Passion Napoléon1 Index du Forum
 
 
 
Passion Napoléon1 Index du ForumFAQRechercherS’enregistrerConnexion

Bataille d'Essling (21-22 mai 1809)

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Passion Napoléon1 Index du Forum -> l'histoire militaire -> Les grandes batailles napoleoniennes
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Maréchal Lannes
Tiguidoo
Tiguidoo

Hors ligne

Inscrit le: 25 Juil 2010
Messages: 310
Localisation: Seine-et-Marne
Masculin Balance (23sep-22oct) 鼠 Rat

MessagePosté le: Sam 2 Oct - 11:27 (2010)    Sujet du message: Bataille d'Essling (21-22 mai 1809) Répondre en citant

Pour les Français, c'est la bataille d'Essling. Pour les Autrichiens, c'est celle d'Aspern. Mais peu importe, cette sanglante bataille a concerné les deux villages, et a été interrompue par la crue du Danube. Elle a obligé les troupes impériales qui avaient pu franchir le fleuve vers la rive gauche à se replier avec ordre dans l'île Lobau. Mais suivons le récit issu du même numéro de Tradition Magasine que j'avais extirpé de ma bibliothèque pour relater la bataille de Wagram :

" La bataille d'Essling, appelée celle d'Aspern par les Autrichiens, se déroule sur deux journées, les 21 et 22 mai. Depuis le 19, les deux armées se préparent à un affrontement ; le 20, Napoléon débouche de l'île Lobau avec une petite partie de ses troupes, et commence à les déployer en s'appuyant principalement sur les villages d'Essling et d'Aspern. Les Autrichiens ne s'opposent que faiblement à ce dispositif. Le village d'Aspern est séparé de celui d'Essling de 2.000 mètres environ. Aspern est formé de deux rues assez larges ; l'église, entourée de son cimetière, est bâtie à la sortie du village en direction de Vienne ; quelques maisons hautes de deux étages — dont certaines sont encore visibles en face de l'église — sont entourées de jardins. Essling n'a qu'une seule rue principale ; au centre du village, une grosse bâtisse ou Grenier d'abondance, constitue une solide position d'appui.


Première journée

Napoléon se rendait compte que le passage des troupes pour déboucher dans la plaine allait durer plus longtemps que prévu, aussi n'était-il pas pressé de commencer les hostilités. Molitor se rangea au sud-est d'Aspern ; Boudet dans Essling ; Legrand en arrière d'Aspern, à hauteur de La Tuilerie, en réserve. Lasalle occupa en fait cette position, ainsi que les cuirassiers. Le 21 au matin, l'armée autrichienne avait pris la position ordonnée la veille et attendait. Le 21 en début d'après-midi, 30.000 Français allaient combattre contre toute l'armée autrichienne. Le 6e corps (1ere colonne), sous Hiller, s'avance sur Aspern ; elle doit déborder cette localité par le sud, à travers les presqu'îles boisées dites "Aue" pour menacer le point de passage de l'armée française. Le 1er corps (2e colonne), sous Bellegarde, se dirigera sous Leopoldau et cherchera à rentrer en liaison avec la 1ere colonne vers Kagran, puis se liera avec la 3e (2e corps, sous Hohenzollern) sur Breitenlee. La 3e colonne prendra la direction d'Aspern. La 4e colonne (4e corps de Dedovich) marchera sur Essling. La 5e colonne (4e corps de Rosenberg) se dirigera sur Enzersdorf puis Essling. La réserve de cavalerie sous Liechtenstein sera en position entre les 3e et 4e colonnes, prête à intervenir contre la cavalerie française. Le corps de grenadiers est en réserve derrière Gerasdorf. Ces mouvements de masse commencent lentement vers 13 heures ; les premiers coups de feu sont tirés vers 14 heures par l'avant-garde de Nordmann (1ere colonne), contre les éclaireurs français en avant de Aspern et Essling. L'avant-garde française est d'abord repoussée ; Molitor fait reprendre Aspern par les 37e et 67e, ces deux régiments progressent un moment puis reculent ; Molitor les place vers l'église et le cimetière. Vers 14 heures, la 2e colonne autrichienne, dans laquelle se trouve l'archiduc Charles, attaque à son tour Aspern. Molitor ne pouvait compter que sur la division de Marulaz en guise de renfort. Vers 14 heures 30, les Autrichiens reviennent à l'attaque, mais sont repoussés le 67e solidement accroché à sa position vers l'église. Une troisième attaque du régiment Reuss-Plauen est également repoussée. Les Autrichiens ne pouvaient déboucher que par le Gemeinde-Au, mais le 16e de ligne français tenait cette position. Hiller attendit donc l'attaque des autres unités, et les 1eres et 2e colonnes se préparèrent donc à attaquer Aspern, appuyées par 90 canons. Molitor souffrit beaucoup de ce feu terrible mais se maintenait, tandis que Marulaz se contentait de conserver le terrain occupé. Vers 16 heures, la 3e colonne autrichienne s'était déployée, appuyée de 132 pièces ; l'incendie s'alluma dans Aspern ; c'est encore Marulaz qui fournit une charge contre les Autrichiens, bien vite aidé par Lasalle. Il est 17 heures, les Autrichiens n'arrivent pas à s'emparer de nos positions ; l'archiduc Charles se décide alors à faire donner sa réserve de grenadiers sur la gauche et le centre français.

