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Victoire française à Boulogne : 4 août 1801

 
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Maréchal Lannes
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MessagePosté le: Sam 16 Oct - 11:51 (2010)    Sujet du message: Victoire française à Boulogne : 4 août 1801 Répondre en citant

Extrait du Latouche-Tréville de l'amiral Rémi Monaque :

"En Angleterre, les armements entrepris dans les ports français de la Manche et de la Mer du Nord et les débuts d'une concentration de bateaux plats à Boulogne n'étaient pas pas passés inaperçus. Le gouvernement anglais avait pris toute une série de mesures pour s'opposer à un éventuel débarquement: renforcement de l'effectif des troupes régulières, levée d'un corps de volontaires et mise en place de milices spéciales de défense côtière, armement des côtes, renforcement de la flotte affectée à la défense côtière et, enfin, construction d'une flottille capable de s'opposer à celle des Français. Mais, en dépit de toutes ces précautions et de l'ampleur modeste des préparatifs français, l'inquiétude grandissait dans l'opinion publique. Le ministère Addington ne trouva rien de mieux pour la dissiper que de nommer Nelson au commandement de l'escadre de défense rassemblée sur la côte du Pas-de-Calais. Le vainqueur d'Aboukir venait de remporter à Copenhague un glorieux combat contre la flotte danoise, portant ainsi un coup décisif à la Ligue des Neutres formée de la Russie, du Danemark et de la Suède. De retour en Angleterre le 1er juillet, il n'aspirait qu'à prendre un peu de repos dans son manoir de Merton-Place, près de Londres, auprès de lady Hamilton et de leur fille Horatia âgée de quelques mois. Il fallut toute la persuasion de Jervis, premier lord de l'Amirauté, et de son ami Troubridge, pour le convaincre d'accepter cette nouvelle mission. Maugréant et pestant contre son mauvais sort, Nelson se retrouve le 27 juillet à la tête d'une trentaine de frégates et de bâtiments légers, d'une flottille destinée à la protection du littoral, et de toutes les défenses de terre entre Oxfordness et Beachy Head. On notera ici le génie des Britanniques pour trouver d'emblée une organisation du commandement simple et efficace. "Keep it simple and stupid", dit-on de nos jours dans la Royal Navy. La méthode "Kiss" était déjà utilisée en 1801 ! Nelson met son pavillon sur la frégate Medusa. Si l'on croit Jurien de la Gravière, ses premières dispositions furent purement défensives. L'amiral anglais imaginait que l'attaque venue de Boulogne serait doublée par une seconde vague partie d'Ostende et de Dunkerque. Il pensait que la tentative française serait déclenchée par temps calme. Sa propre flottille se porterait alors au-devant des Français en attendant que le vent permette aux forces de haute mer, frégates et bricks, d'intervenir. C'est semble-t-il sous la pression de la presse, "interprète exigeante de l'opinion publique", note Jurien de La Gravière, que l'Amirauté ordonna à Nelson de détruire la flotte française dans ses ports. Ce mode d'action convenait d'ailleurs fort bien au baron du Nil qui, après avoir visité les défenses de Harwich le 9 août et les avoir trouvées bien faibles, concluait : "Notre vraie défense est donc tout près des ports ennemis [...] et je crois être en mesure de détruire nos adversaires avant qu'ils aient parcouru six milles en mer." Nelson ne semble pas avoir vraiment cru à une possibilité d'invasion à partir de Boulogne où aucun rassemblement important de troupes n'était signalé. Il redoutait davantage un menace venue de Flessingue, port beaucoup plus difficile à surveiller.


