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MURAT...
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labellepoule
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MessagePosté le: Ven 10 Sep - 23:27 (2010)    Sujet du message: MURAT... Répondre en citant


                  Nous y voilà.....J' ai hesité a placer Joachim Murat ici parmi les Maréchaux d'Empire cités précedement... Le jeune révolutionnaire, Maréchal d'Empire, Duc de Berg, Roi de Naples......beau-frère de l'Empereur.......ou le "classer"?...

                Murat le Sabreur, meme les cosaques le craignait...Les escrimeurs , milieu que je frequentes assidument en pratiquant, l'ont pour symbole.....je connais deux ou trois salles d'armes ou son portrait trone en bonne place...Bref, je souhaiterais, si vous le voulez bien ,ne pas commencer le "sujet" par une simple "biographie" classique avec dates, faits d'armes,etc.... le personnage est a mon sens le plus enigmatique de l'histoire dans l'entourage proche de l'Empereur pour en faire simplement un tableau succint.....  tout viendra par la suite, avec nos informations, nos opinions sur cet homme qui a profondement marqué son temps...

                       Les mots qui vont suivre serviront de préambule et sont tirés du livre de Jean Tulard     
                                       
                                                      MURAT ( ou l'eveil des nations )


      cette phrase de Machiavel: Ceux qui combattent pour leur gloire sont bons et fidèles soldats...


                Dans l'épopée Napoleonienne popularisée par l'image d'Epinal, la littérature et la petite histoire, ou voisinent traitres ténébreux, maitresses à l'émouvante fidélité et ganaches heroiques, tous les personnages qui entourent le héros éponyme, y compris "les troisiemes couteaux", ont des roles bien définis. Un seul conserve une relative ambiguité: Joachim Murat. Il est écartelé entre une légende dorée qui en fait un magnifique sabreur alliant le courage à l'élégance, et une légende noire, peignant un pitoyable politicien entrainant dans sa chute celui auquel il doit tout.

                Patriote en 1793, flattant Barras sous le Directoire, tout en courtisant Bonaparte, il n'hésite pas à tirer sur le peuple affamé lors de l'insurrection de mai 1795, puis a lacher sans remords Barras lors du coup d'état de Brumaire. Le tyrannicide de l'an II se coule sans problèmes de conscience dans la peau d'un roi de Naples.

                Sur un point, Murat l'emporte pourtant. Ce soldat, entré en conquérant dans toutes les capitales de l'Europe ; Milan, Vienne, Berlin, Varsovie, Madrid, Moscou...a compris avant Napoléon (qui ne découvrira qu'a st Hélène, pour le revendiquer un peu tard ,le principe des nationalités) que l'on ne pouvait batir une Europe sur la seule force. Qui sait si l'Europe dont il a plus ou moins rèvé  avant Napoléon III, mais de façon plus réaliste et moins désintèressée n'aurait pas été plus solide que le Grand Empire et n'aurait pas évité , non seulement les révolutions de 1830 et 1848, mais les cataclysmes de 1914 et 1940 ?......


               Mesdames et Messieurs , le débat est ouvert...... Shocked
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MessagePosté le: Ven 10 Sep - 23:27 (2010)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Dim 12 Sep - 12:32 (2010)    Sujet du message: MURAT... Répondre en citant

Shocked Bonjour à tous...Je suis étonné que pour le moment ...le sujet sur Murat n'ai pas suscité de réactions...mais peut-etre m'y suis je mal pris dans la présentation...amicalement
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MessagePosté le: Dim 12 Sep - 13:49 (2010)    Sujet du message: MURAT... Répondre en citant

Bonjour à tous, ce que je retiens de ce grand sabreur c'est bien sur la poursuite après Iéna et la grande charge d'Eylau. Il est certain que Murat n'était pas un grand stratège et le montra en maintes occasions...
Côté garde-robe il était imbattable :













