douala. Nous les avons veillés à tour de rôle. »

Le 17 juillet, à Tizi-OUzou, son corps recevait les honneurs militaires. Il était à titre posthume promu chevalier de la légion d’honneur et décoré de la Croix de la Valeur Militaire avec palme.
Ses obsèques furent célébrées en l’église Saint-Louis des Invalides, le 5 octobre.
Gérard de Cathelineau photographié en Algérie :
http://www.lesmanantsduroi.com/Images6/ ... au1957.jpg










A lire : Gasnier, Un officier français Le capitaine Gérard de Cathelineau (1921-1957).
A 19 ans, Gérard écrivait :



« Je suis fier de mon nom. Et je sens combien est lourd l’honneur de le porter, et difficile de ne pas faillir à ce nom dont on a pu dire qu’il était à lui seul une profession de foi : Cathelineau ! »
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MessagePosté le: Mer 22 Déc - 00:48 (2010)    Sujet du message: Zouave Répondre en citant

Citation:
Te voici un texte de ce brave Henri Ortholan

 

Merci bien (et merci aussi de me vouvoyer s'il vous plait).
 

Pour ma part, j’ai sous les yeux celui du général Pierre Bertin (La contre-attaque de Loigny, 2 décembre 1870), tiré du numéro spécial Revue Historique de l’Armée (1970) consacré à la IIIe Région militaire.
Sonis montra ce jour là tout son courage. Ainsi, peu de temps avant de lancer sa fameuse contre-attaque sur Loigny, il harangua les Volontaires de l’Ouest de Charette en ces termes :
« Il y a là-bas des lâches qui refusent de marcher. Ils vont perdre l’armée. Montrons leur ce que valent des hommes de cœur et des chrétiens. »
L’assaut fut lancée à 16 h 15. La première vague d’assaut était constituée des 1ère (lieutenant de Bellevue), 2e (lieutenant de Boischevalier) et 3e (capitaine de Réau) compagnies des Volontaires ; la seconde des 4e (capitaine de Gastebois), 5e (lieutenant de la Bégassière) et 6e (sous-lieutenant Renaud) compagnies des Volontaires ; épaulés à gauche par les francs-tireurs de Tours (capitaine Hildenbrand) et de Blida (lieutenant Brun) ; et à droite par les 1er (capitaine Grouazel) et 6e (lieutenant de Sagazan) compagnies des mobiles des Côtes du Nord.
Le bois Bourgeon emporté, les premières maisons de Loigny prises, Charette (Sonis avait eu la jambe droite et le genou brisés), face à un ennemi en nette supériorité numérique, ne put donner la main aux derniers braves du 37e de marche qui tenaient encore le cimetière et ordonna le repli.
Sur 300 Volontaires de l’Ouest, 198 avaient trouvé la mort ou étaient blessés (sur 14 officiers, 10 (dont Charette) étaient hors de combat et parmi eux 4 commandants de compagnie sur 6).
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MessagePosté le: Mer 22 Déc - 00:53 (2010)    Sujet du message: Zouave Répondre en citant

Bonsoir citoyen, Shocked

Un baroudeur de l'Eglise apostolique et romaine que ce "riton" ( ) :

Il participa pour mémoire à la campagne du Portugal en 1832 dans les rangs du corps expéditionnaire du maréchal de Bourmont (cet ancien chef chouan qui se fit connaître pour avoir déserté et trahi Napoléon pendant la campagne de Waterloo...), laquelle visait à faire accéder Don Miguel de Bragance sur le trône lusitanien. Nommé capitaine, il se distingua notamment à la bataille d'Oporto...
Je sais aussi que le chef du corps francs-tireurs appelé "Volontaires Vendéens" (corps qui n'a absolument rien à voir avec celui des "Volontaires de l'Ouest" emmené par le colonel Athanase de Charette...) a écrit des mémoires qui ont été éditées en deux tomes. Les auriez-vous lu par hasard citoyen Drouet ?

Cependant, il ne faut pas confondre les différents membres de Cathelineau qui combattirent en 1871...

Ainsi, dans le bataillon des zouaves pontificaux (qui servit en Italie dans les années 1860...), il y eut deux membres de cette illustre famille, à savoir :

* Jacques de Cathelineau (fils du général surnommé le "Saint d'Anjou"), engagé le 26 octobre 1867, grièvement blessé à Mentana le 3 novembre 1867. Durant la guerre de 1870, il servit dans les mobiles du Finistère et fut deux fois cités pour sa conduite intrépide lors du siège de Paris (31 octobre 1870 et 22 janvier 1871);
* Henri de Cathelineau, fils du frère cadet du général, engagé le 1er juillet 1867, il sauva la vie de son cousin à la bataille de Mentana alors que ce dernier allait être achevé par un soldat piémontais. Caporal le 11 janvier 1869, il participa à la défense du saint-Siège à Rome en septembre 1870. Passa ensuite aux volontaires de l'Ouest le 4 novembre 1870 et combattit à Brou et à Loigny. Fut promu sergent le 1er février 1871;

Enfin, dans les Volontaires Vendéens (France), il y a eu :

* Henry de Cathelineau (voir ci-dessus);
* Gaston de Cathelineau, dont les liens avec la famille Cathelineau me sont inconnus, qui s'engaga le 28 avril 1871;


Ci-joint un document (non daté malheureusement...) détaillant le composition de l'état-major des Volontaires Vendéens :