Pendant ce temps, se déroulaient de furieux combats à Essling (de 16 heures à la nuit) : le maréchal Lannes n'avait sous sa main que la division Boudet et une centaine d'hommes en Enzersdorf ; le Grenier d'Essling était occupé par les hommes de Boudet ; l'archiduc Charles faisait attaquer cette position par les 4e et 5e colonnes. Ordre fut donné à Espagne de soulager l'infanterie en chargeant la 4e colonne autrichienne  avec les cuirassiers (4e, 6e, 7e, 8e régiments) ; il réussit à les retarder mais pas à les arrêter. Entre 17 et 19 heures : la division Boudet résiste aux attaques des 4e et 5e colonnes ; les Français restent maîtres de la partie haute d'Essling. Pendant ce temps, les Autrichiens, avec des forces considérables (2e, 3e colonnes) avançaient sur Aspern ; vers 18 heures, l'archiduc Charles donna l'ordre à ses grenadiers d'enlever à tout prix cette position ; l'attaque fut menée par Hiller et les généraux Wacquant et Mayer ; les Autrichiens se rendirent maîtres de Aspern ; vers 18 heures, Masséna recevait le renfort de la division Carra Saint-Cyr, il lança le 18e de ligne et le 26e léger à l'assaut d'Aspern, mais en vain. Vers 19 heures, les combats faiblirent, les troupes étaient épuisées. C'est à ce moment qu'un coup de feu lui déchire la botte, le bas et la peau de la jambe gauche. Le général Walther lui dit :
"Retirez-vous, ou je vous fais enlever par mes grenadiers !" Carra bivouaqua à la droite de Legrand, et la cavalerie de Marulaz entre lui et le pont. Vers 19 heures, l'archiduc  Charles fit avancer dans l'espace Aspern-Essling le gros de la 3e colonne et sa réserve de cavalerie. Napoléon essaya de desserrer cet étau vivant : la cavalerie de Bessières fut chargée du travail. Les cuirassiers bousculèrent la cavalerie autrichienne mais ne purent entamer les carrés d'infanterie ; le général Saint-Hilaire et le colonel de Bancas du 11e régiment étaient au nombre des pertes qui étaient lourdes.

Le 24e chasseurs chargea avec Lasalle et les généraux Durosnel et Fouler. Une nouvelle charge des cuirassiers de Nansouty calma l'ardeur de la cavalerie autrichienne. Ainsi se terminait, vers 20 heures, la première journée de cette bataille. Les Français, au nombre de 30.000 hommes, avaient résisté à un ennemi trois fois supérieur en nombre. Partout, sauf à Aspern, les Autrichiens rétrogradèrent jusqu'à trois, quatre portées de canon de la ligne française. Pendant ce temps, les pontonniers travaillaient au troisième pont, tandis que d'autres entretenaient les deux autres. Les Autrichiens profitèrent du répit pour jeter dans le Danube des radeaux et des moulins-bateaux ; les grands ponts furent rompus à 7 heures du matin le 22, réparés à 16 heures, et à nouveaux brisés quelques instants après.