Source Bucquoy, Knötel, Uniformes du premier empire (Hourtoulle, Girbal, Courcelle) pour la charge d'Eylau.
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MessagePosté le: Dim 12 Sep - 14:38 (2010)    Sujet du message: MURAT... Répondre en citant

Joachim Murat né le 25 mars 1767 de Pierre Murat Jordy et de Jeannes Loubiéres.Il reçoit le baptème dés le lendemain de sa naissance comme l'attestent les registres paroissiaux de La Bastide-Fortunière, aujourd'hui La Bastide-Murat, aux environs de Cahors...Le nom de Jordy qui suit celui de Murat marque certainement la volonté des parents de Joachim de se distinguer d'une autre branche ou simplement d' homonymes, car les Murat sont trés repandus en pays de langue d'oc et de nombreuses communes de L' Allier, de l' Aveyron, du Cantal, de la Corrèze, de la Creuse, du Lot et du Tarn portent encore ce nom...Les toponymistes ont longuement discuté sur l'apparition du mot que l'on datait jadis des invasions arabes du VIII eme siècle. Le sensest clair: "muré', "fortifié".

                 L'appellation" Murat" a été donnée à un grand nombre de chateaux d'Auvergne. En 1804, quand il redevint de bon ton d'appartenir à la noblesse, M. Murat-Sistrières écrivit à Joachim Murat, alors Maréchal d'Empire, pour lui indiquer que sa famille devait certainement descendre des vicomtes de Murat.....Telle etait en tout cas la prétention des Murat-Sistrières, mais ils n'avaient pu fournir aucune preuve......          A suivre............ Shocked
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MessagePosté le: Mer 15 Sep - 11:22 (2010)    Sujet du message: MURAT... Répondre en citant

Un livre intéressant sur Murat : "Murat" de Jean Tulard sorti chez Fayard en 1999.
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MessagePosté le: Jeu 16 Sep - 12:20 (2010)    Sujet du message: Murat et la révolution Répondre en citant

Shocked

                                Sans la nuit du 4 aout 1789 qui brisa les barrières sociales de l'Ancien Régime, Murat eut fait un mauvais pretre ou un bon soldat condamné à rester dans le rang.
                                Certes la France d'avant 1789 avait connu d'éclatantes ascensions sociales:une société d'ordres n'est pas une société figée. Ne voyait-on pas, à la fin du XVIIIeme siècle, de nouveaux venus fournir les cadres sinon les tetes de l'administration et controler la vie économique?. Mais si l'on n'était noble, il il était interdit d'esperer un grand commandement, une charge importante, un éveché.

                                La fermeture de la noblesse, erreur fatale du règne de Louis XVI,empechait le reve; elle suscita l'indignation;elle favorisa la prise de conscience des "non-nobles". Sieyès se fit le porte parole des exclus, de cette masse que l'on appelait le Tiers Etat. " Qui oserait dire que le Tiers Etat n'a pas en lui tout ce qu'il faut pour former une nation complète?.Il est l'homme fort et robuste dont un bras est encore enchainé. Si l'on otait l'ordre privilégié, la nation ne serait pas quelque chose de moins, mais quelque chose de plus. Ainsi qu'est-ce que le Tiers Etat? Tout,mais un tout libre et florissant. Rien ne peut aller sans lui, tout irait infiniment mieux sans les autres".

 Murat est le symbole de ce Tiers conquérant. Il diffère de Bonaparte. Celui-ci est un petit noble, pauvre mais noble ou du moins reconnu comme tel; les écoles militaires lui sont ouvertes. Murat, en revanche, appartient à une frange sociale qui s'est élevée au-dessus de la paysannerie mais dont l'ascension demeure lente et limitée; il ne peut rien esperer en raison de la réaction nobiliaire qui marque facheusement le règne de Louis XVI......

