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Victor Hugo et Napoléon III
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Léonor
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MessagePosté le: Mer 17 Nov - 09:44 (2010)    Sujet du message: Victor Hugo et Napoléon III Répondre en citant

étude réalisée sur Victor Hugo...(sources et oeuvres de Marie-luce Colatrella)


ELEMENTS DE BIOGRAPHIE . LA CARRIERE POLITIQUE DE VICTOR HUGO

Comment un conservateur devient un homme de gauche.
Victor Hugo est né en 1802 à Besançon d'un père Colonel, puis général d'Empire (ce point est important car Hugo révérait son père et à travers lui, l'armée napoléonnienne.), Léopold Hugo. Le jeune Victor est un élève doué qui prépare l'Ecole polytechnique au lycée Louis le Grand. Mais sa vocation poétique s'éveille tôt : dès quinze ans, il reçoit un prix de l'académie française. A 17 ans, il écrit son premier roman et fonde avec ses frères Abel et Eugène une revue, Le Conservateur littéraire. Il affirme alors «Je veux âtre Châteaubriand ou rien».

En 1822, il épouse Adèle Foucher dont il était amoureux depuis son adolescence. Elle lui donnera cinq enfants : Léopold (mort à trois mois), Léopoldine (1824) Charles (1827) Victor (1828) et Adèle (1830). Fervent monarchiste comme sa mère, Hugo reçoit la légion d'Honneur à 23 ans.

Mais un événement provoque un revirement dans ses convictions politiques : à une soirée donnée à l'ambassade d'Autriche, l'huissier annonce l'entrée des maréchaux de Napoléon 1er Soult, Mortier et Macdonald en omettant volontairement leurs titres de duc donnés par Napoléon. Le scandale est énorme. Hugo réagit comme si on avait insulté son père, comte d'Empire. Il rallie progressivement l'opposition au régime, le camp des libéraux et des orléanistes.

Au même moment, en publiant la Préface de Cromwell, il devient chef de file des romantiques, considérés comme des révolutionnaitres en littérature (puisqu'ils s'opposent au classicisme). En 1830, c'est la bataille d'Hernani et la Révolution de Juillet. Hugo participe peu à ces bouleversements; il écrit alors un roman historique (c'est la mode) : Notre dame de Paris qui obtient un succès extraordinaire en 1831.

Le nouveau roi, Louis-Philippe, allège la censure. La célébrité d'Hugo ne cesse de grandir. Il publie plusieurs recueils de poèmes et fait jouer des drames. En 1841, il est reçu à l'Académie française. Mais sa fille Léopoldine meurt accidentellement en 1843. Hugo est désespéré et compense cette peine en redoublant d'activité dans la vie publique. Il devient en 1845 directeur de l'Académie française, puis Louis-Philippe le nomme Pair de France (titre nobiliaire qui lui permet de siéger à la chambre des pairs, une assemblée assez conservatrice comme le Sénat aujourd'hui). Dès lors, Hugo entame une carrière politique. Il met à profit son éloquence pour défendre ses idées : l'abolition de la peine de mort, la lutte contre la pauvreté du peuple. Ses discours « de gauche » surprennent son entourage.

Mais en 48, une grave crise économique fait éclater une nouvelle révolution : Louis-Philippe abdique et Hugo descend sur les barricades pour tenter de convaincre les révolutionnaires que la meilleure solution pour la France serait la régence de la duchesse d'Orléans. En vain. Cependant, Hugo est élu député de l'Assemblée constituante (sur une liste de droite) à côté de Louis-Napoléon Bonaparte revenu d'exil. Le poète pense un moment que le prince Napoléon (auteur d'un livre : L'Extinction du paupérisme ) représente une bonne solution pour rétablir l'ordre. Il milite pour son élection à la présidence de la République dans le journal qu'il a fondé avec ses fils L'événement. Après l'élection du Prince-Président, Hugo aspire à siéger dans les conseils du gouvernement et brigue le portefeuille ministériel de l'instruction publique.. Mais Louis-Napoléon l'écarte et Hugo passe à l'opposition, d'autant plus qu'il prévoit le coup d'Etat. Le 17 juillet 1851, il dénonce le cléricalisme du nouveau gouvernement et les ambitions dictatoriales de « Napoléon-le-Petit ». C'est le début d'une lutte dont les Châtiments seront l'aboutissement.

