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Jean Lannes, duc de Montebello (1769-1809)

 
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Maréchal Lannes
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MessagePosté le: Dim 3 Oct - 11:53 (2010)    Sujet du message: Jean Lannes, duc de Montebello (1769-1809) Répondre en citant

Voici un des portraits classiques du "Bayard" ou de "l'Achille" de la Grande Armée, peint par Paulin Guérin en 1835 :


L'article de Jean-Claude Damamme dans le numéro 4 de la revue Napoléon Ier :


"Le 6 juillet 1810, cent mille personnes se recueillent entre les Invalides et le Panthéon pour rendre un hommage grandiose à l'un des plus grands soldats de Napoléon : le maréchal Lannes, duc de Montebello, dont le nom, jusqu'à sa mort au combat, fut associé à toutes les victoires du Consulat et de l'Empire, et qui fut sans conteste le plus charismatique et le plus aimé de l'armée et du peuple. L'Empereur avait décidé d'honorer son meilleur ami, mort un an auparavant, par des funérailles nationales célébrées le jour anniversaire de la bataille de Wagram. Evocation d'une des figures les plus attachantes de la grande saga impériale.

Tout commence le 17 mai 1793, près de Saint-Laurent-de-Cerdans, dans les Pyrénées Orientales, au beau milieu d'une escarmouche opposant soldats républicains et espagnols. Les Français viennent de perdre pied. Soudain, une voix gonflée de colère, impérieuse, se fait jour dans le tumulte :
"Halte-là, tas de jean-foutre ! Vite, à moi ! En avant !" La voix est celle d'un sous-lieutenant de vingt-quatre ans ; les jean-foutre sont des Volontaires du Gers, que le jeune officier vient de relancer au combat par ce commandement peu orthodoxe. Il s'appelle Jean Lannes.

A son premier combat, Lannes a éprouvé une peur bien compréhensible. Devenu maréchal, il évoquera à sa manière, toujours imagée, l'expérience de son baptême du feu, sans dissimuler cette première angoisse :
"La peur me saisissait, mais je l'ai prise à la gorge, je l'ai terrassée, la mettant hors d'état de me gêner par la suite. Depuis que je l'ai matée, j'en fais ce que je veux."

Et, avec cette vigueur de langage qui rend ses propos si pittoresques, il ajoutait : "Ceux qui prétendent n'avoir jamais eu peur sont des menteurs ou des jean-foutre."

Cette maîtrise de soi est vite remarquée. Quand s'achève la campagne, peu connue, des Pyrénées-Orientales, le chef d'état major de l'armée, le général Lamer, souligne, le 26 juin 1795, deux qualités exceptionnelles et en apparence contradictoires, donc jamais réunies à un âge aussi jeune : l'intrépidité et la sagesse.


UNE RENCONTRE DECISIVE

Constat identique de la part de l'un de ses chefs à l'armée d'Italie
, que Lannes vient de rejoindre, et qui sera le maréchal Augereau. Après la bataille de Loano, celui-ci, dans un message au Directoire, rend hommage à "l'intelligence et à la bravoure" de Lannes.

Le 15 avril 1796, en Ligurie : coup de pouce au destin du futur duc de Montebello. Bonaparte, général en chef de l'armée d'Italie, a remarqué l'action décisive de ce jeune chef de brigade (colonel), dont il a vaguement entendu parler au hasard des bivouacs, et qui, avec une poignée d'hommes, vient de reprendre la bourgade de Dego après une charge rapide et brutale à la baïonnette. Avec son œil d'aigle, Bonaparte l'a jugé et jaugé. Celui-ci n'est pas seulement fort en gueule, comme le sont, à ce moment, bon nombre d'officiers qui ne sont rien de plus que de simples entraîneurs d'hommes : il a montré de l'allant et de la fougue, mais surtout une intelligence dans sa manière d'emmener les hommes au combat qu'il convient d'utiliser au mieux.    


Il lui confie donc le commandement des 6e et 7e bataillons de grenadiers et du 4e de carabiniers : l'élite des demi-brigades d'infanterie légère. Avec ce commandement, Lannes devient un officier d'avant-garde, ce que nous appelons dans notre langage moderne un officier de commando, c'est-à-dire l'homme des missions impossibles, mais qui, outre l'audace, exigent intelligence et réflexion pour être couronnées de succès.