LE BOMBARDEMENT DU 4 AOUT

Le 28 juillet, Latouche fait part au ministre de sa conviction que les ports de Calais et de Boulogne vont être prochainement bombardés. Il a reçu de multiples avis annonçant cette attaque. Il souhaite que l'on puisse transformer un certain nombre de bateaux canonniers en bateaux bombardiers en les équipant de mortiers à longue portée. Cette mesure permettrait de maintenir l'ennemi à distance et lui interdirait de lancer des bombes à l'intérieur du port. Les nouvelles batteries mises en place par l'armée de terre sont prêtes à faire feu. Le 29, l'amiral évoque pour la première fois, dans une lettre à Bertin, la présence de Nelson à la tête des forces ennemies. La nouvelle n'a donc mis que deux jours à lui parvenir. Il y a déjà 30 navires anglais de toutes forces entre Calais et Etaples. Tout sera fait pour recevoir comme il convient
"M. le baron du Nil". Latouche compte mettre sur rade huit chaloupes canonnières, six bateaux canonniers, cinq bateaux bombardiers. Cette ligne formée à 600 toises (1 170 mètres) de l'entrée du port et de la côte sera formidable, estime-t-il, et donnera de la besogne à l'amiral Nelson. L'amiral a eu vent des travaux défensifs faits par les Anglais à Douvres. "Une chose certaine, commente-t-il, c'est qu'ils ont peur." Le 31 juillet, la ligne de défense est mise sur rade. Elle sera renforcée le 2 août par quatre bateaux canonniers, et chaque navire recevra un complément d'équipage de dix hommes. L'ensemble des bâtiments sur rade est placé sous le commandement du capitaine de vaisseau Pévrieux. Ce même jour, Latouche reçoit la visite de Savary, qu'il a déjà rencontré à Brest quelques mois plus tôt. L-aide de camp du premier consul est venu inspecter les défenses du Pas-de-Calais, car le gouvernement s'attend aussi à une attaque imminente. Savary se montre étonné du peu de pouvoirs et du peu de moyens dont dispose l'amiral. Il fait aussitôt rallier Boulogne par 2 400 hommes d'infanterie et un régiment de troupes à cheval. Ces 3 000 hommes se tiendront prêts à se porter sur la gauche ou sur la droite dans le cas où l'ennemi tenterait un débarquement. Savary demande aussi que soient construits des réverbères, mais Latouche ne dispose d'aucun fonds. L'amiral donne cependant l'ordre d'exécution sans savoir qui paiera les travaux. Il rend compte au ministre du passage de l'envoyé de Bonaparte, et conclut son exposé en soulignant une fois de plus l'extrême précarité de sa situation : "Je termine en vous priant de venir à mon secours ou de me faire remplacer, je ne veux pas perdre ma réputation et le fruit de 50 années de bons et honorables services." Latouche sait trop bien qu'en cas d'échec, il sera tenu pour entièrement responsable.

Le 2 août, l'amiral est à son poste de commandement de la Tour d'ordre. Il observe les mouvements de la flotte anglaise qui vient d'être renforcée par plusieurs chaloupes canonnières. Une belle frégate se rapproche de la côte. Elle arbore à son mât de misaine un pavillon de vice-amiral de l'escadre bleue. Nelson a donc pris personnellement le commandement de la station devant Boulogne. Il se tient à une portée et demie de canon de la ligne française pour une observation attentive de nos forces. Latouche prend aussitôt la plume pour signaler au ministre l'arrivée du grand homme. Nelson, de son côté, rédige un compte rendu pour Jervis. Il estime fort justement que la ligne d'embossage française a pour rôle de renforcer les défenses. Il note l'installation de nouvelles batteries de canons et de mortiers de chaque côté de la ville.

Le 3 août, à 5 heures du matin, plusieurs navires à trois mâts venant des Dunes rallient la frégate de Nelson. Ce sont des bombardes qui s'approchent de la ligne française et ouvrent le feu. Leurs bombes tombent au-delà de la ligne sans causer de dégâts. Seuls deux bateaux bombardiers situés à gauche de la formation ont riposté, et leurs coups ont été bien dirigés. La frégate et les bombardiers se sont alors écartées. La station ennemie est maintenant composée de 25 navires dont 6 bombardes. Le vaisseau de 74 qui en faisait partie a appareillé la veille vers le nord. Un compte rendu de Nelson à Jervis confirme le récit de Latouche à Forfait. Les Anglais n'ont tiré qu'une douzaine de coups voulant seulement vérifier que leurs bombardes étaient en mesure d'atteindre la ligne française.