Le 2 décembre 1851, il tente d'organiser une résistance au coup d'Etat, mais le peuple de Paris, lassé des barricades et des massacres, ne le suit pas. Le 4 décembre, tout espoir s'écroule, les troupes ont ouvert le feu sur la foule sans soulever de révolte. Hugo, muni d'un faux passeport, prend le train pour Bruxelles. le 21 décembre par plébiscite (sorte de référendum) le peuple approuve le coup d'Etat. Le 9 janvier 1852, Hugo est expulsé de France « pour cause de sûreté générale ». Il se donne pour première tâche une lutte contre l'usurpateur et rédige le récit des événements intitulé L'histoire d'un Crime. Mais les éditeurs londoniens n'osent pas le publier. Hugo écrit alors Napoléon-le-Petit. qui parait à Londres le 5 août. Il s'embarque pour l'île Jersey où il écrit les Châtiments. Mais en 1855 le gouverneur de l'Ile expulse Victor Hugo qui s'installe à Guernesey.

En 1859, il refuse avec dédain l'amnistie accordée par Napoléon III : « Quand la liberté rentrera, je rentrerai ». Il ne rentrera que le 5 septembre 1870 après la défaite de Sedan et la proclamation de la 3ème République.


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MessagePosté le: Mer 17 Nov - 09:44 (2010)    Sujet du message: Publicité

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général Mellinet
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MessagePosté le: Mer 17 Nov - 15:09 (2010)    Sujet du message: Victor Hugo et Napoléon III Répondre en citant

Bonjour ! Shocked

Voici ce que m'inspire ce sujet :

Victor Hugo : un grand écrivain et un sublime poète. Mais en tant qu'homme privé et homme politique : une véritable crapule (et tourneur de table à ses heures perdues), devenu orgueilleux de par ses succès...

Je vous pose alors ces deux petites questions :
Trouvez-vous encore normal que Victor Hugo repose sous les marbres et les fastes du Panthéon ? 
Tandis que Napoléon III, qui a ouvert la France à la modernité et a eu une politique sociale innovante, n'a même pas eu le droit à la moindre cérémonie de la part des autorités françaises, et de surcroit n'a pu être enterré dans son pays ?
Dans d'autres nations on réhabilite la mémoire des souverains déchus (En Italie avec le retour d'exil de la famille royale de Savoie en 2002, ou encore en Bulgarie avec celui de Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha en 1996... Entre autres exemples..). En France on ne fait rien cependant. Il faut croire que nous avons alors la rancune tenace, non ?


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MessagePosté le: Mer 17 Nov - 22:29 (2010)    Sujet du message: Victor Hugo et Napoléon III Répondre en citant

La guerre de " 70 " est sans doute passé par là avec la défaite de Sedan .


Mais il est des noms qui sonne bien , comme ( rue ) Solferino , par exemple Laughing


Résumer le neveu à ces seules batailles est un peu réducteur , c'est vrai .

C'est un homme assez méconnu finalement .

La période qui couvre son avènement est très riche cependant et mérite sans doute que l'on s'y attarde .

Vous semblez maitriser le sujet ( autant que les bleus et les gris , il me semble ) , il ne tient qu'à nous d'en profiter , si j'ose dire ...


Cordialement

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MessagePosté le: Jeu 18 Nov - 15:34 (2010)    Sujet du message: Victor Hugo et Napoléon III Répondre en citant

marbeuf a écrit:
La guerre de " 70 " est sans doute passé par là avec la défaite de Sedan .










Bonjour ! Shocked Et surtout la IIIème République mon cher !



La guerre de 1870 est avant tout la faute de ces "faux-culs" ( ) de parlementaires (toutes tendances politiques confondues évidemment...) qui ont poussé à celle-ci tout en refusant à l'Empereur les crédits nécessaires à la modernisation de l'outil militaire français !
Ces mêmes parlementaires qui, aprés avoir refusé les crédits militaires donc, ont poussé Napoléon III à la guerre contre la Prusse et on profité d'une défaite programmée pour prendre le pouvoir sur les cadavres de nos braves !!! Merci donc à messieurs Thiers et Gambetta au passage !