                              A   SUIVRE...... Shocked
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MessagePosté le: Sam 2 Oct - 23:40 (2010)    Sujet du message: suite Répondre en citant

...Sur la jeunesse de Joachim Murat, ni noble ni croquant, courent également de nombreuses légendes: il aurait été un enfant turbulent et batailleur, aimant les chevaux et la bagarre, sorte de coq de village, faisant régner la terreur parmi les autres gosses de La Bastide-Fortunière. Sa mére songe pourtant à faire de ce cadet un pretre: il devait donc montrer quelques dispositions intellectuelles...

              A-t-il la vocation? On l'imagine mal, tourmenté par des crises mystiques ou plongé dans des méditations religieuses. Entre le rouge et le noir, il choisit le rouge.

              L'engagement de Murat eut lieu le 23 fevrier 1787.Un maréchal des logis du régiment des Ardennes nommé La Rocheblin, chargé de recruter pour son corps en reçut le prix de son engagement. Au régiment qui se rendait d'Auch à Carcassonne et qui faisait étape à Toulouse, il trouva M. de la Roque, de Cahors, qui lui aurait témoigné une vive sympathie.
              Ce qui est certain, c'est que Joachim Murat fut affecté dans la compagnie de Carrière et non de Niel comme on l'a écrit généralement. Il y fut chasseur à cheval, comme l'atteste, en 1789, son livret militaire encore conservé au musée Murat. Il semble toutefois que la famille du futur Maréchal n'ait pas accueilli avec enthousiasme cet engagement qui remettait en cause la destination première du jeune Joachim.

              Le régiment auquel appartenait Murat avait quitté Toulouse pour Carcassonne ou il tint garnison jusqu'au 15 mars 1788.Il partit ensuite pour Sèlestat ou il prit le nom de 12e régiment de chasseurs de Champagne.
              Murat semble bien reussir dans la voie qu'il a choisie: son instruction le met au dessus des autres recrues et son expérience des chevaux se révèle fort utile.Il devient rapidement maréchal des logis. Mais dans cette année qui précède la Révolution, l'armée est traversée par des courants contradictoires: une mutinerie éclate à Sélestat; Murat s'y trouve compromis dans des conditions restées obscures , fut-il l'un des meneurs?; en tout cas il est renvoyé.

            Le voilà donc de retour à La Bastide ou l'accueil, on s'en doute, fut loin d'etre chaleureux......

                                    A SUIVRE.....
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MessagePosté le: Jeu 7 Oct - 12:15 (2010)    Sujet du message: suite Répondre en citant

Shocked En janvier 1791, Murat obtint sa réintégration dans un régiment de Sélestat comme simple soldat.Le 5 juillet, il écrit de Toul à son frère Pierre qu'il vient de Mont-Midy, à trois heures de Varennes, ou à été arreté le roi. Il avait été envoyé en députation par ses camarades et prononça devant la municipalité de Toul un grand discours patriotique pour prouver que son régiment n'avait en rien été melé à la fuite de Louis XVI.
         Peu à peu, son autorité s'impose en effet auprès des autres soldats de son régiment: aussi devient-il de plus en plus ambitieux.

         C'est ainsi qu'apprenant que l'Assemblée législative a décidé d''entourer le roi d'une garde constitutionnelle, il demande aussitot à faire partie des trois hommes que doit désigner le département du Lot. Il est nommé, le 8 février 1792, en compagnie de Bessières, futur maréchal et duc d'Istrie...

         Mais trés vite Murat découvre que la nouvelle garde est peuplée de jeunes royalistes qui, pour la plupart, plutot que de choisir l' émigration, ont préféré assurer la défense du roi à Paris. Indigné, il quitte la garde constitutionnelle le 4 mars, et pour donner à son geste le "retentissement" nécessaire, il s'explique longuement dans une lettre qu'il adresse le 6, aux administrateurs du Directoire du département du Lot:

                           " Quand par une indulgence marquée, vous m'avez nommé garde du roi, je ne m'attendais pas que ce nouveau poste que j'allais occuper dut imposer le silence à mon patriotisme;je
ne croyais pas que le titre de garde de sa Majesté serait celui de mettre un frein à ma façon de penser
et de parler un autre langage que celui d'un véritable Français pret à verser généreusement tout son
sang pour le salut et la défense de sa patrie.