C'est le lendemain, 4 août, que Nelson va déclencher toute le puissance de feu de sa force de bombardement. Dès 5 heures et demie du matin, le vent soufflant du nord-est, cinq bombardes, disposant chacune de deux mortiers à plaque de grande portée, se placent à portée de tir de la ligne française et ouvrent le feu. Restées d'abord sous voiles, elles subissent l'action du courant de jusant qui les drosse vers le sud. A dix heures, elles mouillent à quelque 3 600 mètres de la ligne française et font pleuvoir un feu intense en direction de la flottille. 848 bombes sont tirées. Elles tombent heureusement, pour la plupart, entre les bâtiments français et la grève. Le bateau canonnier n°6 reçoit une bombe et coule sans avoir à déplorer ni mort ni blessé. Une chaloupe canonnière, la
Méchante, percée par une bombe, a le temps de gagner la côte et de s'y échouer. Un bateau bombardier n'a pas résisté au départ des coups de son mortier et a coulé, ses membrures disjointes. La riposte française est très vite arrêtée, car les boulets des canonnières ne peuvent atteindre les bombardes. Il en est de même pour les projectiles des bateaux bombardiers qui, de toute manière, dès leur troisième coup sont hors d'état de tirer et "crachent leur étoupe de toute part." L'infériorité de la poudre française est manifeste ; de même il apparaît que l'installation tardive de mortiers sur les bateaux canonniers est un échec. Pendant toute la journée, "la ligne française, écrit Latouche, reçoit le feu de l'ennemi avec un silence aussi imposant qu'il est respectable, puisque fermes à leur postes [nos navires] servent de blanc à l'ennemi sans sourciller." Savary est témoin du courage imperturbable des marins et soldats de la flottille, qui, par une chance extraordinaire, n'auront à déplorer ni un mort ni un blessé. Latouche vantera plus tard "la vaillance de ces braves gens qui pendant 16 heures ont supporté une pluie de bombes sans sourciller et qui jouaient aux cartes et buvaient de la bière sur leurs bateaux sous les éclats de ses redoutables projectiles." En fin de journée, les bombardes anglaises s'éloignent, soutes vides, et rallient la flotte de Nelson (23 navires de guerre dont un vaisseau de 50), mouillée hors de portée de notre artillerie. Le compte rendu de l'amiral anglais à Jervis indique correctement les pertes infligées à la flottille française ("Two large floating batteries are sunk, and one large gun-brick cut her cables and ran on shore, where she lies abandoned") et fait état de dégâts inconnus — en fait nuls — à l'intérieur des jetées. Seul le post scriptum qui mentionne la destruction d'un ou deux bateaux canonniers supplémentaires est inexact. Les Anglais ne déplorent que de très faibles pertes. Un article du Morning Chronicle du samedi 8 août, fournissant les déclarations d'un témoin qui semble digne de foi, indique qu'une seule bombe française a fait mouche, endommageant les agrès d'une bombarde, et que les seules pertes humaines, un tué et quatre blessés, ont été causées par l'explosion d'une bombe dans son mortier. Nelson ne mentionne que la blessure à la cuisse de Fyers, capitaine d'une bombarde."

A ce stade de la bataille, d'aucuns peuvent légitimement penser qu'on est comme dans la comédie Beaucoup de bruit pour rien, signée Shakespeare... Mr. Green Mais l'amiral Monaque poursuit :

"L'amiral anglais espérait sans doute que, soumise à un déluge de feu, la flottille française se débanderait et chercherait refuge à l'intérieur du port dès que le niveau de la mer permettrait d'y entrer. Les bombardes auraient pu alors se rapprocher de la côte et ravager commodément les installations portuaires. Mais Latouche, au soir du combat, ne profite pas de la marée du soir pour ordonner la retraite, il décide, au contraire, de maintenir sur rade la flottille et de la renforcer dès que possible. Mesurant la faiblesse des bateaux bombardiers, il souhaite équiper de mortiers six robustes navires marchands présents au port et les inclure dans la ligne d'embossage. Placés sur les flancs de la ligne, 600 mètres en avant, ces bâtiments pourraient riposter avec avantage aux bombardes anglaises. Ce projet séduisant se heurtera, on le verra, à divers contretemps, mais, dès le lendemain 5 août, les unités coulées — elles seront toutes relevées — ou avariées ont été remplacées dans la ligne.

Les jours suivant la bataille, de nouveaux détails sont donnés par Latouche au ministre sur le déroulement du combat. Il estime que Nelson, qui disposait d'un grand nombre de bâtiments, aurait pu hasarder une attaque générale au canon sur la ligne, mais alors, soumis au feu des batteries côtières, il aurait dû partager les dangers. L'amiral note l'excellent comportement de Pévrieux et des lieutenants de vaisseau Cordouan et Bastard, commandants respectivement à droite et à gauche de la ligne. La
Méchante a eu beaucoup de chance. La bombe qui l'a transpercée est tombée à côté d'un homme occupé à la confection des gargousses ! Évacuée par son équipage, elle a été conduite à la côte, coulant bas, par Margolé, son commandant[...]