Je crois qu'il est utile de rappeler içi quelques oeuvres essentielles que l'on doit à Napoléon III :
-L'assainissement des logements insalubres;
-Le droit de grève;
-Etablissement de l'égalité de la valeur des témoignages entre employés et employeurs;
-Organisation des Conseils de Prud'homme;
-Institution de la caisse Nationale des Retraites;
-L'ensemencement des Landes, des Dombes et le défrichement de la Sologne financés par la cassette personnelle de Napoléon III;
-Institution des Chambres Consultatives d'Agriculture;
-Développement de la gratuité des écoles d'agronomie, des cours d'enseignement agricole dans le écoles normales;
-Lancement de l'enseignement secondaire pour les filles;
-Création des Caisses des Ecoles pour les élèves nécessiteux;
-Abolition de la "contrainte par corps" (qui faisait jusqu'alors du malheureux débiteur l'esclave de son créancier); ...etc, etc...
Si c'est cela un dictateur, comme le prétendirent Victor Hugo puis les instituteurs républicains jusqu'à récemment, alors je souhaite que le monde se remplisse de dictateurs comme Napoléon III. Le monde se porterait alors peut-être mieux.
Cela n'engage que moi bien-sûr, mais j'estime que Napoléon III fut le plus grand des souverains Français : il nous à légué un héritage inestimable. Mais il est pour moi tout aussi évident que Napoléon III n'aurait pas pu faire ce qu'il à fait sans instaurer une dictature (au sens romain du terme j'entends bien...). Quand je dis qu'il fut un dictateur, ce n'est nullement péjoratif, c'est une constatation (et encore le fut-il durant la première décennie. Car comme chacun sait, l'Empire a évolué vers un parlementarisme "à l'Anglaise" par la suite...).
Ajoutons à cela que le régime de Napoléon III fut toujours très populaire. Il n'y a qu'à consulter les résultats des différents plébiscites organisés sous son règne pour s'en convaincre !
Après la déchéance de Napoléon III et de sa dynastie, la IIIème République est arrivée par derrière grâce à un "putch" !
Mais au fait : Quand est-ce que cette même République a-t-elle été approuvée par le peuple au passage ?
Pas avant 1944 si je ne m'abuse... (lors du référendum proposé par le général de Gaulle) : 
A la question, "Souhaitez-vous le maintien des anciennes institutions ?", le peuple a répondu NON à 90% !!!
Il aurait fallu alors commencer par là dès 1871, non ? 
Mais (comme chacun sait) il n'y a pas plus démocrates que les "Républicains"... Mr. Green

Amitiés bonapartistes ! Shocked


Et vive l'Empereur bien-sûr !


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MessagePosté le: Jeu 18 Nov - 22:12 (2010)    Sujet du message: Victor Hugo et Napoléon III Répondre en citant

Bonsoir général Millet, avez-vous lu le livre d'Alain Gouttman "la guerre du Mexique, le mirage américain de Napoléon III" et si oui quelle est votre opinion en tant que spécialiste du Second Empire ?

Je possède "la guerre de Crimée" du même auteur et j'avais très apprécié ce bouquin.
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MessagePosté le: Sam 20 Nov - 12:00 (2010)    Sujet du message: Victor Hugo et Napoléon III Répondre en citant

scots greys a écrit:
Bonsoir général Millet, avez-vous lu le livre d'Alain Gouttman "la guerre du Mexique, le mirage américain de Napoléon III" et si oui quelle est votre opinion en tant que spécialiste du Second Empire ? Je possède "la guerre de Crimée" du même auteur et j'avais très apprécié ce bouquin.