Satisfait de son poulain, Bonaparte demande au Directoire d'accorder le grade de général de brigade à Lannes, et, dans un style d'une concision toute spartiate, il justifie ainsi sa demande :
"... Il est le premier qui ait mis les ennemis en déroute à Dego, qui ait passé le pont de Lodi et qui soit entré dans Bassano".


NAISSANCE D'UNE AMITIE

Le deuxième coup de pouce du destin n'est pas loin.

Sans avoir eu le temps de se remettre de ses blessures récentes, Lannes rejoint l'armée lancée dans un combat incertain pour un autre pont, celui du village d'Arcole.

Comme les autres, Lannes s'élance sur le pont, qui n'offre aucun abri. Emincés par la mitraille, les républicains refluent. Lannes, qui vient de ramasser deux blessures, est évacué vers une ambulance proche, d'où il suit les péripéties du combat. Apprenant qu'une troisième tentative faite par Augereau s'est soldée par un échec, Lannes, tous pansements dehors, saute en selle sous les yeux effarés des chirurgiens. Il arrive au moment où Bonaparte, qui vient à son tour de prendre la tête des troupes, le drapeau haut tenu, est précipité dans le marais bordant le ruisseau, l'Adige, qui coule sous le pont. Trop faible pour descendre de cheval, Lannes entraîne les grenadiers, et, dans un mouvement désespéré, refoule l'infanterie autrichienne. Une troisième blessure, reçue, semble-t-il, pour protéger Bonaparte, le jette au bas de son cheval. Se souvenant de cette action, Napoléon, à Sainte-Hélène, écrira :
"Ce fut la journée du dévouement".

De ce jour, Lannes devient l'ami de Bonaparte. Il restera celui de Napoléon. Amitié sincère, profonde et réciproque. Mais orageuse. En effet, contrairement aux autres, Lannes n'est pas courtisan. Grâce à son intelligence perspicace, et à son indépendance, il a su garder un franc-parler qui irritera souvent l'Empereur. Bien que griffée de brouilles et d'orages retentissants, suivies d'embellies et de réconciliations, cette amitié durera jusqu'au delà de la mort du maréchal.


STAR DU REGIME

Désormais, la carrière du futur maréchal suit une pente vertigineusement ascendante. En revanche, sa vie privée suit le mouvement inverse. Si sa femme, restée à Lectoure, semble prêter le flanc à la calomnie, elle est persuadée que ce mari, qui lui écrit des lettres touchantes de tendresse, ne s'ennuie pas à Milan, où il est — une fois de plus — en convalescence. Il est bien connu que les jolies milanaises ne se montraient guère cruelles envers les jeunes officiers républicains. Et d'après le général Desaix, qui le connaissait bien, Lannes était plutôt séduisant :
"Brave des braves, jeune, jolie tournure, figure pas très avenante, criblé de blessures, élégant", svelte (1 mètre 79), et, souligne Laure Junot, des mains "d'une beauté remarquable". Toutes les suppositions sont donc permises.

La campagne d'Egypte sonnera le glas de ce mariage. Elle ajoutera aussi du lustre à la réputation, déjà solide de Lannes, des lauriers : ceux de général de division, et deux nouvelles blessures : l'une au siège de Saint-Jean d'Acre, l'autre à la bataille d'Aboukir.

Au moment où s'ouvre la deuxième campagne d'Italie, Lannes est devenu une star du nouveau régime : depuis le 16 avril 1800, il est commandant et inspecteur de la Garde des Consuls, future Garde Impériale, ce qui fait de lui l'un des tout premiers personnages dans la hiérarchie militaire.

C'est à lui que Bonaparte confie les 9.000 hommes de l'avant-garde. Mission (difficile) : franchir les Alpes par le col du Grand-Saint-Bernard, et bousculer tout ce qui peut s'opposer à l'avance du gros de l'armée avant que les Autrichiens aient eu le temps de réagir.

Lannes, bien sûr, réussit, et le 9 juin, avec l'effectif d'une simple division, soit environ 5.000 hommes, il se jette sur 15.000 Autrichiens. A dix heures du soir, quand s'achève, sur une victoire, cette bataille dite de Montebello, Lannes est
"couvert de sang à faire peur", note un soldat. Il ne le sait pas encore, mais dans huit ans, ce nom honorera son titre ducal.