Latouche s'exprime longuement sur la passivité de la flottille pendant toute la durée du combat. Il a bien envisagé de faire appareiller les dix bateaux canonniers sous les ordres de Mirales et de leur faire attaquer les bombardes, mais y a renoncé après avoir pris l'avis de l'officier espagnol. Les vents de terre auraient pu pousser nos unités sur la ligne ennemie, et elles n'auraient pu regagner la côte que bord sur bord, en offrant leur travers sans pouvoir se servir de leurs canons. D'ailleurs, la force du courant les prenant par le pied, leur aurait procuré une dérive qu'ils n'auraient jamais pu redresser par la force de leurs rames. Et Latouche de regretter, une fois de plus, de n'avoir pas disposé de quelques chaloupes espagnoles ou des bricks, aperçus au Havre, et qu'il avait demandés en vain pour la flottille.
"Les bateaux plats peuvent se défendre, mais ne comptez pas qu'ils puissent attaquer avec succès, écrit-il à Forfait." Par ailleurs, si les boulets creux n'ont pas été utilisés par les Français, c'est en raison d'un trop grand éloignement de la ligne anglaise, leurs consignes de tir prévoyant une distance inférieure à 1 600 mètres. Les Anglais, pour leur part, ont utilisé des bombes d'un modèle spécial, possédant une double enveloppe métallique qui rend leurs éclats plus dangereux. Une centaine de ces engins, non explosés, ont été portés dans les magasins de Boulogne.


DANS L'ATTENTE D'UNE NOUVELLE ATTAQUE

Pour Latouche, il ne fait aucun doute que l'adversaire ne se contentera pas de l'action du 4 août, même si les gazettes anglaises l'ont présentée comme une brillante réussite.
"Nelson, écrit-il à Forfait, est trop fier, trop enflé de ses précédents succès pour ne pas revenir à la charge avec le double de moyens ; il faut donc de notre côté multiplier ceux d'une honorable défense." L'amiral va s'employer à cette tâche avec une ardeur redoublée.

Le problème des poudres est étudié avec soin. Des tests sont effectués en vraie grandeur pour comparer les poudres de la marine à celles utilisées par l'armée de terre. Les secondes sont trouvées sensiblement supérieures aux premières. Elles portent le globe à 224 mètres au lieu de 198. La décision est prise de remplacer toutes les poudres des navires par des poudres prises dans l'arsenal.

La présence de Savary dans la région facilite grandement le renforcement des défenses terrestres. Canons et mortiers affluent maintenant dans les batteries de Boulogne. L'aide de camp du premier consul encourage toutes les autorités locales à collaborer à la défense de Boulogne. A Dunkerque, l'amiral Nielly, si réticent naguère, se montre maintenant beaucoup mieux disposé à l'égard de Latouche. Les relations entre les deux hommes deviennent les plus cordiales. Latouche demande à son cadet de faire passer de Dunkerque à Boulogne des planches de liège destinées à confectionner des bouées de sauvetage. Équipées avec des bouts de corde en forme de main, elles aideront à sauver les équipages et plus particulièrement les militaires. L'amiral montre une grande sollicitude pour le personnel de l'armée de terre placé sous ses ordres. Il se préoccupe de son moral et de son activité, qui vont de pair. Il prescrit à Pévrieux de faire faire matin et soir de péniches l'exercice de l'aviron aux garnisons des chaloupes, des bateaux canonniers et bombardiers.

La transformation en galiotes à bombes de navires de commerce présents dans le port est un projet auquel Latouche tient beaucoup, et auquel il travaille avec une extrême énergie. Mais des obstacles de toutes natures vont interdire d'utiliser ce moyen de renforcer la ligne d'embossage. Les propriétaires des navires montrent d'abord des prétentions que l'amiral trouve inacceptables. Ils réclament au gouvernement un loyer, alors qu'ils devraient se contenter d'une indemnité en cas de perte et d'une remise en état après utilisation. Par ailleurs, le tirant d'eau des bâtiments convoités ne permet de les sortir du port que lors de certaines marées. Enfin et surtout, Degay, le directeur des constructions navales, déjà très sollicité par la réparation des navires endommagés dans le combat du 4 août, se montre incapable de mener à bien ce nouveau chantier dans les délais prescrits. Ce n'est que le 9 septembre que les trois premières galiotes peuvent gagner la rade.

Latouche espère toujours pouvoir mener une action offensive contre les forces d'observation anglaises. Un vaisseau de 64, le
Leyden, mouillé à 6 000 mètres de la ligne d'embossage, lui semble un objectif particulièrement intéressant. L'amiral donne l'ordre à Pévrieux de profiter du dernier calme pour l'attaquer avec plusieurs bateaux canonniers. Les navires français se placeront dans les angles morts du vaisseau, joues et hanches, et chargeront leurs canons avec des obus. Des chaloupes canonnières seront chargées de refouler les cutters britanniques qui pourraient être tentés d'intervenir.

L'amiral se préoccupe aussi de l'aide que pourrait lui apporter les éléments de la flottille réunis à Dunkerque, à l'occasion d'une seconde attaque qui sent imminente. Le 14 août, il ordonne au capitaine de vaisseau Meynes d'appareiller pour Boulogne, dès qu'il sera prêt, avec les 35 ou 40 unités placées sous ses ordres. Son arrivée, facilitée par la concentration des forces anglaises devant Boulogne, constituerait une puissante diversion. Par le même courrier, Latouche met Nielly au courant de ses intentions et lui fait part d'une intuition qui sera bientôt vérifiée :
"J'ai quelque raison de croire qu'ils [les Anglais] tenteront le hasard d'une attaque de nuit."

