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Michel Ney, duc d'Elchingen et prince de la Moskowa

 
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Maréchal Lannes
Tiguidoo
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MessagePosté le: Sam 11 Sep - 11:43 (2010)    Sujet du message: Michel Ney, duc d'Elchingen et prince de la Moskowa Répondre en citant

Voici le portrait classique du "brave des braves" :


Michel Dansel, dans son Maréchal Ney, fusillé ou évadé ?, nous présente bien le résumé de ses origines :

"Michel Ney est l'héritier direct et le contemporain de ce gigantesque tohu-bohu qui marquera la France d'une façon indélébile, et qui constituera un modèle pour les autres nations. Ce garçon, d'extraction relativement modeste, naît à Sarrelouis le 30 janvier 1769, la même année que Napoléon, mais aussi que Lannes et Soult [...]

Le père de Michel Ney, qui avait croisé le fer lors de la guerre de Sept ans, exerçait la profession de maître tonnelier. Cet ancien combattant de la bataille de Rossbach avait-il servi sous l'étendard français ? Car, s'il éprouvait un certain plaisir à raconter à sa femme Marguerite, née Gravelin ou Groenwellinger, ou encore Graveluiger, ses mirifiques campagnes, il convient d'apporter ici une précision. A Rossbach, qui est le nom d'un village de la Saxe prussienne, c'est Frédéric II qui remporta, le 5 novembre 1757, une victoire complète sur l'armée française. Cette bataille ne dura pas plus d'une heure et demie. Il n'y a donc pas lieu de plastroner sur cette défaite !

Pierre Ney, le père du futur maréchal, était né en 1738 à Enstroff, en Lorraine. D'origine paysanne, le berceau de sa famille était souché dans la région du lac de Constance. Mais si l'on remonte loin dans le temps
"On trouve trace de la famille Ney au Luxembourg à la fin du XVIe siècle. Elle se fixe par la suite en Lorraine où elle servit Stanislas Leczynski, roi de Pologne et duc de Lorraine." (Ney, Michel Désiré Pierre. Editions SPM, Paris.) Quant à la mère de Michel Ney, on sait qu'elle est née en 1739, à Bingen, petit port fluvial du Rhin de Rhénanie-Palatinat, en Allemagne, près de Trèves [...]

Le père de Michel Ney, homme de rigueur et de principes, par la force de son travail, mais aussi grâce à un héritage, avait acquis une situation plutôt aisée. Il ne négligea rien pour donner à son fils une éducation convenable [...] pour un jeune homme de bonne famille : l'armée ou les Ordres. Pas d'autre choix pour certains ! Michel Ney suivit la filière traditionnelle ! Son père, Pierre Ney, l'inscrivit au collège des Augustins. Après quelques années chez les religieux, où il s'initia à toutes les modalités classiques qui étaient de rigueur, il entra dans la vie active. Bien qu'il ne fut pas ce qu'on appelle un bon élève, il occupa néanmoins le poste de secrétaire aux écritures dans un office notarial, chez Maître Valette. Très peu doué pour la sédentarité, ce garçon, avide d'œuvrer dans l'action, déserta rapidement l'étude et devint commis aux mines d'Apenweiler, puis surveillant aux forges de Salek, dans le canton de Bouzonville, en Moselle.

Toutes ces activités l'ennuyaient prodigieusement. En fait, il était taillé pour d'autres itinéraires, plus combatifs, plus périlleux, plus intrépides, plus à la mesure de sa fougue, de son audace, de son sens des situations risquées, plus en harmonie avec sa personnalité remuante, et ambitieuse au meilleur sens du terme, celle qui consistait, en tout premier, à se révéler à lui-même, à se prouver ce dont il était capable. Une seule issue : la voie des armes.

Très habité par ce choix, il tira un trait définitif sur le notariat, les mines et les forges. Le 6 décembre 1788, il se rend à pied de Sarrelouis à Metz et il contracte un engagement dans le régiment Colonel-Général hussards de cette ville.