Cinq jours plus tard, Marengo, victoire à l'arraché, qui fut la journée de Desaix et, hélas ! sa fin, couronnait cette deuxième campagne d'Italie.


AMBASSADEUR EXTRAORDINAIRE

La paix revenue, le Premier Consul peut s'occuper activement de son avenir. Lannes, resté républicain de cœur, voit d'un œil désapprobateur la dérive personnelle du pouvoir, et ne s'en cache pas. On ne peut cependant congédier, comme un simple général de division, le commandant et inspecteur de la Garde des Consuls, héros de Montebello et de Marengo.

Bonaparte prendra prétexte d'un dépassement de crédit dans la "remise à niveau" de la Garde pour éloigner Lannes au Portugal comme... ambassadeur. Un ambassadeur extraordinaire à tous les sens du mot. L'exil est doré, même si le pays est sous la coupe de l'Angleterre, ce qui, au fond, ne devrait pas déplaire à cette anglophobe viscéral.

Secondé efficacement par Louise, sa ravissante deuxième femme — visage virginal, traits beaux et réguliers, teint d'un blanc charmant, d'après Madame de Rémusat — Lannes, tout en ferraillant contre les ministres portugais pro anglais, qu'il fait éloigner, réussit à noter les relations avec le régent, et à signer avec lui un traité fort avantageux pour la France consulaire. Selon le mot même de l'ambassadeur,
"l'affaire avait été chaude". Il avait dû lutter contre les Anglais, maîtres de fait du pays, et contre le propre ministre français des Relations extérieures, Talleyrand : on estime à quatre millions les sommes que ce dernier aurait touchées pour saboter la mission du général (peu) diplomate.
    
Il est encore à ce poste lorsqu'il apprend la proclamation de l'Empire, et son élévation à la dignité de maréchal. Mais le 14 avril 1804, Bonaparte lui écrit :
"On ne frappera pas de grand coup que vous n'y soyez".

Effectivement, tout juste revenu de Lisbonne, le maréchal Lannes gagne le Camp dit de Boulogne. Napoléon s'y prépare à envahir l'Angleterre, car "cela donnera cent ans de paix à l'Europe". La manœuvre navale, qui devait permettre un franchissement tranquille de la Manche par les barges transportant l'Armée, échoue lamentablement. Affolée, l'Angleterre paie l'Autriche pour se tirer d'affaire. Lannes se voit confier le commandement des 17.800 hommes constituant le 5e corps d'armée.

Jetons un coup d'œil sur la situation matérielle du maréchal Lannes au moment où débute la campagne de la troisième Coalition.

Son train de vie est fastueux — l'Empereur le veut ainsi pour ses maréchaux —, il possède un hôtel particulier dans le "noble faubourg" (le faubourg Saint-Germain), l'hôtel de Kinski, et ce que l'on appelle une "campagne", c'est-à-dire l'équivalent de nos résidences secondaires. Mais quelle résidence secondaire ! le château de Maisons-sur-Seine (plus tard, Maisons-Laffitte). Il est d'autre part l'époux comblé d'une des plus jolies femmes de l'époque, et l'heureux père de quatre garçons, ses
"marmots", comme il les appelle : Napoléon, Alfred, Ernest, Gustave. Une petite fille, qui sera prénommée Joséphine, naîtra dans deux ans.


UN
"GEANT"

Avec l'Empire, la carrière militaire du maréchal Lannes prend une dimension nouvelle. Il va devenir un "géant", selon le mot de Napoléon. Il est impossible de résumer en si peu d'espace ce que fut sa participation à chacune des grandes empoignades, qui, à partir de 1805, oppose la France impériale aux monarchies européennes liguées contre elles à l'instigation de l'Angleterre. Résumons.

Lannes est donc à Austerlitz — soutenu par Murat, il mène une bataille à part contre la droite de l'armée russe ; à Iéna, où sa découverte du plateau de Landgrafenberg permet à l'armée française d'occuper un emplacement avantageux face à l'armée prussienne ; à Pultusk (26 décembre 1806), bataille peu connue menée dans des conditions inhumaines — la boue engloutissait chevaux, voitures et canons — au cours de laquelle Lannes, avec 15.000 hommes épuisés, défait une armée russe trois fois plus forte ; à Friedland, où il soutient un difficile combat d'avant-garde qui fixe les Russes jusqu'à l'arrivée de Napoléon.