Deuxième journée

Le 22, à 3 heures du matin, les troupes de Masséna sont dans le même ordre que la veille vers Aspern, et Boudet est toujours dans Essling. Le 2e corps (divisions Saint-Hilaire, Tharreau et Claparède) occupe l'espace libre en arrière de la ligne Essling-Aspern. En seconde ligne, vingt régiments de cavalerie et la Garde (division Mouton et brigade Dorsenne). En face, les Autrichiens concentrent toujours trois colonnes sur Aspern et deux sur Essling. Vers trois heures du matin, le feu s'allume aux avants-postes. C'est sur Aspern que se portent les premières attaques : le 18e de ligne et le 26e léger se forment en colonnes ; grâce à l'aide de la division Carra Saint-Cyr, les Français reprennent l'église et le cimetière. Le village est repris par le régiment Benjowsky, repris à nouveau par les Français du 4e, les Autrichiens le reprennent à nouveau ; le 46e et l'infanterie hessoise s'emparent de la partie ouest d'Aspern. Vers 7 heures du matin, les Français sont maîtres d'Aspern.

Pendant ce temps, les colonnes autrichiennes de gauche attaquent Essling ; elles s'emparent de la partie basse du village. Vers 7 heures, Napoléon ordonne à la cavalerie de reprendre cette position : par quatre fois, Espagne et Lasalle se jettent sur Rosenberg (régiments Sztarray et Hiller). Les Autrichiens deviennent alors hésitants ; cette action isole le régiment de l'archiduc Charles qui rétrograde. Vers 8 heures, Essling est entre nos mains. Entre 7 heures et 10 heures, c'est surtout une grosse canonnade qui caractérise l'engagement. L'espoir de voir de nouvelles troupes arriver encourage Napoléon à engager la bataille sur un autre terrain : au centre, les divisions de Lannes s'ébranlent en échelons (Saint-Hilaire à droite en tête, Tharreau au centre et Claparède à gauche), et se dirigent vers Breitenlee. Les Autrichiens de la 3e colonne sont protégés par 42 pièces et une réserve de cavalerie. Les cuirassiers français enfoncent la première ligne autrichienne, et se précipitent sur la seconde. L'archiduc Charles s'empare alors du drapeau du régiment Zach, rallie les fuyards, et appelle au secours les grenadiers de la réserve. Les troupes tiraillent les unes sur les autres. Vers 8 heures 30, Napoléon apprend la rupture du grand pont, qui, d'après Bertrand, sera vite réparé. Vers 9 heures, ce sont les deux autres ponts qui sont rompus.

Les renforts de Davout ne viendront pas de suite ; mais c'est surtout le ravitaillement en munitions qui commence à faire défaut. Il faut permettre à Lannes d'opérer une retraite en échiquier entre Aspern et Essling. L'archiduc Charles, informé de la rupture des ponts et de la manœuvre de Lannes, comprend vite que le 2e corps français amorce une retraite. Il lance sur eux sa réserve de grenadiers, tandis que Hiller et Bellegarde à droite, Rosenberg à gauche doivent s'emparer d'Essling et Aspern. C'est donc une attaque générale autrichienne. Marulaz et Lasalle chargent sur les ailes des grenadiers, mais ne peuvent les enfoncer. Il est 11 heures du matin ; Lannes est revenu à la hauteur des deux villages, sa droite sur Boudet, sa gauche sur Masséna. Vers midi, désirant à tout prix s'emparer d'Essling, l'archiduc Charles fait attaquer le village par quatre bataillons des grenadiers d'Aspre ; ils seront soutenus par les 4e et 5e colonnes. En même temps, neuf bataillons de grenadiers et la réserve de cavalerie vont attaquer le centre français. Les Autrichiens progressent dans Essling. Cette position est capitale pour Napoléon s'il ne veut pas être tourné par les Autrichiens ; il envoie alors Mouton et les fusiliers de la Garde et Rapp avec deux bataillons en renfort.