Je te salue brave sergent Ewart ! Shocked

Oui, j'ai en ma possession ces deux ouvrages écrits par LE spécialiste des questions militaires durant la période du Second Empire.
Celui sur l'expédition du Mexique, en particulier, est très bon et remarquablement bien écrit. L'auteur insiste avec brio sur les aspects politiques, militaires et financiers de cette campagne. On y constate avec quelle légèreté Napoléon III s'est engagé au Mexique, prenant pour argent comptant les affirmations "abracadabrantesques" d'une poignée d'exilés mexicains (lesquels ont été malheureusement "introduits" à la Cour des Tuileries par son épouse Eugénie...), ainsi que la manière dont a agi une poignée de conspirateurs français et mexicains ("en coulisses, dans la sphère discrète des affaires privées, entre personnes ne représentant qu'elles-mêmes, sans compte à rendre à quiconque, ni intérêt supérieur à défendre"...).
Gouttman nous dit aussi comment l'Empereur des Français "poussa" le jeune archiduc Maximilien d'Habsbourg à accepter le trône du Mexique et nous démontre comment, depuis l'époque de Simon Bolivar, les peuples d'Amérique latine ne voulaient plus d'une intervention européenne sur leur continent (cette intervention française en terre mexicaine sera d'ailleurs la dernière tentative européenne pour reprendre pied sur le sol des Amériques...).
La versatilité du caractère de Maximilien de Habsbourg y est également mise en relief, ainsi que la tâche, ingrate et difficile du pauvre maréchal Bazaine, les foucades de ce même Maximilien, la mauvaise foi des "alliés" mexicains et la jalousie de certains officiers français.
La fin tragique de l'éphémère Empereur du Mexique à l'issu du siège de Quérétaro en 1867 (dont la reddition de la garnison impériale est enveloppée encore aujourd'hui d'un certain mystère selon l'auteur...) et le chagrin de sa jeune épouse qui en résulta (et dont l'acharnement, proche de l'hystérie, à vouloir sauver le trône de son époux arracha même des larmes à Napoléon III...) y sont bien-sûr analysés sous tous les angles...


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MessagePosté le: Sam 20 Nov - 12:05 (2010)    Sujet du message: Victor Hugo et Napoléon III Répondre en citant

J'ajoute qu'il existe aussi un autre ouvrage sur cette malheureuse guerre du Mexique, si cela vous intéresse :




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MessagePosté le: Sam 20 Nov - 12:46 (2010)    Sujet du message: Victor Hugo et Napoléon III Répondre en citant

Merci général pour tes infos, je pense m'offrir le bouquin de Gouttman. Quant au second j'ai pas mal de livres de chez Economica mais là quand j'ai vu le prix pour seulement 194 pages celà m'a reffroidi...
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marbeuf
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MessagePosté le: Sam 20 Nov - 22:40 (2010)    Sujet du message: Victor Hugo et Napoléon III Répondre en citant

Bonjour Général ,

Avant que d'anéantir définitivement la résistance républicaine de ces lieux ( encore que Wink ) , j'aimerai savoir ce que vous pensez de ce consternant et dramatique évènement , j'ai nommé " la fusillade des Boulevards " , ce jour funeste du 4 Décembre 1851 .

Le 18 Brumaire , l'oncle lui au moins , l'avait emporté sans faire couler le sang ...

Et je ne vous parle pas des " colonnes mobiles " et autres Commissions mixtes , terrible répression envers les soulèvements républicains ...

Quand au plébiscite des 20 et 21 Décembre , il se déroule dans un pays où 30 départements sont en état de siège , où les journaux d'opposition sont interdits et où les adversaires du pouvoir ( les plus connus ayant été expulsés !) n'ont aucun moyen de faire campagne .

Oui , pour le coup , il est plus aisé d'établir une dictature ( toujours au sens romain du terme .. )

Un "résistant " républicain Wink


Cordialement

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MessagePosté le: Dim 21 Nov - 01:27 (2010)    Sujet du message: Victor Hugo et Napoléon III Répondre en citant

marbeuf a écrit:
Bonjour Général , Avant que d'anéantir définitivement la résistance républicaine de ces lieux ( encore que Wink ) , j'aimerai savoir ce que vous pensez de ce consternant et dramatique évènement , j'ai nommé " la fusillade des Boulevards " , ce jour funeste du 4 Décembre 1851 .Le 18 Brumaire , l'oncle lui au moins , l'avait emporté sans faire couler le sang ...Et je ne vous parle pas des " colonnes mobiles " et autres Commissions mixtes , terrible répression envers les soulèvements républicains ...Quand au plébiscite des 20 et 21 Décembre , il se déroule dans un pays où 30 départements sont en état de siège , où les journaux d'opposition sont interdits et où les adversaires du pouvoir ( les plus connus ayant été expulsés !) n'ont aucun moyen de faire campagne .Oui , pour le coup , il est plus aisé d'établir une dictature ( toujours au sens romain du terme .. ) Un "résistant " républicain Wink Cordialement Shocked







































Bonsoir mon brave !