Puis, c'est l'Espagne, et le siège dantesque de la ville symbole de l'insurrection, Sarragosse (ce siège fera l'objet d'un article dans un prochain numéro) : avec seulement 22.000 hommes, passablement démoralisés, opposés à plus de 50.000 hommes bien retranchés, Lannes obtient la reddition de la place après un mois d'efforts. Pour mener à bien sa mission, il utilisera savamment l'infanterie, la cavalerie, l'artillerie, et le génie des deux corps d'armée, ceux de Junot et de Mortier, que Napoléon, reparti à Paris, avait placés sous ses ordres. Ce qui fait justice à cette affirmation sommaire, tant de fois complaisamment répétée, que
"Lannes n'a jamais commandé seul."

C'est, enfin, la deuxième campagne d'Autriche.

Après avoir résisté pendant deux jours, sous un déluge de feu, dans la position d'Essling (Masséna, lui, tenait le village voisin d'Aspern), Lannes est frappé par un boulet le 22 mai, en fin d'après-midi. Il meurt neuf jours plus tard. Il avait décidé que cette bataille, quelle qu'en fût l'issue, serait pour lui la dernière. La guerre, cruellement, venait d'exaucer son souhait.


D'INJUSTES BULLETINS

Il n'est pas inutile de rappeler ici le rôle d'un maréchal, ou d'un général, le maréchalat n'étant, dans la conception de l'Empereur, qu'une dignité d'Etat. A cette époque où l'arme à feu est trop imprécise, la décision appartient à l'arme blanche, baïonnettes et sabres. S'il voyait sa troupe chanceler dans les terribles corps à corps, le chef suprême ne devait pas hésiter à mettre la main à son sabre, et à se porter devant ses bataillons. Une fois sorti de l'enfer, ce même homme devait reprendre la hauteur de son grade, et, sans transition, faire manœuvrer ses quelques 20.000 soldats par aides de camp interposés. Non pas à l'abri d'une tranchée, si précaire fût-elle, mais à cheval, bien exposé à la mitraille et aux boulets. Et sans manifester le plus infime tressaillement, car, disait le maréchal Lannes,
"il faut que tous les officiers paraissent sur le champ de bataille comme s'ils étaient à la noce."

L'indépendance que celui-ci devait à son talent avait malheureusement son revers : des mentions floues, voire parfois inexistantes, dans les fameux Bulletins de la Grande Armée. Une bataille, en effet, ne commençait "officiellement" qu'avec l'arrivée de Napoléon. Ces oublis, volontaires ou non, fâchaient Lannes, car il était très soucieux de la reconnaissance de ses mérites, qui étaient ceux du sang versé.

Quand il s'estimait lésé, il boudait, et se disait alors à plaindre de l'amitié qu'il portait à
'cette catin". Cette catin, c'était l'Empereur ! Mais le destinataire de cette pittoresque diatribe ne s'offusquait pas. Il était habitué, et Lannes n'était pas de ceux dont il pouvait se passer sur le champ de bataille. Parfois, le maréchal exprimait sa désillusion, presque toujours justifiée d'ailleurs, par une colère violente. Ainsi, après la bataille d'Iéna, s'en prend-il à Napoléon parce que celui-ci, dans le Bulletin, a trop glorifié le rôle secondaire de Murat et de ses cavaliers, au détriment de son corps d'armée dont l'intervention se révéla bien décisive. La scène, d'une violence extrême, a été rapportée par la duchesse d'Abrantès, et même si l'on doit faire la part de l'outrance verbale qui est la marque de ses Mémoires, l'affaire lui a été relatée par Duroc, qui était présent.

Mais que l'Empereur lui dise un mot gentil ou reconnaisse ses mérites :
"Je vous sais gré de tout le courage que vous montrez, et je l'attribue à votre zèle pour mon service et à l'amitié que vous me portez", et Lannes oublie tout : "Il me semble, quand je suis loin, qu'il va toujours arriver du mal. Tu vois, ma chère Louise, que personne ne l'aime de cœur comme moi", écrit-il à sa femme.