"Brave Mouton, faites encore un effort pour sauver l'armée ; mais finissez-en, car, après ces fusiliers je n'ai plus que les grenadiers et les chasseurs de la Vieille Garde, dernière ressource qu'il ne faut dépenser que que dans un désastre." Vers 13 heures, Mouton arrive devant Essling, tandis que les grenadiers d'Aspre sont devant le Grenier.

Les
Autrichiens, étonnés de voir ces nouveaux renforts français, sont bousculés à la baïonnette. La position des Autrichiens devient plus critique : ils n'ont plus de réserve à donner, et la prise d'Essling, qui est pour eux capitale, ne réussit pas. Quelques temps avant, un officier d'état-major envoyé par Napoléon, avait demandé si l'Empereur pouvait compter sur lui : "Allez dire à l'Empereur que je tiendrai deux heures, six, vingt-quatre s'il le faut, tant que cela sera nécessaire au salut de l'armée." Vers 14 heures, les deux armées sont épuisées, et Napoléon explique la façon dont la retraite va s'effectuer vers l'île Lobau : les blessés, le matériel, la Garde (sauf les tirailleurs), la grosse cavalerie, les divisions Demont, Molitor, Carra, Boudet, Claparède, Saint-Hilaire, la cavalerie légère, les tirailleurs de la Garde, puis enfin les divisions Legrand et Tharreau. Vers 16 heures, Napoléon est dans l'île Lobau pour s'occuper de la réorganisation de cette position. Vers 19 heures, Napoléon tient un conseil de guerre à son quartier-général : Berthier, Davout, Masséna, Savary sont présents. La journée se termine par une effroyable canonnade ; les Autrichiens couvrent nos lignes de boulets. La cavalerie et la Garde demeurent impassibles sous les coups et au milieu de la mitraille ; on n'entend que ces cris des officiers : "Serrez les rangs !" Il n'y a plus en effet que cette manœuvre à exécuter jusqu'à l'arrivée des ténèbres."


Le débat Essling-Aspern sur passion-histoire : http://www.passion-histoire.net/viewtopic.php?f=55&t=7469
 


_________________
"Un amiral doit savoir mourir sur son banc de quart." (Brueys à Aboukir)


Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Sam 2 Oct - 11:27 (2010)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Maréchal Lannes
Tiguidoo
Tiguidoo

Hors ligne

Inscrit le: 25 Juil 2010
Messages: 310
Localisation: Seine-et-Marne
Masculin Balance (23sep-22oct) 鼠 Rat

MessagePosté le: Sam 2 Oct - 15:57 (2010)    Sujet du message: Bataille d'Essling (21-22 mai 1809) Répondre en citant

Il est difficile de trouver de bonnes cartes de la bataille, de grande taille étant donné le grand nombre d'Autrichiens ; en voici une pour le 21 mai 1809 : http://www.napoleon-series.org/images/military/maps/1809/essling3.jpg

Pour le 22 mai : http://www.napoleon-series.org/images/military/maps/1809/essling2.jpg

Je mets en ligne ces cartes au lieu de les uploader parce qu'il est nécessaire de maintenir leur grande taille, afin de pouvoir lire le nom des unités. Et chacun peut les enregistrer sur son disque dur s'il le désire (clic droit, le tour est joué)
_________________
"Un amiral doit savoir mourir sur son banc de quart." (Brueys à Aboukir)


Revenir en haut
scots greys
King
King

Hors ligne

Inscrit le: 05 Sep 2010
Messages: 537
Masculin
C.1èr et 2ième Empire: 2ième

MessagePosté le: Sam 2 Oct - 16:20 (2010)    Sujet du message: Bataille d'Essling (21-22 mai 1809) Répondre en citant

2 cartes trouvées dans le livre de Frédéric Naulet "Wagram, le canon tonne sur les bords du Danube".



_________________
<<Je ne dis pas que les français ne pourront pas nous envahir, je dis seulement qu'ils ne pourront pas le faire par la mer>>.


Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 02:17 (2017)    Sujet du message: Bataille d'Essling (21-22 mai 1809)

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Passion Napoléon1 Index du Forum -> l'histoire militaire -> Les grandes batailles napoleoniennes Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Template lost-kingdom_Tolede created by larme d'ange
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com