Prévoir le mode d'action de l'adversaire, c'est bien, en tirer toutes les conséquences, c'est encore mieux. Le 15 août, les Anglais ont 32 navires devant Boulogne, sans compter la station du cap Gris-Nez. Latouche observe le mouvement de nombreuses embarcations qui se rendent au conseil à bord de la frégate commandante. Avec Saint-Haouen, son chef d'état-major, pour une fois à ses côtés, il prend toutes les dispositions qui doivent permettre d'éviter une surprise. Des navires de pêche, sur lesquels on embarquera un officier, et des péniches seront échelonnées depuis le mouillage britannique jusqu'à la ligne française, pour servir de sonnettes d'alarme. Des signaux de nuit sont mis au point pour transmettre plus vite l'annonce de l'approche de l'ennemi. C'est donc à un adversaire particulièrement vigilant que Nelson va s'attaquer.

Les instructions données par l'amiral anglais dans cette soirée du 15 août sont bien connues. La mission indiquée est parfaitement claire : "
s'emparer de la flottille française au mouillage ou la détruire." Les forces britanniques comprennent quatre divisions d'assaut comptant chacune une quinzaine d'embarcations et une division de soutien composée de huit bateaux bombardiers armés de mortiers de huit pouces. Six bateaux plats armés de caronades de 24 sont répartis dans les divisions d'assaut, qui disposent en outre, chacune, de deux embarcations spécialement équipées pour couper les câbles des navires ennemis et les prendre en remorque. Les capitaines de vaisseau Somerville, Parker, Cotgrave et Jones commanderont les divisions d'assaut qui, d'est en ouest, viendront aborder la ligne française. Le capitaine de vaisseau Conn, à la tête des bateaux bombardiers, ouvrira le feu sur les batteries terrestres et sur le camp des troupes. Nelson semble miser sur l'effet de surprise : on observera pendant le transit le plus grand silence, et le bruit des avirons sera étouffé par des linges. Le signal du départ sera donné à 11 heures du soir par l'allumage de six lanternes placées au-dessus des canons de la Medusa. Tout est maintenant en place pour l'action dramatique qui va se jouer dans la nuit du 15 au 16 août. Dans chaque camp, les chefs ont pris leurs dispositions et donné leurs ordres. Nelson, sur sa frégate, et Latouche, dans son poste de commandement à terre, ne peuvent plus guère intervenir. Ils attendent que le grand calme de cette nuit d'été soit brisé par le fracas des armes, et que les explosions illuminent la rade."

Et c'est aussi le jour anniversaire de Napoléon !

L'amiral Monaque poursuit ainsi :


"UN SANGLANT CORPS A CORPS

Les mesures de vigilance prises par Latouche fonctionnent à merveille. Une péniche placée en éclaireur reconnaît l'ennemi qui s'avance sur la droite de la ligne. Bien qu'immédiatement enveloppée, elle fait un feu très vif avant que son petit équipage, composé de quatre matelots et huit soldats, ne succombe sous le nombre. L'alarme est donnée. Sur la ligne d'embossage, les hommes bondissent à leur poste et se préparent au combat. Les Anglais poursuivent leur approche. La division de soutien du capitaine de vaisseau Conn prolonge notre ligne pour la prendre en enfilade, sous le feu de ses mortiers, nos bâtiments embossés cap au large. Trois des divisions d'assaut parviennent au contact, la quatrième, commandée par Somerville, se laisse déporter par le courant et ne pourra participer à l'action. A minuit trois-quarts, le combat devient général, il va durer jusqu'à quatre heures du matin. Les deux adversaires utilisent à courte distance leurs canons, caronades et mousqueteries avant d'en venir au corps à corps. Plusieurs embarcations britanniques cherchent à passer entre la terre et nos unités, pour envelopper notre ligne par le nord. Mais Latouche a prévu la parade, en faisant filer un détachement de la 108e demi-brigade, du camp jusqu'à la redoute du Moulin Hubert. Les unités ennemies, qui cherchaient à s'emparer du
Volcan, chaloupe canonnière placée à l'extrémité nord de la ligne, sont prises à partie par une fusillade très chaude des militaires. Les artilleurs des batteries terrestres ont beaucoup de mal, pour leur part, à distinguer les adversaires, et n'interviennent que tardivement dans le combat. La lutte se fragmente en petits engagements au corps à corps, où les assaillants s'efforcent de prendre à l'abordage puis d'entraîner au large les unités françaises, après avoir coupé leurs câbles. Plusieurs récits permettent de mesurer l'acharnement des combats et l'héroïsme des combattants.