                           On a voulu, mais en vain, m'en imposer la dure nécessité. Obligé de feindre pendant quelques jours, j'ai cru qu'il était de la loyauté d'un Français, d'un de vos concitoyens qui, en vous annonçant sa démission aux gardes, va justifier de votre choix et de la pureté de ses sentiments déja connus.

                           J'ai cru qu'il serait honteux pour moi de rester plus longtemps parmi des jeunes gens la plupart vendus à l' aristocratie, et qui se font un devoir, une gloire de vanter leurs sentiments anti- patriotiques dans cette école militaire, forge ou d'habiles maitres fabriquent à leur façon des instruments propres à les servir".                                                                                                                        

  C' était une accusation sans détour que Murat lançait contre la garde constitutionnelle; le ton était celui d'un vrai patriote dénonçant un repaire de brigands contre-révolutionnaires....

  A SUIVRE....








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MessagePosté le: Ven 15 Oct - 22:23 (2010)    Sujet du message: SUITE Répondre en citant

 
  Maréchal des logis le 15 mai 1792, sous-lieutenant le 15 octobre de la meme année, lieutenant six jours plus tard, il sert en Champagne puis à l'armée du Nord. Le 14 avril 1793, le voilà capitaine aide de camp du général d' Urre, puis chef d'escadron le 1er mai.

                  Il se bat à la frontière du Nord face aux Autrichiens; il est à Pont-à-Marque, à Lille, il aurait
meme fait partie de l'offensive française en Hollande si l'on en croit les lettres qu'il adresse à ses parents. Ses états de services pour cette période sont difficiles à établir.Ce qui est sur, c'est qu'il se qualifie de "républicain prononcé"; son ton est celui d'un patriote exalté qui va jusqu'à transformer son nom de Murat en celui de Marat pour rendre hommage à "l'ami du peuple".

                 Remarqué par un personnage équivoque du nom de Landrieux, un ancien clerc qui,après avoir été médecin, avocat et garde national, s'est spécialisé, grace à la guerre, dans le racolage pour les armées de la République, d'épaves et de déclassés.

                 Murat se voit confier l'instruction de 300 hussards "braconniers".Il abandonne le général d' Urre dont il était l'aide de camp, pour devenir le chef d'escdron de cette bande hétéroclite devenue, par la grace du ministre de la guerre, le 21eme de chasseurs.Trés vite, Murat et Landrieux entrent en conflit: qui sera le véritable commandant de cette troupe ?. Deux clans s'affrontent. Landrieux est puissant; pour déconsidérer son rival, il affirme que Murat est un aristocrate qui descend des Murat d' Auvergne. Une telle accusation signifierait la guillotine pour celui qui en est l'objet.

                 Murat se défend comme un beau diable: " On croit, au bureau de la Guerre, ecrit-il à ese parents le 30 janvier 1794, que je suis noble. Vous m'enverrez au reçu de la présente, mon extrait de bapteme, sans cela, on pourrait me destituer".

                 En bon militaire, Murat n'ignore pas que l'attaque est la meilleure des défenses: il rappelle que Landrieux a fait partie de la domesticité du Comte de Provence et il dénonce ses nombreuses absences...Il marque ainsi des points. Landrieux est destitué, arreté, transféré à Amiens...

                             La chute de Robespierre remet pourtant en cause, un avenir qu'il espérait brillant...

                                      A suivre...