La "fusillade des Boulevards" l'après-midi du 4 décembre 1851, évènement certes sanguinaire, est plus le fait de la troupe que de Louis-Napoléon Bonaparte en personne : pris de panique ou de fureur (on ne le saura peut-être jamais après tout...), les soldats commençèrent à massacrer les gens dans la rue (qu'on s'imagine: lors des combats contre les quelques milliers d'insurgés qui avaient pris les armes, les Parisiens se promenaient tranquillement dans ces quartiers !...). Le résultat fut la mort d'enfants, de femmes et de vieillards innocents. Cet évènement est la seule culpabilité du régime et Victor Hugo en profita pour écrire ses "Châtiments"...
Mais est-ce que ce drame est à mettre réellement au compte du futur Napoléon III ? J'ai le désagréable sentiment de constater que c'est ce que vous affirmez en tout cas dans vos propos mon cher. Permettez-moi alors de vous dire que je trouve le procédé plutôt malhonnête, pour ne pas dire indigne...
Le Prince-Président avait certes donné carte blanche à son ministre de l'Intérieur (Morny), et celui-là avait tiré de Louis-Napoléon la permission de repousser les révoltes avec l'armée. Mais j'ai pour ma part toujours entendu dire que Napoléon III avait demandé de ne faire verser aucune goutte de sang, ce qui tenderait à prouver son humanité. Cette demande ne fut cependant pas observée par la troupe et on connaît alors le résultat...
On peut donc en déduire que Louis-Napoléon fut en partie responsable, mais seulement en tant qu'instigateur. Il lui était facile de demander que "pas une goutte de sang ne soit versée", mais vous admettrez avec moi que c'était bien utopique et irréalisable dans les faits.
C'est la troupe, et la troupe SEULE, qui a commis le massacre, n'obéissant pas aux ordres des officiers et du Prince-Président. Et pourtant le coup d'Etat fut très peu sanglant à Paris. Il y eut 400 morts au total dans la capitale. C'est beaucoup, oui, mais moins que pour les coups de force de Charles X et Louis-Philippe !!!
Il ne faut pas uniquement analyser l'évènement sous le seul angle des partisans de Victor Hugo comme vous le faites mon cher marbeuf. Il faut aussi lire par exemple les pages que Raphaël Lahlou consacre dans son ouvrage ("Le coup d'Etat du 2 Décembre 1851". Collection Histoires de France, Paris, Editions Bernard Giovanangeli...) aux sanglantes journées de juin 1848, ensuite mesurer la profonde crise constitutionnelle de 1851, et enfin l'ambiguïté des forces politiques, pour comprendre avec exactitude le caractère inéluctable du drame de décembre 1851, dont l'auteur par ailleurs ne cache rien...
En effet, mon cher compatriote "républicain", que dire des répressions sanglantes de juin 1848, faisant suite à la dissolution des fameux "Ateliers Nationaux" créés par un certain Louis Blanc pour donner du travail à plus de 100 000 ouvriers au chômage ?! Il me semble pour ma part que cette répression largement plus sanglante a été orchestrée par le Ministre de la Guerre d'alors, un dénommé Cavaignac, général issu d'une lignée républicaine intransigeante ( Mr. Green   ). Le "gus" va faire donner du canon (là où les travailleurs s'attendaient à avoir du plomb... ).... Les ouvriers parisiens répondirent alors à l'Assemblée par l'insurrection armée radicale. Les combats durèrent cinq jours et devinrent, avec une sauvage répression, une véritable boucherie (sans commune mesure avec celle qui suivit le coup d'état du 2 décembre 1851) !!! Le général Cavaignac, face à plusieurs centaines de barricades, agira en véritable dictateur républicain !!! Un certain Victor Hugo (oui oui : on parle bien du même ! On reste donc dans le sujet par la même occasion... ), se jettera dans la bataille de manière fougueuse contre les ouvriers et ce, au nom de la "légalité républicaine" !
Parlons chiffres à présent mon brave, histoire de comparer un peu les deux "types" de répression (en l'occurence, la votre, que je qualifierais de "républicaine", et la mienne, désignée par l'adjectif "bonapartiste"... ) :
Les Républicains évoquent toujours la répression "féroce" qui suivit le coup d'état et laissent entendre qu'il y aurait eu des milliers de morts. C'est faux !!! 
Pour exemple, jetons un coup d'oeil sur la "Commission mixte du Var", laquelle fut chargée de la terrible "répression" dans ce département en décembre 1851 (là où l'agitation fut la plus violente en l'occurence...) :
En exploitant les sources les plus fiables, les historiens les plus favorables à l'insurrection arrivent au chiffre de 25 tués lors de la bataille d'Aups (département du Var)... 
Ces mêmes historiens retrouvent la trace de seulement 7 exécutions sommaires perpétrées par les troupes du régiment de ligne qui, partant de Toulon, reconquit le département insurgé.
La Commission mixte du Var a eu à connaitre près de 3 147 cas au total . Voila quelles furent ses décisions :