Voici, par exemple, le rapport de l'
Etna, chaloupe canonnière montée par Pévrieux, le commandant de la ligne française. Vers minuit et demi, des fusées sont aperçues, puis l'on entend une vive fusillade. L'Etna est maintenant entouré par un grand nombre de péniches anglaises, qui font un feu très vif et tentent de monter à l'abordage. La riposte est non moins vive. On lance à la main des boulets de 18 sur les péniches, par-dessus leurs filets d'abordage. Une péniche est ainsi coulée. "Ces insulaires, note le rédacteur du rapport, ont montré une telle audace qu'ils sont restés crochés le long du bord, d'où ils ont lancé une grande quantité de grenades et de pots à feu jusque vers les deux heures du matin, époque à laquelle ils ont été forcés de regagner le large après avoir perdu un nombre considérable des leurs." Pévrieux se bat comme un lion et tue de sa main plusieurs adversaires. Ce marin gascon est borgne et porte de longs cheveux blancs. Ayant aperçu un matelot anglais monté en haut des filets d'abordage, il lui passe son sabre au travers du corps, le saisit par les cheveux et le jette sur le pont. Mais l'Anglais entraîne le capitaine de vaisseau dans sa chute et lui perce l'épaule gauche d'un coup de poignard. Pévrieux a reçu d'autres blessures, dont un coup de pique au visage. Couvert de sang et très affaibli, il refuse de quitter son poste. Brettevilois, le commandant du bâtiment, montre le même courage après avoir eu le bras gauche fracassé par une balle. L'Etna compte un mort et dix blessés dont le lieutenant Thibaut, appartenant à la garnison.

A bord du
Volcan, que l'on a vu très exposé à l'extrémité nord de la ligne, la lutte a été particulièrement chaude. La chaloupe, cernée et abordée de toute part, s'est défendue avec une énergie farouche. Animé par son commandant, l'enseigne de vaisseau Guéroult, l'équipage rejette l'ennemi dans ses embarcations et fait trois prisonniers. Le Volcan compte huit hommes tués, dont un aspirant, et 19 blessés.

La
Surprise, une autre chaloupe canonnière, commandée par le lieutenant de vaisseau Caro, a été abordée par quatre bateaux ennemis : elle a coulé un de ses assaillants et s'est emparé d'un autre qu'un matelot a eu le courage d'aller sauver, à la nage, sous le feu de l'ennemi. De tous les hommes qui ont participé à l'attaque, estime Latouche, il ne s'en est pas sauvé dix. La Surprise n'a que deux blessés à déplorer.

Au petit matin du 16 août, les Français font le nombre de leurs pertes : dix tués et 34 blessés sont à déplorer. Il est impossible, estime Latouche, que les Anglais n'aient pas subi des pertes dix fois supérieures. Ils ont encaissé à bout portant plusieurs décharges de mitraille lancées par les caronades des bateaux canonniers. De nombreux cadavres flottent d'ailleurs sur la rade. L'ennemi a perdu plusieurs embarcations, coulées ou prises. Dans la flottille française, seule une péniche manque à l'appel, celle qui s'est sacrifiée en donnant l'alarme.

Nelson, de son côté, lorsqu'il rend compte à Jervis, ne cherche pas à dissimuler son échec. Sa lettre commence ainsi :
"I am sorry to tell you that I have not succeeded in bringing out or distroying the Enemy's flotilla moored in the mouth of the harbour of Boulogne." Il attribue l'insuccès de l'opération à la précaution prise par les Français d'avoir amarré au rivage leurs navires et de les avoir reliés entre eux par des chaînes. Dispositions tout à fait imaginaires ! Il met aussi l'accent, cette fois-ci avec raison, sur le rôle joué par les feux de mousqueterie tirés depuis la côte. Plusieurs navires français remorqués vers le large auraient dus être abandonnés à cause de cette fusillade. Bien qu'une des divisions d'assaut n'ait pu atteindre son objectif, Nelson exempte ses subordonnés de tout reproche[...] Ses capitaines ont eu la malchance de se voir prescrire un tâche que les dispositions prises par l'ennemi rendaient impossible. L'amiral anglais se montre particulièrement affecté par la perte du capitaine de vaisseau Edward T. Parker, officier qu'il aimait comme son propre fils et qu'il qualifie de "gallant, good friend and able assistant". Très sérieusement blessé à la cuisse lors de l'attaque de l'Etna, ce proche collaborateur de Nelson devait mourir de sa blessure quelques jours plus tard. Tout le personnel de l'embarcation qu'il montait fut tué ou blessé. Au total, les pertes admises par les Anglais se montent à 44 tués (4 officiers, 33 marins et 7 marines) et 128 blessés (14 officiers, 84 marins et 30 marines). Une curieuse remarque de Nelson fait état d'une différence d'attitude entre les adversaires. Les Français se seraient montrés "perfectly regardless of their own men". Mais que dire alors de l'acharnement des Anglais ? Peut-être faut-il voir là une opinion générale sur le peu de soin pris par le commandement français pour préserver les vies humaines."