Feuillets (non datés eux aussi...???) montrant les adresses de divers officiers du corps des Volontaires Vendéens :







Invitation (datée de septembre 1896) pour l'inauguration du monument à la gloire de Jacques Cathelineau à Pins-en-Mauges :




N.B : Pour information, le colonel de Charette, devenu général à titre auxiliaire à la fin de la guerre franco-allemande (février 1871), refusera que sa "légion" participe à l'écrasement de la Commune de Paris. Non pas par sympathie pour cette cause (!) mais parce qu'il n'acceptait pas de se battre contre d'autres Français : il l'avait d'ailleurs déjà montré par le passé, en démissionnant de l'armée autrichienne en 1859, au moment où celle-ci était opposée à la France. Finalement, les Volontaires de l'Ouest seront toujours cantonnés à Rennes en mai 1871. Le 28 de ce mois, la légion des zouaves pontificaux sera consacrée au Sacré-Cœur de Jésus et, la guerre étant terminée, les bataillons seront dissous le 13 août suivant...

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MessagePosté le: Mer 22 Déc - 01:03 (2010)    Sujet du message: Zouave Répondre en citant

Citation:
Les auriez-vous lu par hasard citoyen Drouet ?


Non.
Mais c'est vrai que mon intérêt va plus vers les Géants que vers leurs descendants.


C'est vous, Phda, modérateur du forum Insignes et Médailles ?
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MessagePosté le: Lun 27 Déc - 21:54 (2010)    Sujet du message: Zouave Répondre en citant

A propos des "volontaires de l'Ouest" :

[...] à l'armée de la Loire, les Volontaires de l'Ouest firent usage d'une bannière spéciale dont voici, en quelques mots l'historique. " Les religieuses de la visitation à Paray-le-Monial, avait brodé cet étendard dès les premiers désastres de la guerre; pendant que les unes y travaillaient, écrivant avec l'aiguille, chaque lettre de l'invocation: "Coeur de Jésus sauvez la France", le reste de la communauté réuni en adoration perpétuelle, répétait ce voeu par une prière unanime........ Elles voulaient d'abord......que leur bannière fut déployée sur les murs de Paris;...... l'investissement était promptement venu interrompre toute communication avec la capitale. Interrogées alors, ces ouvrières de Dieu avaient répondu qu'elles destinaient leur travail aux Volontaires de l'Ouest...... A ce moment-là, nous ne portions pas encore ce nom; nous attendions obscurément à Tarascon d'être agréés et réorganisés: si nous serions classés dans la ligne ou dans la mobile, ou si nous formerions un corps franc, c'est ce que personne en France ne savait. Mais les bonnes soeurs de Paray avaient reçu à notre sujet des lumières telles qu'elles purent adresser l'étendard à une personne de Tours, et que cette personne nous l'apporta, sans que nous l'ayons nullement demandé, au moment où nous prenions les armes pour quitter la ville.>> (1) 
 
Cet étendard était, en somme, une bannière blanche, en soie, frangée d'or, portant l'image du Sacré-Coeur (un coeur enflammé, ceint de la couronne d'épines et surmonté d'une croix). Au-dessus, en demi-cercle, en lettres d'or <<Coeur de Jésus>> et sous le coeur <<Sauvez la France>>. Deux glands d'or pendaient aux pointes inférieures de la bannière.(2) 
 
 
(1) Art. Roë, Sous l'Etendart. 
(2) On représente habituellement cet étendard garni d'une cravate blanche frangée d'or avec hampe garnie d'un fer de lance. Si nous nous en rapportons à l'ouvrage précité, M. de Charette, commandant des Volontaires de l'Ouest, avait reçu cette bannière à Tours, des mains d'un vieillard, et l'avait serrée dans sa cantine où il ne devait certes pas y avoir place dans une hampe. Nous croyons donc plus vrai le détail donné dans "Sous l'Etendard" : <<Verthamon...venait de ramasser une gaule dans la cour de la ferme et d'y prendre son étendard>>. 
 
Source : "les uniformes de l'armée française de 1690 à 1894" par le docteur Lienhart et René Humbert. 
 

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MessagePosté le: Sam 8 Jan - 08:10 (2011)    Sujet du message: Zouave Répondre en citant

Drouet Cyril a écrit:

C'est vous, Phda, modérateur du forum Insignes et Médailles ?



Du tout (lala itou...) citoyen !!! Shocked

Mais les documents proviennent du site en question en revanche...
Maintenant, il ne m'a pas paru malhonnête de vous les transmettre içi-même, car ils ne me semblaient pas être accompagnés d'un quelconque "copyright" ("droits d'auteur" si vous préférez un terme plus franchouillard...).
Ai-je eu tort de le faire maglré tout (re-lala itou) ???

Bon, je vous laisse car j'ai un exposé à terminer. Et comme, je dois bien l'admettre, j'ai déjà pris énormément de retard lors des fêtes de fin d'année...
Mais ne vous inquiétez pas cher citoyen Drouet... Vous ne serez pas "déçu du casse-croûte". Car, comme je le précisais dernièrement, je suis içi avant tout pour "vous apporter la lumière" ( ).
Il faut bien admettre cependant que je suis actuellement un peu comme Robinson Crusoë sur son île : il faut simplement que je réussisse à ranimer le feu...
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 18:52 (2017)    Sujet du message: Zouave

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