-Renvoi en Conseil de guerre (catégorie 1) : ……………………25
-Transport à Cayenne (catégorie 2) ……………………………………5
-Tansport en Algérie (catégorie 3) :
-En résidence forcée (3+) :……………………………………168
-En résidence libre (3-) : ……………………………………622
-Expulsion (catégorie 4) : ………………………………………………163
-Eloignement (catégorie 5) : ……………………………………………158
-Internement (catégorie 6) : ……………………………………506
-Renvoi en correctionnelle (catégorie 7) : ……………………144
-Liberté sous surveillance (catégorie 8) : ………………………667
-Mise en liberté (catégorie 9) : …………………………………689

La Cour d'assises du Var eut à juger les chefs de l'insurrection dans le département, ainsi que les assasins d'un gendarme ... Elle prononça 5 acquittements et diverses peines plus ou moins longues.
(mais même les assassins du gendarme assassiné virent par la suite leur peine commuée...). Au final, sur près de 3 100 prévenus dans le Var, 1 600 seront exilés...
En ce qui concerne le bilan général du coup d'état bonapartiste, à Paris, les combats de décembre 1851 firent près de 400 victimes civiles tout au plus. Toutefois, si l’on y retrouvait deux tiers d’ouvriers, l’on y retrouvait aussi il est vrai une centaine d’innocents, principalement fauchés par l'erreur de l'après midi du 4 décembre 1851. Du côté de l’armée, par contre, l’on ne comptait qu’une trentaine de décès pour environ 180 blessés.                        
En province, par contre, plus de 26 000 personnes furent arrêtées (principalement originaires du Sud-Est.). Ainsi, 15 000 d’entre elles furent punies de peines de prison, 9 500 furent condamnées à la déportation en Algérie, et environ 200 furent incarcérées au bagne de Cayenne. Bonaparte décida cependant de faire jouer la grâce présidentielle (il y en aura environ 8 400 en tout, dont 4 000 par le Président lui-même et 3 400 par le commissaire spécial Quentin-Bauchart, un ami proche de Lamartine...), bouleversé par la centaine d’innocents parisiens tués lors des journées de décembre. Ainsi, plusieurs milliers d’insurgés furent amnistiés par le Président de la République. Cela, personne ne peut le contester...                       
Passons maintenant au bilan des pertes subies par la classe ouvrière durant les émeutes de juin 1848 (et les chiffres concernent la capitale seule, bien-sûr...) : Selon la préfecture de police de Paris, il y eut pas moins de 1 460 morts ! Certaines estimations parlent de 12 à 16 000 morts !!! Il faut plus probablement ramener le chiffre exact à 5 ou 6 000, en y comptant les 1 500 fusillés sommairement pendant ou après les combats de rues. Les mêmes variations concernent les arrestations et les déportations : on passe ainsi d'un peu plus de 11 000 arrestations à des chiffres plus élevés qui vont de 15 000 à 25 000. Les déportations, faites ponctuellement sur plusieurs mois, furent probablement de plus de 5 000 (on en enregistre environ 4 350 en Algérie...).                      
Bref, pour conclure, le 2 décembre 1851 trouve son origine dans l'élan révolutionnaire de 1848 et les journées de juin. Pour comprendre l'acte final, il faut cerner les conditions politiques et sociales du temps et ne pas s'arrêter uniquement à la phase "répressive" du coup d'Etat ! 
On pourra cependant y revenir si vous le souhaitez...                       
 
Amitiés bonapartistes ! Shocked                        

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Dernière édition par général Mellinet le Dim 21 Nov - 12:11 (2010); édité 3 fois
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MessagePosté le: Dim 21 Nov - 02:03 (2010)    Sujet du message: Victor Hugo et Napoléon III Répondre en citant

Bonsoir (et bonne nuit par la même occasion...)