Michel Ney, qui sait déjà monter à cheval, a un physique qui semble approprié à la carrière qu'il vient d'épouser. Grand pour son époque, 1,78 m, l'air décidé, l'allure martiale, le visage ouvert, toujours impeccable, particulièrement zélé dans le maniement des armes comme celui des chevaux, il a tout à fait le morphotype et le schéma corporel du parfait militaire. De plus il est habité par un sens du devoir et une nature intrépide qui le prédisposent à devenir un chef. Blond-roux, les yeux bleus, la démarche sportive, il entend faire ses preuves sur les champs de bataille. Ses parents ne sont pas surpris car, finalement, compte tenu de son inaptitude à un insertion sociale normale, mais aussi en raison d'une sorte d'atavisme régional plus propice qu'ailleurs au métier des armes, un tel choix ne les déroute pas. Toutefois, ils font état de leur profonde déception, et même de leur chagrin, notamment sa mère. En effet, sur six enfants, trois étaint morts en bas âge. Pour reprendre l'affaire ils avaient fondé quelque espoir sur Jean-Baptiste, l'aîné, et sur Michel. Quant à Marguerite, leur fille, ils lui destinaient une carrière, certes, mais dans le conjugal, ce qui, à l'époque, était pratique courante ! Les deux fils Ney s'engagèrent dans l'armée. L'aîné se fera tuer sur le champ de bataille, en 1797. Quant à Michel, il deviendra l'honneur de la famille, et la gloire de Sarrelouis, mais à quel prix ! [...]

La mère des enfants Ney était morte en 1791. Par ailleurs, Pierre, le père, allait perdre l'un de ses frères à la bataille de Marengo. La destinée n'a pas fait crédit à cette famille, marquée au fer rouge par une succession de drames dont ceux des guerres ne furent pas des moindres !

Le caractère de Michel était ingrat, peu docile, impulsif et parfois même agressif. De plus, il ne donnera pas l'impression, tout au long de sa carrière, de bien supporter les ordres qui lui venaient de ses supérieurs, pas plus d'ailleurs des conseils qui lui venaient de ses homologues."


Le débat est lancé, mais il faut que je mange, je suis affamé !




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MessagePosté le: Sam 11 Sep - 11:43 (2010)    Sujet du message: Publicité

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scots greys
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MessagePosté le: Sam 11 Sep - 21:13 (2010)    Sujet du message: Michel Ney, duc d'Elchingen et prince de la Moskowa Répondre en citant

Il y a quelques années j'avais lu "le maréchal Ney" d'Eric Perrin; livre remarquable et qui commence ainsi :

"Austerlitz et son soleil jubilatoire, Waterloo et son ciel fouetté de pluie. Un brouillard de mauvais augure, propice à la tragédie, enveloppe aujourd'hui la ville. Un homme gît dans une flaque de sang, au pied d'un long mur gris, l'austère clôture du restaurant dit de la Chartreuse, situé entre l'Observatoire et la grille du jardin du Luxembourg. Nous sommes à Paris, le jeudi 7 décembre 1815, il est précisément 9h20 du matin.
Le cadavre porte une simple redingote bleue, un petit gilet, une cravate blanche, une culotte courte et des bas de soie noire. A quelques mètres, un chapeau à large bord témoigne de la brutalité de la chute. Visiblement, l'homme a reçu de front une mitraille qui l'a fait tomber à la renverse...
...Un général russe, à l'uniforme chamarré de médailles, exprime sa satisfaction en bombant le torse insolemment, tandis qu'en dépit des piquets d'infanterie et de cavalerie, un anglais n'hésite pas à outrager la mémoire du défunt en faisant sauter son cheval par-dessus la dépouille...
...L'homme qui vient de mourir a refusé catégoriquement d'avoir les yeux bandés, ne s'était-il pas raillé des pires dangers depuis toujours? Onze balles sur douze l'ont atteint, une au bras droit, une au cou, trois à la tête et six dans la poitrine...
...Ainsi venait-on de fusiller le Brave des braves comme le dernier des derniers, comme un infâme traître à son pays, lui, le maréchal Ney, car c'est bien de cet illustre personnage dont il s'agit."