"QUELLE GUERRE HORRIBLE !"

Si le maréchal Lannes est particulièrement attachant, c'est parce qu'il ne s'épanouit pas dans la guerre. Contrairement au célèbre Lasalle qui écrivait à sa femme : "J'aime ma fille et toi comme la fumée de tabac et le désordre de la guerre", Lannes n'aime pas la guerre. Elle est son métier ; elle ne fut jamais une source de joie. Ce n'est pas lui non plus qui, à l'instar de Lasalle à Golymin, eût fait rester immobiles ses soldats sous le feu de l'artillerie ennemie pour les punir d'un mouvement de panique non contrôlé. Au contraire. Quand il prend la direction du siège de Saragosse, il opte pour une guerre de sape : "Il vaut mieux être un peu plus longtemps et ne pas perdre de monde", écrit-il à sa femme.

Aussi longtemps qu'il est dans le feu de l'action, Lannes est une redoutable machine de guerre. Mais quand le canon se tait, il ne supporte pas la vue du champ de bataille, de ses souffrances et de ses détresses. Talleyrand, pour une fois respectable, en témoigne par écrit le lendemain de la victoire d'Austerlitz :
"Je dois à son honneur et peut-être à l'honneur militaire en général de dire que cet homme qui, la veille, avait fait des prodiges de valeur tant qu'il y avait des ennemis à combattre, fut au moment de se trouver mal quand il n'eut plus sous ses yeux que des morts et des estropiés de toutes les nations. Il était si ému en me montrant les différents points d'où les attaques principales avaient été faites qu'il me dit : Je n'y puis plus tenir, à moins que vous ne vouliez venir avec moi assommer tous ses misérables qui dépouillent les morts et les mourants."

Voici de même ce que Lannes écrit à sa femme, le 6 février 1809, alors qu'il est devant Saragosse : "Quelle guerre horrible ! J'aimerais mieux dix batailles dans un jour que la guerre que nous faisons contre les maisons..."

Aussi, quand, après avoir été frappé par un boulet le 22 mai 1809 ; quand, après avoir été opéré dans des conditions atroces, Lannes prit conscience qu'il allait mourir, comme il en avait eu la prémonition, nous faut-il espérer qu'il n'entendit pas à ce moment résonner dans sa mémoire les paroles que son fils aîné lui adressa au moment de son départ : "Il faut donc, papa, que tu ailles toujours à la guerre jusqu'à ce que tu sois tué !"

A nombre de phrases dites historiques parce qu'elles se sont frayé un chemin jusqu'à nous, nous préférons celle-ci, que le maréchal Lannes, le jour même où il fut mortellement blessé, confia au docteur Lannefranque, qui en fut impressionné : "Je crains la guerre, je l'ai dit à l'Empereur, le premier bruit de guerre me fait frissonner, mais aussitôt que j'ai fait le premier pas, je ne songe qu'au métier".

Lorsqu'on sait le courage légendaire, authentifié par de nombreux témoins — qui eux-mêmes n'étaient pas des pleutres — dont Lannes fit toujours preuve sur les champs de bataille, se souciant de la vie de ses hommes, jamais de la sienne, ces paroles d'humilité ne sont plus seulement d'un grand soldat, mais d'abord d'un grand homme.

Napoléon dira de lui :
"Je perds le général le plus distingué de mes armées, mon compagnon d'armes depuis seize ans, celui que je considérais comme mon meilleur ami."


Voilà, fin de l'article recopié et publié en plusieurs connexions, afin de ne pas perdre la durée maximale d'une heure pour un message...
 
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Dernière édition par Maréchal Lannes le Dim 20 Fév - 18:13 (2011); édité 6 fois
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MessagePosté le: Dim 3 Oct - 11:53 (2010)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Dim 3 Oct - 13:54 (2010)    Sujet du message: Jean Lannes, duc de Montebello (1769-1809) Répondre en citant

Bonjour Maréchal Lannes,
J'ai lu il y a quelques années le livre de Damamme sur le maréchal Lannes, édité chez Payot. Par contre je n'ai pas encore acheté la biographie du maréchal écrite par Ronald Zins, mais j'ai vu des avis qui en font l'éloge.
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MessagePosté le: Dim 3 Oct - 15:14 (2010)    Sujet du message: Jean Lannes, duc de Montebello (1769-1809) Répondre en citant

Bonjour Scots,

Je me devais de présenter un peu la vie du maréchal dont j'ai pris le pseudo. Cela ne m'empêche pas de voir ses qualités et ses défauts. C'est tant mieux, car c'est un homme à la fois franc, qui n'avait pas à cacher ses mots devant la dérive progressivement de plus en plus impérialiste et autoritaire du pouvoir impérial, courageux mais ayant l'intelligence d'utiliser ses troupes à bon escient. Mais d'un manque d'éducation que je déplore.