Une petite vidéo dans laquelle je laisse la parole à mon ami Alain Decaux :

http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/3750160001/alain-decaux-…


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MessagePosté le: Dim 21 Nov - 08:14 (2010)    Sujet du message: Victor Hugo et Napoléon III Répondre en citant

Bonjour à tous,

Maupas dans un permier rapport du 15 décembre 1851 parle de 183 tués et 115 blessés, sans inclure les soldats. Dans un second le 25, il donna 215 tués et 119 blessés et, pour les pertes militaires 26 tués et 184 blessés. L'ambassadeur de Grande-Bretagne évoquait 2000 victimes...

Source :"Napoléon III" d'Eric Anceau.
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MessagePosté le: Dim 21 Nov - 12:10 (2010)    Sujet du message: Victor Hugo et Napoléon III Répondre en citant

Bonjour ! Shocked

Les chiffres que vous avancez semblent en effet exacts mon brave (j'en ai de semblables sous les yeux dans le n° 11 de la revue trimestrielle "Napoléon III, le magazine du Second Empire"...).

Je crois bon de faire un petit résumé sur cette dramatique "fusillade des Boulevards" qui s'est produite ce 4 décembre 1851 :

"Morny, par tactique, laisse dans la nuit du 3 décembre la situation se dégrader. Dans la matinée du 4, près de 80 barricades sont construites, à grande vitesse, entre Montparnasse et la rue du Temple. Pour la première fois, les bourgeois et les ouvriers, en début d'après-midi, se rejoignent sur les barricades, essentiellement celles de la rue Saint-Denis. Vers 17h40, le 4 décembre donc, un mouvement de panique s'empare des badauds sur le boulevard des Italiens. Les boutiques sont fermées et chacun se plaint de n'être pas protégé. La troupe arrive alors, ce qui dans un premier temps rassure tout le monde. Eclate un coup de feu, qui touche un trompette du général Canrobert. C'est à ce moment que les troupes de ce dernier fusillent à vue les curieux, et surtout tirent au canon ! Pour l'historien Victor Pierre (un Républicain...), des coups de feu ont cependant bien été tirés sur la troupe, faubourg Poissonnière notamment !!!".
Il y aura au moins 37 tués. Des combats sporadiques continueront pendant quelques heures encore, mais une à une les barricades seront emportées par la troupe. Il n'y aura plus ensuite que quelques spasmes.
Maupas et ses services de la préfecture de police parlent donc en effet de 215 à 229 victimes pour l'ensemble du drame qui s'est joué ce jour-là (les "boulevards" comptant une centaine de tués...). D'après les spécialistes les plus récents, à Paris, le nombre des morts du coup d'Etat peut être compris entre 300 et 400. L'armée a eu pour sa part 30 morts et 180 blessés.
Ainsi s'achève à Paris le coup d'Etat de Louis-Napoléon, entre les 4 et 5 décembre donc. Les ouvriers contribuent ensuite à démolir les barricades et le 8, le Prince-Président félicitera officiellement ces derniers de leur attitude...


Amitiés bonapartistes ! Shocked

Théâtre des évènements parisiens les 2, 3 et 4 décembre 1851 :

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MessagePosté le: Dim 21 Nov - 12:20 (2010)    Sujet du message: Victor Hugo et Napoléon III Répondre en citant

On est donc loin, très loin même, des 5 à 6 000 victimes tombées sous la mitraille du général Cavaignac lors des sanglantes journées de juin 1848 !!!





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MessagePosté le: Dim 21 Nov - 15:59 (2010)    Sujet du message: Victor Hugo et Napoléon III Répondre en citant

Bonjour général ,

Je constate avec délices que mon post a eu le mérite de lancer un débat et par la même cette rubrique . Laughing

Je ne contesterai pas vos chiffres , vous avez infiniment plus de connaissances sur cette période que moi .
Votre démonstration était fort brillante et argumentée . Toutefois , elle ne m'aura pas entièrement convaincu , mais suis-je réellement objectif ? Wink

Il semblerait que la responsabilité de cette fusillade en incombe en premier lieu à la troupe qui aurait manqué de sang froid ou à Morny qui aurait laissé la situation se dégrader ..soit .

Napoléon III aura su en tirer parti sans doutes et retourner la situation à son avantage .

Il n'en demeure pas moins que le Prince Président saura infléchir , bon gré , mal gré , sa politique par la suite , et il faut lui rendre grâce , même pour le fervent républicain que je suis . Wink

Cordialement .

Shocked









Vous avez , sans détours , largement répondu à ma question
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 02:20 (2017)    Sujet du message: Victor Hugo et Napoléon III

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