                 
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MessagePosté le: Lun 1 Nov - 22:50 (2010)    Sujet du message: suite Répondre en citant

Soudain, la chance parait à nouveau lui sourire. Le 21 mai 1795, lors de l'insurrection des Faubourgs contre la Convention, insurrection qui provoqua la mort du député Féraud dont la tete fut promenée au bout d'une pique, son régiment assure la défense de l'assemblée et disperse les manifestants.

                  Selon une tradition bien établie, les Thermidoriens l'auraient acclamé comme leur sauveur; l'un d'eux, Delmas, lui aurait meme donné l'accolade. Mais on ne trouve rien de tel dans les documents de l'époque. De toute manière, ces beaux discours, si discours il y eut, ne furent pas suivis d'effet.

                  Aucun commandement ne vient le récompenser; il semble vouer à l'obscurité des taches subalternes. L' ambitieux se laisse aller au découragement. Il aurait confié a Thiébault: " Un régiment est un cul de sac ; on y est confondu avec les masses et parvint-on à se distinguer, la jalousie empecherait que personne y parlat de vous. Thiébault, vous serez général avant que moi, chef d'éscadron, je ne sois colonel."

                  Survint le 13 vendémiaire...L'étoile de Murat allait désormais se confondre avec celle de Bonaparte...A compter de vendémiaire,la fortune de Murat se trouve liée au destin du général Bonaparte.
                  Ce sont les canons ramenés par Murat des Sablons qui ont permis à Bonaparte d'écraser les forces de Danican lancées à l'assaut de la Convention. Bonaparte récompense Murat par un avancement rapide: chef de brigade le 2 février 1796 avec effet rétroactif au 18 novembre 1793; aide de camp du général  sur recommandation de Marmont...Rien ne rapproche pourtant Bonaparte de Murat. Ils n'éprouveront guère de , leur vie durant, de sympathie l'un pour l'autre: mépris de Bonaparte , l'officier formé dans les écoles, pour Murat, le soldat sorti du rang, de l'artilleur pour le cavalier, du stratège pour le sabreur.

                 Des tempéraments différents et des caractères entiers ainsi qu'une grande susceptibilité de part et d'autre n'amélioreront guère leurs rapports. Chaque fois, Murat devra céder, jusqu'au jour ou......

  extrait de : Murat (Jean Tulard)

              
              
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MessagePosté le: Ven 19 Nov - 23:06 (2010)    Sujet du message: MURAT... Répondre en citant

Pour l'instant, Bonaparte n' a pas le choix: marqué comme républicain, il s"entoure d'officiers dont l'ascension s'explique par la Révolution; anciens camarades de Toulon comme Junot ou Marmont et soldats ayant donné des gages aux thermidoriens à l'exemple de Murat. A l'inverse de Moreau et de Pichegru, Bonaparte est un général dont le républicanisme s' avère au-dessus de tout soupçon; mais contrairement à Bernadotte, il prend ses distances vis-à-vis du personnel Jacobin...

  Si les oppositions interieures semblaient provisoirement décapitées après le coup d' Etat manqué du 13 vendémiaire, la guerre continuait à l'exterieur. L' Espagne, la Hollande et la Prusse se retiraient certes de la coalition formée en 1793 pour écraser la France révolutionnaire, mais restaient l' Autriche et l'Angleterre, cette dernière inaccessible, protégée par la mer ou régnait sa flotte sans rivales...

  Pour contraindre Vienne à la paix, un plan d'ensemble fut élaboré par Carnot; trois armées devaient marcher sur la capitale autrichienne, l'une par le Main, l'autre par le Danube, la troisième par le Po et les vallées des Alpes Autrichiennes. C'est cette armée dite de diversion que reçut Bonaparte , sur la recommandation de Barras.