Terrible entrée en matière.
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MessagePosté le: Sam 11 Sep - 22:02 (2010)    Sujet du message: le procés du Maréchal Ney Répondre en citant

Shocked Bonjour Maréchal Lannes.......je viens de recevoir l'ouvrage d'Harold Kurtz .....je ne l'ai pour le moment que "survolé", mais effectivement il y est question de cette fuite avant son execution ....fausse d'aprés l'auteur.... je cites:

                     Pendant le procès, dans tous les lieux ou les soldats se rencontraient, une rumeur avait circulée: "le Maréchal ne sera pas executé". Avant que son corps fut inhumé, les vétérans de ses anciennes campagnes commencèrent à murmurer sous le manteau que l'exécution avait été truquée et que le braves des braves etait toujours vivant. Les gens ordinaires, ceux qui ne s'interessaient pas à la politique, n'eurent aucune peine a croire que l'homme qui avait combattu pour la France pendant vingt-cinq ans avait trouvé au dernier moment un sauvteur mysterieux et puissant. Des mythes de ce genre trouvent toujours une large audience et il ne fait pas de doute qur l'attrait de la gloire militaire de Ney contribua beaucoup à faire croire à cette version des evenements. Le mythe, dans le cas du Maréchal Ney, a dépassé les limites ou les mythes se confinent ordinairement et, pendant un certain temps, on fit grand cas d'une histoire selon laquelle il avait pu quitter la France en cachette pour aller finir ses jours sous l'apparence d'un instituteur alcoolique en Caroline du Nord. Des graphologues, des journalistes et des historiens en mal de sensation ont concertés leurs efforts pour rendre cette histoire plausible , mais leurs improvisations ne sont guere plus convaincantes que les murmures échangés par les vieux grognards de la Grande Armée dans les cafés Bonapartistes sous Louis XVIII.

            L'histoire fondée du maréchal devenu instituteur est tout entière fondée sur une intervention supposée  du Duc de Wellington auprès du roide France
            Sir William Fraser, un ami du fils de Wellington, donna à cette histoire un air de respectabilité qui fut naturellement pour beaucoup dans la valeur qu'on lui accorda à l'epoque victorienne. Il raconta, en s'appuyant sur le recit du fils de Wellington, que Wellington avait au dernier moment présenté une demande de grace au roi. Cette demande aurait été refusée avec hauteur. Mais cette histoire est entièrement fausse, comme le montre cette lettre rendue publique pour la première fois par le Duc actuel. Elle avait été écrite par son ancètre dans sa vieillesse et elle etait adressée à Miss Angéla Burdett-Coutts:

                 Walmer Castle, 1er septembre 1849

    



 "Je n'ai plus en mémoire toutes les circonstances du procès du Maréchal Ney. Mais je crois que jusqu'ici votre jugement sur ce procès est trés juste! Il ne fait aucun doute que Louis XVIII avait bien des sujets de se plaindre de lui! Il avait reçu de l'argent du roi! il etait parti en promettant de ne négliger aucun effort et il avait trahi sa confiance.

           En tant que chrétien, Louis XVIII  aurait du lui pardonner! Mais un souverain doit s'assurer que les trahisons ne se repetent pas! Louis XVIII était un souverain dans une monarchis constitutionnelle! Il était conseillé par un conseil des ministres, assisté dans sa tache par une chambre des pairs, aidé par une chambre des deputés des departements! Dans ces deux chambres luttaient des partis politiques rivaux et les factions du moment! Le roi ne pouvait pas decider du traitement reservé au Maréchal Ney selon ses croyances chrétiennes ni selon ses désirs! Ce n'était pas un sujet indifferent! L'effet de la decision des chambres était nécessairement à considérer!