On parle du livre de Ronald Zins sur passion-histoire : http://www.passion-histoire.net/viewtopic.php?f=55&t=21573&hilit=La…
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MessagePosté le: Dim 3 Oct - 19:37 (2010)    Sujet du message: Jean Lannes, duc de Montebello (1769-1809) Répondre en citant

Ah ! avant de devoir quitter pour me renflouer la panse, voici l'article Wikipédia :  http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Lannes
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MessagePosté le: Mar 5 Oct - 08:23 (2010)    Sujet du message: Jean Lannes, duc de Montebello (1769-1809) Répondre en citant

Sa femme Louise et ses cinq enfants, copie de l'atelier du baron Gérard :


Quelques repères chronologiques de la vie du maréchal :
- 1769 : naissance à Lectoure (Gers), le 10 avril
- 1793 : baptême du feu le 17 mai ; lieutenant le 25 septembre ; capitaine le 21 octobre ; général de brigade (colonel) le 25 septembre
- 1794 : campagne des Pyrénées Orientales
- 1795 : mariage le 19 mars à Perpignan, avec Jeanne-Josèphe Méric
- 1796 : rencontre avec Bonaparte à la bataille de Dego le 15 avril ; bataille de Bassano le 7 septembre ; bataille d'Arcole les 15, 16 et 17 novembre. Trois fois blessé
- 1798 : de mars à avril, Lannes est à Lyon pour organiser le mouvement des troupes de l'expédition d'Egypte ; départ le 19 mai
- 1799 : prise de Jaffa le 6 mars ; siège de Saint-Jean-d'Acre du 19 mars au 21 mai. Lannes nommé sur place général de division ; bataille d'Aboukir le 25 juillet. Blessé à la jambe et évacué sur Alexandrie, Lannes apprend que sa femme a mis un fils au monde le 12 février ; départ pour la France avec Bonaparte le 23 août ; débarquement à Fréjus le 9 octobre
- 1800 : commandant de la Garde des Consuls le 16 avril ; commandée par Lannes, l'avant-garde franchit le Grand-Saint-Bernard le 14 mai ; victoires de Montebello, le 9 juin, et de Marengo le 14 ; le divorce est prononcée le 16 juin aux torts de sa femme ; remariage le 16 septembre
- 1801 : nommé ambassadeur au Portugal le 14 novembre
- 1802 : arrivée à Lisbonne le 26 mars
- 1804 : rétablissement du maréchalat le 19 mai. Lannes apprend sa nomination à Lisbonne
- 1805 : troisième coalition. Lannes commande le 5e corps ; victoire à Austerlitz le 2 décembre
- 1806 : victoire d'Iéna, le 14 octobre ; bataille de Pultusk gagnée par le maréchal Lannes le 26 décembre
- 1807 : victoire de Friedland le 14 juin ; Lannes fait prince de Sievers (Pologne) le 30 juin
- 1808 : duc de Montebello le 19 mars ; départ pour l'Espagne en compagnie de Napoléon le 29 octobre ; victoire remportée le 23 novembre par le maréchal Lannes à Tudela
- 1809 : le 8 janvier, Lannes reçoit le commandement de toutes les forces affectées au siège de Saragosse ; le 22, il prend la direction des opérations ; reddition de la ville le 20 février. Départ pour l'Autriche le 26 mars. Il arrive le 18 avril ; prise de Ratisbonne le 23 avril ; début de la bataille d'Essling le 21 mai ; gravement blessé le lendemain, le maréchal Lannes est amputé par le chirurgien Larrey ; il meurt le 31 mai
- 1810 : funérailles grandioses du maréchal Lannes le 6 juillet, jour anniversaire de la bataille de Wagram  
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MessagePosté le: Mar 5 Oct - 17:29 (2010)    Sujet du message: Jean Lannes, duc de Montebello (1769-1809) Répondre en citant

bataille de Pultusk gagnée par le maréchal Lannes le 26 décembre

A propos de la "victoire" de Pultusk voici ce que dit le chirurgien d'Héralde :