  On connait mal le role de Murat dans les préparatifs de la campagne: il a la responsabilité de la cavalerie, une cavalerie squelettique au demeurant, mais les documents officiels ne font pas mention de lui avant le 15 avril 1796. Ce jour là, à Dego, il sabre les Autrichiens avec une telle fougue que Bonaparte le signale dans son rapport au Directoire: " L' adjudant général Vignolle, sous chef d' état-major, et le commandant Murat, mon aide de camp, chef de brigade, ont beaucoup contribué au succès de cette journée".Le 21 avril, Murat fait preuve du meme héroisme à Mondovi ou il ramène au combat la cavalerie Française un moment débandée sous l'effet de la panique. Bonaparte lui rend à nouveau hommage dans son rapport au Directoire:

   " Le 20eme régiment de Dragons, à la tete duquel a chargé le citoyen Murat, mon aide de camp, chef de brigade, s'est distingué."

   On le voit, Murat est devenu l'un des proches du général Bonaparte et meme son confident.
  Le cours de ses exploits continue. L ' armée Piémontaise anéantie, Bonaparte lance l'offensive contre les Autrichiens. C'est Murat qui commande la cavalerie à Borghetto le 30 mai.
   Nouvelle mission de confiance, diplomatique celle là, pour Murat; Bonaparte l'envoie à Gènes, le 15 juin, rappeler à l'ordre le Sénat qui a toléré l'assassinat de Français sur son territoire.
   Le général s'acquitte à merveille de sa mission. Il sait impressionner la foule comme les notables par sa belle prestance et sa voix chaude qui peut prendre un ton menaçant......

MURAT ( Jean Tulard)

       


           

 
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général Mellinet
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MessagePosté le: Mer 24 Nov - 11:04 (2010)    Sujet du message: MURAT... Répondre en citant

Bonjour ! Shocked

Deux petites citations pour rebondir sur le sujet :

1) D'abord, une du "Patron" : "Avec moi, il était mon bras droit";

2) Puis une de Jean Tulard : "Malgré Brumaire, malgré son mariage, malgré ses richesses et ses compromissions, il reste un homme issu de 1789, un vétéran des guerres de cette Révolution qui entendait donner à l'Europe la liberté et l'égalité".

Cependant, bien que beaux-frères, les deux hommes ne s'appréciaient guère d'après ce que j'en sais... Plusieurs historiens s'accordent à dire que Napoléon méprisait Murat et que les humiliations du premier envers le second se sont succédées à partir d'août 1808 (date d'accession de Joachim Murat au trône de Naples). Qu'en pensent alors les vétérans du forum ?


Amitiés bonapartistes ! Shocked

P.S : J'aurai aimé aussi en savoir plus sur sa "trahison" faisant suite au traité d'alliance signé entre "son" Royaume de Naples et l'Empire d'Autriche (janvier 1814) ... D'avance merci !


Blason du Roi de Naples (A) et du Grand-Duc de Clèves et de Berg (B) :



A) :




B) :


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Drouet Cyril
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MessagePosté le: Mer 24 Nov - 11:33 (2010)    Sujet du message: MURAT... Répondre en citant

Citation:
Plusieurs historiens s'accordent à dire que Napoléon méprisait Murat


C'est aller un peu vite en besogne. A l'heure des bilans, les jugements de Napoléon sur le Centaure de la Grande Armée différaient selon l'angle d'approche :

1-Trahison, ruine et ingratitude :
-O’Meara : « Murat m’a deux fois trahi et ruiné. […]
Murat m’a fait plus de mal qu’aucun autre homme au monde. […]
Comme un fou, il attaqua les autrichiens avec sa canaille, et me ruina. […]
Il n’a jamais songé que sa défection de la première heure me serait si funeste ; sinon il ne se serait pas joint aux alliés.
On ne le plaindra pas : c’était un traître.
Il ne sera plaint par personne, quoique pourtant il fût loin d’être coupable de la double trahison qu’on lui impute. »