           Les Allliés avaient remis Louis XVIII sur le trone gratuitement et sans aucune condition! Ils avaient conclu un traité de paix avec lui! Quant à moi, j'etais le commandant en chef des troupes alliées restées en France pour la protection du roi. Autant  que je m'en souvienne , les ministres des Alliés n'avaient pas tous quittés Paris quand l'execution eut lieu.

          J'aurais pu ou non avoir une grande influence sur le roi ! Je n'intervins en rien! Je ne jugeai pas de mon devoir d'intervenir! Il était clair qu'il ne m'etait rien demandé en tant que général qui avait signé la Convention de Saint-Cloud: elle ne concernait en rien Louis XVIII !

          Je me souviens d'avoir entendu parler (ou bien l'ai-je vue?) d'une lettre de Lord Holland sur le sujet de l'execution de Ney! Il m'y accusait d'avoir laissé faire son execution parce que je n'avais pas reussi à le battre au Portugal ! Il n'y avait rien dedans pour prouver que cette accusation etait serieuse! Il n'y avait jamais rien eu entre Ney et moi au Portugal , rien !

         Lord Holland ne m'a jamais adressé de reproches en face sur ce sujet ! Pourtant, j'ai siegé longtemps au Parlement à coté de lui ! J'ai pu ne pas remarquer sa lettre! Si jamais je l'ai vue , elle m'a été  montrée en confiance !

             C'est tout ce dont je me souviens sur le procés du Maréchal Ney"
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MessagePosté le: Dim 12 Sep - 08:04 (2010)    Sujet du message: Michel Ney, duc d'Elchingen et prince de la Moskowa Répondre en citant

Avant de tomber sous des balles françaises, Ney s'était bien sur distingué dans de nombreuses batailles mais pour beaucoup de militaires la retraite de Russie l'éleva au rang de héros. Voici un extrait des "souvenirs militaires du général Berthézène" qui concerne un épisode de cette retraite :

"Le 19 (novembre) au matin, il (Ney) se vit entouré d'une nuée de cavalerie légère, qui le canonnait à bout portant, sans qu'il eût aucun moyen de lui répondre : c'étaient les cosaques de Platov, qui suivaient la rive droite du fleuve pour se réunir à Wittgenstein. Vainement les faisait-il écarter par ses tirailleurs, vainement profitait-il des bois et des défilés pour se dérober à leurs coups, la rapidité de leurs mouvements les mettait à même de ne pas le perdre de vue et de le harceler incessamment. Enfin, après deux jours d'une marche aussi pénible que hardie, les faibles débris de ses troupes, épuisés de fatigues et mourant d'inanition, se croyaient hors d'atteinte et comptaient passer la nuit tranquillement au milieu d'une forêt, lorsqu'une volée de canon, partie d'un monticule qui était en face de leur position, vint les rejeter dans le découragement. Le maréchal seul, toujours indomptable, chercha à relever leur énergie et, se mettant à la tête des plus résolus, gravit le monticule, en chassa l'ennemi et le garda toute la nuit. Le lendemain il ne rejoignit avec le peu d'hommes qu'il avait sauvés : le nombre ne peut en être porté au-delà de 4 ou 500, la plupart officiers ou sous-officiers; tout le reste était mort ou était mourant au pouvoir de l'ennemi; beaucoup de traîneurs, qui s'étaient ralliés à son corps, tombèrent entre les mains des cosaques. Je me suis étendu sur les détails de cette retraite du maréchal Ney, parce qu'elle offre aux militaires un rare exemple de fermeté et de résolution, en même temps qu'elle est une nouvelle preuve de la vigueur de caractère et du courage d'esprit de ce vaillant capitaine, à qui la fortune eût dû réserver un destin plus prospère."


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MessagePosté le: Dim 12 Sep - 08:34 (2010)    Sujet du message: Michel Ney, duc d'Elchingen et prince de la Moskowa Répondre en citant

Oui, il s'agit simplement ici d'une courte biographie du maréchal, étant donné qu'un autre sujet est déjà ouvert pour la question de son fameux procès. Etant donné qu'on connaît assez peu les origines de tel ou tel maréchal, je crois intéressant de les mentionner...
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