En tout cas, les victoires navales françaises de notre période ne sont pas si fréquentes ! Tiens, à propos de l'année 1801, il faudra parler de l'indécis combat d'Algésiras...                                 
_________________
"Un amiral doit savoir mourir sur son banc de quart." (Brueys à Aboukir)


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MessagePosté le: Sam 16 Oct - 11:51 (2010)    Sujet du message: Publicité

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scots greys
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MessagePosté le: Mer 20 Oct - 20:41 (2010)    Sujet du message: Victoire française à Boulogne : 4 août 1801 Répondre en citant

Maréchal Lannes a écrit:
 En tout cas, les victoires navales françaises de notre période ne sont pas si fréquentes ! Tiens, à propos de l'année 1801, il faudra parler de l'indécis combat d'Algésiras...  


                               



Alors voilà le premier combat d'Algésiras, le 6 juillet 1801 :
Le 6 juillet 1801 (17 messidor an IX), vers sept heures du matin, le contre-amiral Saumarez, venant de Cadix par un vent d’ouest-nord-ouest, s’achemina vers la baie d’Algésiras, doubla le cap Carnero, entra dans la baie, et se porta vers la ligne d’embossage des français. Le vent, qui n’était pas favorable à la marche des vaisseaux anglais, les sépara les uns des autres, et heureusement ne leur permit pas d’agir avec tout l’ensemble désirable.Le Vénérable, qui était en tête de la colonne, resta en arrière; le Pompée prit sa place. Celui-ci, remontant le long de notre ligne, défila successivement sous le feu de la batterie de l’île Verte, de la frégate la Muiron, de l’Indomptable, du Desaix, du Formidable, lâchant ses bordées à chacun d’eux. Il vint prendre position à portée de fusil de notre vaisseau amiral le Formidable, monté par Linois. Il s’engagea entre ces deux adversaires un combat acharné, presque à bout portant. Le Vénérable, éloigné d’abord du lieu de l’action, tâcha de s’en rapprocher pour joindre ses efforts à ceux du Pompée. L’Audacieux, le troisième des vaisseaux anglais, destiné à combattre le Desaix, ne put pas arriver à sa hauteur, s’arrêta devant l’Indomptable, qui était le dernier au sud, et commença contre celui-ci une vive canonnade. Le César et le Spencer, quatrième et cinquième vaisseaux anglais, étaient l’un en arrière, l’autre entraîné au fond de la baie par le vent qui soufflait de l’ouest à l’est. Enfin, le sixième, l’Hannibal, porté d’abord vers Gibraltar, mais parvenu après beaucoup de manœuvres à se rapprocher d’Algésiras, manoeuvra pour tourner notre vaisseau amiral le Formidable, et se placer entre lui et la côte. Le combat entre les vaisseaux qui avaient pu se joindre était fort opiniâtre. Pour n’être pas emportés d’Algésiras vers Gibraltar, les anglais avaient chacun jeté une ancre. Notre vaisseau amiral, le Formidable, avait deux ennemis à combattre, le Pompée et le Vénérable, et allait en avoir trois, si l’Hannibal réussissait à prendre position entre lui et la côte. Le capitaine du Formidable, le brave Lalonde, venait d’être emporté par un boulet. La canonnade continuait avec une extrême vivacité, aux cris de Vive la République! Vive le Premier Consul! L’amiral Linois, qui était à bord du Formidable, montrant à propos le travers au Pompée qui ne lui présentait que l’avant, avait réussi à le démâter, et à le mettre à peu près hors de combat. Profitant en même temps du changement de la brise, qui avait passé à l’est et portait sur Algésiras, il avait fait signal à ses capitaines de couper leur câbles, et de se laisser échouer, de manière à ne pas permettre aux anglais de passer entre nous, car on était à la marée basse, et à la marée haute ils étaient certain de se relever facilement. Cet ordre, donné à propos, sauva la division. Le Formidable, après avoir mis le Pompée hors de combat, vint s’échouer sans secousse, car la brise en tournant avait faibli. Se dérobant ainsi au danger dont le menaçait l’Hannibal, il acquit à l’égard de celui-ci une position redoutable. En effet, l’Hannibal, en voulant exécuter sa manœuvre, avait échoué lui-même, et il était immobile sous le double feu du Formidable et de la batterie