-Gourgaud : « Je puis bien assurer que c’est lui qui est la cause que nous sommes ici ! […]
Il avait intrigué avec Fouché avant mon second mariage. Je suis sûr qu’à Leipzig il me trahissait déjà. »
-Las Cases : « Il était dans la destinée de Murat de nous faire du mal. Il nous avait perdus en nous abandonnant, et il nous perdit en prenant trop chaudement notre parti. […]
J’ai été trahi par Murat, que de soldat j’avais fait roi, qui était l’époux de ma sœur. […]
Il est une des grandes causes que nous sommes ici. […]
[En 1815], il se perdit et contribua à nous perdre une seconde fois. »
-Bertrand : « Sans Murat, je ne serais pas ici. […]
La conduite de Murat à mon égard a été infâme. Il ne sait pas lui-même jusqu’à quel point il m’a fait du tort.
Dans la campagne de Russie, voyant
[Cataneo, écuyer de Murat] démonté, je dis à Caulaincourt de lui donner un cheval. Il n’osa pas me remercier. Par là, je pouvais juger des sentiments personnels de Murat : sa haine et sa jalousie folle contre moi. […]
C’est, je crois, un mauvais homme : il s’est conduit de manière à le prouver, lorsque je réfléchis avec quelle bassesse il me flattait et m’a ensuite trahi. […]
Ce qui m’a porté le dernier coup, c’est d’avoir fait Murat roi de Naples. »
-Montholon : « [A propos du séquestre des dotations de Mme Walewska], c’était être ingrat envers moi pour bien peu de choses. […]


2-Murat à Waterloo :
-O’Meara : « Il s’en est fallu de bien peu, je vous assure, que je ne gagnasse la bataille. Enfoncer deux ou trois bataillons, et, selon toutes les probabilités, Murat y serait parvenu. »
-Las Cases : « Il nous eût valu peut-être la victoire, car que nous fallait-il dans certains moments de la journée ? enfoncer trois ou quatre carrés anglais ; or Murat était admirable pour une telle besogne ; il était précisément l’homme de la chose. »
-Bertrand : « Ce dernier trait de lâcheté [non remise de pension à Mme Walewska] m’indigna tellement qu’il combla la mesure dans mon esprit et m’empêcha probablement d’appeler Murat à Waterloo, où il eût commandé la cavalerie. Qui sait, s’il l’eût commandée, ce qui serait arrivé et l’influence que cela pouvait avoir sur mes affaires ! […]
Si Murat eût été là, peut-être la cavalerie, conduite autrement, eût-elle décidé de la victoire. »
-Montholon : « Si j’avais eu Murat, j’aurais gagné la bataille. »


3-Cavalier d’exception et bravoure au combat :
-O’Meara : « Murat était le meilleur officier de cavalerie du monde. […] Il n’y avait pas, je crois, deux officiers au monde tels que Murat pour la cavalerie, et Drouot pour l’artillerie. […]
Il n’était brave que devant l’ennemi ; là il était probablement l’homme le plus brave du monde. […]
Les Cosaques mêmes l’admiraient à cause de sa bravoure extraordinaire. […]
C’était un paladin, un vrai don Quichotte sur le champ de bataille. […]
Murat et Ney étaient les hommes les plus braves que j’aie jamais vus. »
-Gourgaud : « Murat [était] incomparable sur un champ de bataille. […]
Murat, lui aussi, était bien brave. »
-Las Cases : « Il était impossible à Murat et à Ney de n’être pas braves. […]
Jamais à la tête de l’armée d’une cavalerie on ne vit quelqu’un de plus déterminé, de plus brave, d’aussi brillant. […]
Murat avait un très grand courage. […] Il était difficile, impossible même, d’être plus brave que Murat et Lannes. […]
Le roi de Naples était vraiment sublime au feu, le meilleur officier de cavalerie au monde. Au combat c’était un “césar” »
-Bertrand : « Murat, Lannes et Ney étaient les trois plus braves de l’armée. »