<<L'Achille de l'armée et Victor firent en ce 26 décembre 1806 de bien grandes sottises. Il n'y avait pas un capitaine au 5e corps qui n'eût fait prendre de meilleures dispositions d'attaque. Soit par audace, soit par empressement à attaquer avec des têtes de colonnes sans attendre l'arrivée de son corps d'armée, soit par sottise, comme le disait un chef distingué du 5e corps, il fit tuer sans résultat, dans cette malheureuse journée, 4000 hommes au moins de troupes magnifiques. Les journaux du temps n'en dirent rien, mais l'Empereur qui vint le 28 visiter ce champ de carnage eut une vive altercation avec le maréchal. Ce dernier, piqué de reproches de l'Empereur, sous prétexte de sa santé quitta l'armée pour rentrer en France. La bataille de Friedland le remit en grande faveur et fit oublier la sottise de Pultusk>>.
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MessagePosté le: Mer 17 Nov - 08:59 (2010)    Sujet du message: La mort de Lannes. Répondre en citant

22 mai 1809

"Alors que, bouleversé par la vue du corps inanimé de son ami Pouzet, il s'éloignait, la tête basse, en direction d'Enzersdorf, Lannes ne se doutait pas que le désir qu'il avait exprimé le matin même allait, dans quelques instants, se réaliser, et de la plus affreuse manière qui fût...
Il s'assoit sur le bord d'un fossé et, presque distraitement, il observe le mouvement des troupes. Derrière lui, respectant la douleur de son chef, Marbot. Le fidèle aide de camp a lui aussi été blessé: un trou gros comme un oeuf fait par une grosse balle sphérique, un biscaïen, dans la cuisse droite, et que les chirurgiens ont obturé  avec les moyens du bord, en l'occurrence de l'étoupe dont les artilleurs se servent pour bourrer leurs canons. Lannes aperçoit, du coin de l'oeil, quatre grenadiers portant péniblement, enveloppé dans un manteau, le corps d'un officier mort. Dans l'instant, il ne leur prête guère attention; beaucoup d'hommes courageux, de tous grades, sont morts aujourd'hui. Ce n'est là ni indifférence ni sécheresse de coeur, mais seulement cette acceptation de l'inévitable, que connaissent bien tous les professionnels de la guerre. Fatigués, les grenadiers s'arrêtent un instant pour reprendre haleine, à quelques pas de l'endroit où est assis le maréchal, et dans le mouvement qu'ils font pour poser leur fardeau sur le sol, le manteau glisse, découvrant un visage ensanglanté et livide : c'est celui de Pouzet.
Lannes, que la vue d'un champ de bataille après l'action a toujours bouleversé. Il est au bout de l'horreur et de l'écoeurement : <<Cet affreux spectacle me poursuivra donc partout>>, l'entend-on murmurer, comme pour lui seul. Et il s'éloigne pour aller s'asseoir au revers d'un autre fossé. Le sort vient de frapper pour la troisième fois!
Il n'y eut pas de sifflement. Tout juste le bruit sourd, à peine perceptible, d'un objet rebondissant sur le sol. Qui, dans l'agitation suivant le combat, y aurait donc prêté attention? Ce bruit sourd, c'est celui que fait un petit boulet de trois livres qui, par ricochets, roule vers le fossé. Un dernier rebond et la masse de fonte vient frapper les jambes de Lannes à l'endroit exact où celles-ci se croisent.
Il est cinq heures du soir.
Le maréchal, qui en a vu d'autres, ne s'affole pas..."

Il ne survivra pas à l'amputation et mourra le 31 mai.

Source : "Lannes, maréchal d'Empire" de Jean-Claude Damamme
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<<Je ne dis pas que les français ne pourront pas nous envahir, je dis seulement qu'ils ne pourront pas le faire par la mer>>.


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 18:18 (2016)    Sujet du message: Jean Lannes, duc de Montebello (1769-1809)

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