Saint-Jacques. Dans cette situation périlleuse, l’Hannibal fait effort pour se relever; mais la marée baissant, il se trouve irrévocablement fixé à sa position. Il reçoit de tous côtés d’épouvantables décharges d’artillerie, tant de la terre que du Formidable et des canonnières, mais il essuie plus de feux qu’il ne peut en rendre. L’amiral Linois ne jugeant pas que la batterie Saint-jacques fût assez bien servie, débarque le général Devaux avec un détachement des troupes françaises qu’il avait à bord. Le feu de cette batterie redouble alors, et l’Hannibal est accablé. Mais un nouvel adversaire vient achever sa défaite. Le second vaisseau français, le Desaix, qui était placé après le Formidable, obéissant à l’ordre de se jeter à la côte, et ayant, à cause de sa faiblesse de la brise, exécuté lentement sa manœuvre, se trouvait ainsi un peu en dehors de la ligne, également en vue de l’Hannibal et du Pompée, que le Formidable, en s’échouant, avait découvert ses feux. Le Desaix, profitant de cette position, lâche une première bordée au Pompée, qu’il maltraite au point de lui faire abattre son pavillon; puis dirige tous ses coups sur l’Hannibal. Ses boulets, rasant le flanc de notre vaisseau amiral le Formidable, vont porter sur l’Hannibal un affreux ravage. Celui-ci, ne pouvant plus tenir, amène aussi son pavillon. C’étaient par conséquent deux vaisseaux anglais sur six réduits à se rendre. Les quatre autres, à force de manœuvres, étaient rentrés en ligne, et assez pour combattre à bonne portée le Desaix et l’Indomptable. Le Desaix, avant de s’échouer, leur avait fait tête, tandis que l’Indomptable et la frégate la Muiron, en se retirant lentement vers la côte, leur répondaient par un feu bien dirigé. Ces deux derniers bâtiments étaient venus se placer sous la batterie de l’île Verte, dont quelques soldats français débarqués dirigeaient l’artillerie. Le combat durait depuis plusieurs heures avec la plus grande énergie. L’amiral Saumarez ayant perdu deux vaisseaux sur six, et n’espérant plus aucun résultat de cette action, car pour aborder les français de plus près il aurait fallu courir la chance de s’échouer avec eux, donna le signal de la retraite, nous laissant l’Hannibal, mais voulant nous enlever le Pompée, qui, tout démâté, restait immobile sur le champ de bataille. L’amiral Saumarez avait fait venir de Gibraltar des embarcations qui réussirent à remorquer la carcasse du Pompée, que nos vaisseaux échoués ne pouvaient plus reprendre. L’Hannibal nous resta. Tel fut ce combat d’Algésiras, où trois vaisseaux français combattirent contre six anglais, en détruisirent deux, et sur les deux en gardèrent un prisonnier. Les français étaient remplis de joie, quoiqu’ils eussent essuyé des pertes sensibles. Le capitaine Lalonde du Formidable, était tué; Moncousu, capitaine de l’Indomptable, était mort glorieusement. Nous comptions environ 200 morts et 300 blessés, en tout 500 officiers et marins hors de combat, sur 2000 qui montaient l’escadre. Mais les anglais avaient eu 900 hommes atteints par le feu et la côte, et de nous mettre entre deux feux, comme autrefois Nelson avait fait à la bataille d’Aboukir. Cet échouage ne pouvait pas avoir de grands inconvénients pour la sûreté des bâtiments français.

Source : "Le Consulat et l'Empire" d'Adolphe Thiers.


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MessagePosté le: Mer 20 Oct - 22:04 (2010)    Sujet du message: Victoire française à Boulogne : 4 août 1801 Répondre en citant

Bonsoir à vous deux ,

Je me permet d'apporter une humble contribution en évoquant la bataille de Grand Port qui se déroula du 23 au 29 Aout 1810 , ile Maurice .
Bataille à l'ancre ?

Je laisse le soin à Maréchal Lannes de nous en dire un petit peu plus

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MessagePosté le: Ven 22 Oct - 20:29 (2010)    Sujet du message: Victoire française à Boulogne : 4 août 1801 Répondre en citant

Schéma de la bataille d'Algésiras trouvé dans l'Atlas d'Adolphe Thiers :

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:23 (2016)    Sujet du message: Victoire française à Boulogne : 4 août 1801

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