4-Incapacités :
-O’Meara : « Je l’élevai là où il était. […] Sans moi il n’était rien. […]
Laissé à lui-même, c’était un imbécile sans jugement. Je ne peux concevoir comment un homme si brave put être si lâche. […]
Au cabinet c’était un homme sans jugement ni décision. […]
Il était comme un homme qui regarde avec étonnement les décors changeants de l’opéra, sans jamais penser aux machines par derrière, qui actionne tout. […]
Cet imbécile de Murat me perdit environ douze ou treize cents hommes par le sot débarquement qu’il fit en Sicile. […]
[Caroline était] douée de beaucoup plus de fermeté et de talent que son mari pour le cabinet. »
-Gourgaud : « [Murat] n’a commis que des bêtises. […] »
Murat s’entendait mieux que Ney à conduire une campagne, et encore, c’était un bien pauvre général. Il faisait toujours la guerre sans carte. […]
Combien de fautes Murat n’a-t-il pas commises pour pouvoir établir son quartier général dans un château où il eût des femmes ! »
-Las Cases : « On n’avait pas moins de tête que [Ney et Murat], [Murat] surtout. […]
Oudinot, Murat, Ney n’avaient que de la bravoure personnelle. […]
Murat, mon ouvrage, le mari de ma sœur, celui qui me doit tout, qui n’eût été rien, qui n’existe, qui n’est connu que par moi. […]
Murat avait fort peu d’esprit. […] Murat n’était demeuré que brave. […]
Au combat c’était un “césar”, mais, hors de là, presqu’une femme »
-Bertrand : « Murat était sans esprit, quoiqu’il eût quelque instruction. […]
Murat étant grand amiral voulait influer sur la marine. Il ne comprenait pas que je ne voulais pas faire de cela qu’un titre. »


5-« Folie » :
-O’Meara : « Il avait attaqué les troupes de l’Empereur [d’Autriche, en 1815] comme un imbécile, sans raison ; et comme un fou, il s’était engagé sans jugement dans une expédition sans plan et si mal combinée qu’il ne put jamais rassembler même sa propre garde. […]
Murat a entrepris une expédition da coglione al fondo, en voulant envahir Naples avec deux cents Corses alors que ce royaume était occupé par vingt mille Autrichiens ; et il a fini sa vie comme un fou. »
-Gourgaud : « [A propos du débarquement de 1815], Sa Majesté […] me dit qu’il faut que Murat ait été fou. […] On ne peut concevoir cette bêtise de Joachim de descendre en Calabre avec trente Corses ! […] Il a fait la plus grande folie que l’on puisse commettre. […]
La tête lui a tourné. Il était très ambitieux. […]
C’est une pauvre tête, qui se forge des chimères et se croit un grand homme !  »
-Las Cases : [Le succès de son débarquement de 1815] était purement chimérique au moment où et de la manière dont il l’a entrepris. »
-Marchand : « Descendre en Calabre avec cinquante hommes était l’action d’un fou »
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général Mellinet
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MessagePosté le: Mer 24 Nov - 16:24 (2010)    Sujet du message: MURAT... Répondre en citant

Merci pour ces précis éclaircissements mon brave ! Shocked

Autre question cependant en ce qui concerne la trahison de Murat en 1814 : est-ce vrai que ce fut la propre soeur du "Patron", Caroline Bonaparte, qui aurait "encouragé" son royal époux (peut-être même "inspiré" ???... ) à commettre cet acte somme toute bien pitoyable ?


Amitiés bonapartistes !
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Drouet Cyril
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MessagePosté le: Mer 1 Déc - 11:01 (2010)    Sujet du message: MURAT... Répondre en citant

Citation:
est-ce vrai que ce fut la propre soeur du "Patron", Caroline Bonaparte, qui aurait "encouragé" son royal époux (peut-être même "inspiré" ???... ) à commettre cet acte somme toute bien pitoyable ?


Même si Caroline eut une part active à la trahison, il convient de rappeler, qu'au départ, elle ignorait les ouvertures entamées par son mari auprès des Autrichiens et des Anglais.
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